« respirE – Éthique (théologique) »

Significations du handicap mental : 11.14.3 « respirE – Éthique (théologique) »

Une centaine d’articles de ce blog « ethikos.ch » traite d’éthique et de bioéthique, une partie plus spécifiquement d’éthique du handicap (mental), dont un certain nombre se recoupe avec la spiritualité.

L’assistance au suicide a été le sujet d’un travail de séminaire lors de ma formation en éthique médicale. Mais la problématique est aussi aiguë en milieux d’éducation, là où la capacité de discernement est donnée. En institution socio-éducative, faut-il entrer en matière quand il y a demande d’accompagnement d’assistance au suicide, d’une manière organisée ou non, qui, comment, quelles sont les limites de l’accompagnement, quelles sont les implications pour l’entourage, par rapport aux valeurs défendues par l’institution (l’établissement), la mission, etc. ?

Dans ce même cadre de formation j’ai travaillé la question de l’autonomie, premier des quatre piliers de la bioéthique (avec la bienfaisance, la justice et l’équité). Ce principe est aussi celui qui est le plus souvent avancé dans les milieux éducatifs, étant pour la majorité des éducateurs la finalité de leur engagement. Je l’ai en un premier temps articulé avec la bienfaisance, puis élargi le champ vers la « capabilité » et la vulnérabilité, ce qui est indispensable quand on est devant et avec des personnes aussi fragiles et fragilisées.

Théologiquement, mais peut-être aussi anthropologiquement, l’autonomie est un non-sens. Continue reading

11.9 La condition handicapée comme condition humaine

Significations du handicap mental : 11.9 La condition handicapée comme condition humaine ou La condition humaine comme condition handicapée

Le handicap lourd ou sévère convoque Dieu, sinon, au moins la question de Dieu. Il le fait autant pour ceux qui y sont confrontés pour la première fois, que pour ceux qui l’accompagnent tous les jours. Il le fait autant pour ceux qui se déclarent croyants que pour ceux qui se disent agnostiques ou athées. Comment ? Continue reading

11.8 Être autrui comme soi-même : entre ado- et abolescence – Le triangle pédagogique

Significations du handicap mental : 11.8 Être autrui comme soi-même : entre ado- et abolescence – Le triangle pédagogique

Pyramide et triangle sont du même ordre ; strictement parlé, la pyramide de Maslow est un triangle. Dans l’éducatif et le pédagogique l’idée de triangle évoque tout de suite les travaux de Jean Houssaye. La pyramide d’Abraham Maslow peut être lue à l’intérieur de son triangle pédagogique : Continue reading

11.5 Besoins ou moyens ? – « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres »

Significations du handicap mental : 11.5 Besoins ou moyens ? – « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres »

La courbe de la vulnérabilité en fonction de l’âge délimite deux champs distincts, celui qui se trouve sous la courbe, la vulnérabilité, et l’autre qui est au-dessus, la « capabilité ». Travailler à partir de la première est travailler sur les besoins, à partir de la seconde sur les capacités. Les approches d’accompagnement respectives sont fondamentalement différentes, de soin dans un cas, éducative dans l’autre cas. Un accompagnement professionnel misera toujours sur l’une ou l’autre, souvent les deux, et cela en fonction de la situation dans laquelle le patient ou le résident se trouve.

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11.3 Humain capable, humain vulnérable

Significations du handicap mental : 11.3 Humain capable, humain vulnérable

Qu’est-ce qui fait l’homme ?

Capable, « presque un dieu » (Psaume 8,6), vulnérable, « qu’est donc l’homme pour que tu penses à lui, l’être humain pour que tu t’en soucies ? » (Psaume 8,5) ?

Ce double trait qui caractérise l’être humain, ses capacités et sa vulnérabilité, traverse l’ensemble de l’accompagnement et de la « prise en charge » des personnes fragiles, les soins, l’éducation, la formation et les thérapies, si ce n’est pas le vivre ensemble tout court. Le rapport à autrui est toujours un donner et un recevoir, le rapport à soi-même un s’investir et un lâcher prise. Action et passivité, agir et subir caractérisent les liens que nous avons avec nous-mêmes, avec notre environnement et notre entourage. Et les institutions, dans le sens large du terme, sont là pour  organiser le tout, lui donner l’espace nécessaire pour qu’il puisse s’exprimer librement et répondre aux besoins des uns et des autres.

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