« Suis-je a-mental ? »

4ème article de la série On m’appelle handicapé

Handicapé, personne handicapée, personne avec un handicap mental, personne mentalement handicapée, personne en situation de handicap, personne en quelle situation de handicap ? Me nommer est un casse-tête. Et moi, je ne peux pas participer à la discussion. Avec la folie, donc la maladie mentale, – d’ailleurs quelle est la différence entre maladie mentale et handicap mental ou, tout court, entre maladie et handicap ? -, ma condition de vie, ma « forme de vie » (« Lebensform ») dirait Wittgenstein, est la seule où moi comme premier concerné suis exclu du débat. Pour le Code civil suisse je fais partie de ceux qu’il nomme « interdits ». Je n’ai pas voix au chapitre. Je ne suis pas raisonnable. Suis-je déraisonnable, ai-je une autre raison, une autre logique, suis-je irrationnel ? « Amentes sunt isti – ils sont fous », disait Descartes de gens comme moi et a ainsi clos le débat, ou presque. Foucault[1] y voyait le commencement de l’exclusion et de l’enfermement qui sont les nôtres jusqu’à ce jour, Derrida l’a contesté, ce qui les a amenés à se disputer. Vous voyez, à quoi nous sommes bons et utiles, nous les « amentaux » ou « démentaux ». Nous poussons toutes les disciplines à leurs limites, la médecine, les soins, l’éducation et même la philosophie. Avons-nous une autre culture, différence ou altérité ?

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« Mais quoi ? ce sont des fous … » … « sed amentes sunt isti » … (Descartes)

« Mais quoi ? ce sont des fous … » … « sed amentes sunt isti » …

Cette phrase est de René Descartes, tirée de ses Méditations, publiées à Paris en 1641 en latin, et en 1647 en français, sous le titre :

« Les Méditations métaphysiques de René Descartes touchant la première philosophie, dans lesquelles l’existence de Dieu et la distinction réelle entre l’âme et le corps de l’homme sont démontrées. »[1]

Pas seulement l’œuvre dans son ensemble, mais aussi la petite phrase a fait histoire ; elle a provoqué, plus que trois cents ans plus tard, dans les années soixante-septante du siècle passé, ce qu’on appelle « La querelle sur la folie »[2], dispute vive entre Michel Foucault et Jacques Derrida. Dans le petit passage que Descartes avait consacré à la folie, Foucault voyait un tournant historique dans la conception et dans la prise en charge de la folie : désormais, à partir de Descartes, la folie était exclue de la raison ce qui, selon Foucault, était le début de son enfermement, de tout ce qu’il dénonce dans « L’histoire de la folie à l’âge classique »[3].

La folie est-ce raison ou déraison ?

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« Mais quoi ? ce sont des fous … » Raison ou déraison de la raison de la folie

« Mais quoi ? ce sont des fous … » … « sed amentes sunt isti » … « ce sont des fous … »

Cette phrase est de René Descartes, tirée de ses Méditations, publiées à Paris en 1641 en latin, et en 1647 en français, sous le titre :

« Les Méditations métaphysiques de René Descartes touchant la première philosophie, dans lesquelles l’existence de Dieu et la distinction réelle entre l’âme et le corps de l’homme sont démontrées. »

Pas seulement l’œuvre dans son ensemble, mais aussi la petite phrase a fait histoire ; elle a provoqué, plus que trois cents ans plus tard, dans les années soixante-septante du siècle passé, ce qu’on appelle « La querelle sur la folie », dispute vive entre deux autres grands philosophes, Michel Foucault et Jacques Derrida.

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Les institutions socio-éducatives et leurs chartes: fondements suffisants pour leur action ?

Toute institution socio-éducative qui se veut à la hauteur des exigences que la société lui adresse, – pour justifier son action, à l’intérieur et vers l’extérieur -, se dote aujourd’hui d’une charte. On la présente comme fondement de son engagement et de son travail, elle figure dans le manuel qualité, on la publie, on l’affiche.
De plus en plus ces chartes se ressemblent entre elles et se réfèrent de plus en plus aux divers textes de droits humains, les Droits universels de l’Homme, les Droits de l’enfant, les Droits de la personne handicapée, etc.

Comment se fait-il que, – dans une société dite pluraliste où les valeurs semble-t-il éclatent -, tout le monde se réfère au même idées ? Et si tout le monde a le même fondement de son action, comment se fait-il qu’il y ait tellement de différences et de variétés dans l’accompagnement et la prise en charge ?

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Handicap et institution, autonomie et bienfaisance – Ethique, spiritualité et religion

Est-ce qu’il dort ?
Est-ce qu’il m’entend ?
Est-ce qu’il me comprend ?

Il est là, dans son fauteuil, les yeux fermés,
il est là, dans sa coque, dans son corps,
dans son monde,
avec son corps,
tellement différent de moi, de mon corps …

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