Dieu au féminin

Dans l’événement de la croix, – si je comprends bien Moltmann (Der gekreuzigte Gott, Kaiser, München 1987), tout en poussant sa logique au bout -, Dieu est féminin, matriciel, dirait Chouraqui (cf. Esaïe), donc Mère :

« La foi comprend l’événement historique entre le Père abandonnant et le Fils abandonné sur la croix au niveau eschatologique comme événement entre le Père aimant et le Fils aimé dans la présence de l’Esprit de l’amour source de vie (p. 232) … l’événement de Golgotha, l’événement de l’amour du Fils et de la douleur du Père duquel surgit l’Esprit qui ouvre à ce qui advient et crée (nouvelle) vie. (p. 234) » (trad littérale AK)

Le Père est Mère, Dieu amour qui dans l’Esprit de Noël donne naissance au Fils qui lui à son tour donne sa vie, l’amour et la vie du Père qui est Mère sur la croix, afin que nous vivions, par et dans cet Esprit d’amour et de vie ainsi offert.

Pourquoi donc est-il encore Père ?

1) Il ne s’agit pas de biologie ! (contre une théologie naturelle de fertilité; il y a le non/nom du Père , de la Parole)
2) En tant que Mère, même pour Dieu l’offrande aurait été impossible.

Dans l’histoire d’Abraham et d’Isaac, le « sacrifice » de ce dernier, en tant que Père Dieu le demande, en tant que Mère il l’empêche.

« Dieu est une femme.
Elle est la mère de nous tous et de nous toutes,
de nous toutes et de nous tous.
Sa fille est notre salut.
Elle a été violée.
Ses amies ne la connaissaient plus.
Elle a été crucifiée.
Sa mère s’est tue.
Son père a regardé de loin.
Le troisième jour elle a été ressuscitée.
Elle est apparue aux siens.
L’Église est son corps.
Son Esprit, l’Esprit de sa mère, l’habite. »

Armin Kressmann 2017

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