Significations du handicap mental 8 – Toile-tage

Significations du handicap mental : 8 Toile-tage

Nous devons maintenant compléter les raisons fondamentales évoquées pour  travailler sur l’Internet par quelques considérations subsidiaires et plus pratiques.

Dans une longue interview donnée et publiée sur le site Internet « actu-philosophia.com » le philosophe Jacques Darriulat dit par rapport à son propre site, « jdarriulat.net », et les raisons pour lesquelles il publie prioritairement sur l’Internet :

« Un auteur veut surtout que son texte vive, c’est-à-dire qu’il soit lu, qu’il donne à penser à de nombreux lecteurs …

La Toile est une extraordinaire invention : non seulement l’outil de recherche, qui dépasse largement en puissance tout ce qu’on a connu auparavant, mais aussi la possibilité de diffusion des textes. Sur la Toile, j’ai la possibilité de publier ce que je veux, quand je veux, sous la forme que je veux. » (17.2.11)

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Significations du handicap mental 1 – Le sujet

Significations du handicap mental : 1 Le sujet

« La première apparition du nouveau, c’est l’effroi. » (Heiner Müller)

« … aucune éthique ne peut se permettre de laisser hors de soi une part de l’humain, si ingrate soit-elle, si pénible à regarder. » (Giorgio Agamben)

« La série est toujours une série d’exceptions » (Slavoj Zizek suite à Jacques Lacan)

Mon travail traite la condition humaine, sous l’aspect du handicap : ce que je suis se confronte à un ob-stacle, une réalité, souvent institutionnelle, posée devant moi et que je ne peux pas surmonter seul. L’obstacle, s’il est normatif, est posé arbitrairement. Une fonction sociale, assumée par une multitude d’institutions, définit de quel côté de la norme je me retrouve, dedans, dans la normalité, ou dehors, hors norme, donc anormal. Cette fonction d’inclusion ou d’exclusion est traditionnellement celle du prêtre.

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Spiritualité et accompagnement socio-éducatif ; une esquisse

-         Le spirituel est une des dimensions qui constituent la globalité de la personne humaine dans son unicité (modèle bio-psycho-socio-spirituel).

-         Dans l’accompagnement socio-éducatif il faut donc aussi tenir compte des besoins spirituels de la personne.

-         La spiritualité ne se laisse plus confondre avec la seule religiosité.

-         L’art, l’éthique et la religion rendent spiritualité visible ; ils l’instituent en quelque sorte.

-         La religion répond à un souci ultime, donc à des questions de vie et de mort. Elle nomme l’absolu.

-         La spiritualité traite des questions de

  • sens (ce qui donne orientation)
  • transcendance (ce qui est au-delà)
  • identité (ce qui constitue)
  • valeurs (ce qui donne des repères)
  • appartenance (ce qui fait communauté)
  • reconnaissance (ce qui donne statut)

-         La spiritualité fait donc partie de l’accompagnement socio-éducatif.

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Charly et l’autonomie des résidents

La majorité des institutions sociales (ISE « institutions socio-éducatives ») se déclare aujourd’hui laïque et libérale. Ce sont donc l’autonomie des résidents et leur autodétermination qui sont avancées comme valeurs principales.

Cependant, pour des raisons dites de sécurité, d’organisation et d’économie, la vie des résidents est tellement prédéterminée, qu’on ne peut plus parler d’autonomie, ni d’autodétermination.

La seule liberté qui reste aux résidents est d’accepter ce qu’on leur propose ou impose.

Mais c’est peut-être cela, la véritable autonomie :

garder un esprit de liberté quand on dépend entièrement de l’autre et de ses décisions.

 

Une spiritualité bonne et bienveillante – Quelques critères

Suite à mes recherches sur la spiritualité dans les institutions sociales, puis le colloque sur la spiritualité à Kappel je propose quelques critères pour distinguer ce qu’on peut qualifier de spiritualité bonne et bienveillante, sans aucun jugement du contenu que celle-ci défend.

Une spiritualité bonne et bienveillante

-          rappelle la dignité humaine, l’être humain en tant que personne unique, et cela d’une manière inconditionnelle, au-delà de tous les problèmes « que la personne pose ou qui se posent avec cette personne »

-          se centre avec empathie sur et se soucie de l’être humain dans toute sa vulnérabilité

-          mais compte aussi sur les ressources intérieures de la personne et sur ses capacités propres, cherche sa guérison et le dépassement des ses souffrances

-          libère donc l’individu et cherche son bien

-          est sensible à la souffrance, à la mort, au deuil, au mal et aux injustices, aux scandales que ceux-ci représentent ; elle les dénonce

-          ne lâche jamais l’espérance, cherche et défend fondamentalement une perspective de vie, se tourne donc vers une réalité ultime et le sens de la vie ; elle les nomme

-          elle dépasse la culpabilité, même quand faute il y a ; elle assume sa faute là où elle-même se rend coupable

-          s’inscrit dans une communauté avec une histoire de vie et des personnes de références

-          cherche un positionnement, une attitude

  • d’honnêteté et d’humilité
  • de confiance
  • de fidélité et de suivance raisonnables
  • de liberté d’esprit
  • de joie et d’espérance face aux incertitudes de la vie

-          est ouverte aux autres spiritualités et respectueuse à leur égard ; elle cherche le dialogue, sans estomper les différences

-          ne se réduit pas à l’inexplicable, le sentimental et l’irrationnel ; elle prend au sérieux l’entendement, la raison, la compréhension, la sagesse et cherche le dialogue avec la philosophie et la science ; elle accompagne les autres réalités sans se confondre avec elles

-          connaît ses limites, ne se confond pas avec l’absolu et sait prendre avec humour du recul par rapport à elle-même ; elle ne se substitue pas aux autres sphères, le politique, le juridique, l’économique, le scientifique, etc., mais se permet à les interpeller quand cela lui semble nécessaire et éthiquement indispensable

Armin Kressmann 2011