Homosexualité, contre le mariage pour tous – Retraités EERV 24.9.19

Dans le débat contradictoire pour ou contre le mariage pour tous, voici un argumentaire théologique qui exclue le mariage pour tous :

« Je suis contre le mariage pour tous »

Mon collègue, qui est pour le mariage pour tous, relativise la Parole de Dieu, la Bible, et ne respecte pas la volonté divine telle qu’elle nous est transmise par les Écritures.

lafree – Homosexuel, mon prochain, Serge Carrel 2013

« … la Bible n’est en rien favorable à l’homosexualité et les couples partenariés de même sexe ne s’inscrivent pas dans les projets de Dieu pour l’humanité.

Réseau évangélique suisse 2019

« … seule une relation hétérosexuelle est porteuse d’un potentiel de transmission de la vie par la procréation. »

Cependant nous devons toujours inviter nos Églises à ouvrir leurs portes et à accueillir les personnes homosexuelles, en partageant avec elles le fait que le Dieu de Jésus-Christ fait grâce à tous, parce que tous ont péché. »

Commençons au début, avec Genèse 1, la création : Dieu, que veut-il que l’homme, comme humain, soit, selon son plan de créateur ?

« … tant dans la position classique de l’Église catholique romaine et des Églises orthodoxes d’Orient que dans celle d’une grande majorité des Églises protestantes, la théologie de la création telle qu’elle se développe dans les trois premiers chapitres de la Genèse permet de fonder sur le projet même du Dieu créateur le caractère naturel de l’hétérosexualité. » (Pierre Bühler1 )

« Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. » (Gn 1,1 français courant ; édition 1996)

Avec des théologiens de renom, notamment Jürgen Moltmann, « Gott in der Schöpfung », « Dieu dans la création », – mais aussi la FEPS et son président Gottfried Locher -, je dis :

Nature est création2 ; tout est don, donc voulu tel qu’il est. La nature, créée à partir du nihil3 primordial, « rien », est bonne.

L’ordre de la nature est donné par Dieu. Sa volonté s’exprime à travers les lois naturelles. « C’est comme ça », voulu par Dieu ; c’est dé-fini … et définitif …

Donc, en ce qui concerne l’humanité, l’ordre donné se fonde sur l’altérité, dont l’homme et la femme sont l’expression créationnelle par excellence, figure aussi de la relation de Dieu avec son peuple, alors l’Église.

Gn 1,26.27 « Faisons les êtres humains : qu’ils nous ressemblent vraiment … Dieu créa les êtres humains à sa propre ressemblance ; il les créa homme et femme. » (français courant)

« Que ce soit en créant d’emblée l’être humain comme mâle et femelle en les créant à l’image de Dieu (Genèse 1) ou en donnant à l’homme après coup la femme comme sa seule véritable compagne … (Genèse 2), la création fonde massivement l’hétérosexualité comme la seule orientation sexuelle légitime. L’altérité inscrite dans la différence des genres est l’indice de l’altérité divine du créateur, si bien que l’homosexualité, par son manque d’altérité, s’inscrit en faux contre le projet même du créateur. Il résulte de cette conception qu’il faut certes accueillir les personnes homosexuelles, mais qu’on ne peut pas ‘consentir à faire d’une union homosexuelle le signe d’un lieu de vérité qui renvoie à Dieu et appelle sa bénédiction’ (Communiqué du 1.9.1995 du Conseil de l’Église protestante genevoise) » (Pierre Bühler)

Et la perspective de cette ordre, loi naturelle, est sa transmission à travers la procréation :

Gn 1,28 « Puis il les bénit en leur disant : ‘Ayez des enfants, devenez nombreux, peuplez la terre et dominez-la …’ » (français courant)

La sexualité se trouve ainsi transcendée’ par la procréation

Mais, il y a chute, faute, péché :

Tout est don ; le salut est inscrit dans la nature, mais il y a chute (Gn 3) …

Le serpent est le diable, ne rien que négativité. C’est le mal, le diable qui s’oppose à Dieu.

L’homosexualité est une perversion (de la nature … de la volonté divine exprimée à travers la création) … une a-nomalie … a-normalité … une maladie

… mais, grâce à Dieu, il y a rédemption en Jésus Christ : l’homosexualité peut être guérie.

L’ancienne alliance est inachevée, c’est la nouvelle alliance, la « vraie », en Christ qui accomplit l’ancienne, par le sacrifice ultime sur la croix, à la lumière duquel se lit tout, aussi l’ancienne alliance.

Il y a exclusivité en Jésus Christ, ou bien ou bien, dedans ou dehors , – que cela nous plaise ou non -, salut ou condamnation, exclusivité qui ne peut être surmontée que par la conversion (« faire le pas ») ou la réactualisation du sacrifice (la messe)4.

La Bible en tant que Parole de Dieu ne laisse aucune place à la bénédiction des unions de couples du même sexe, elle condamne les pratiques homosexuelles. Les textes qui condamnent l’homosexualité sont clairs, autant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament :

Genèse 19,4-11

Lévitique 18,22 et 20, 13

Juges 19,22-30

Romains 1,26ss

1 Corinthiens 6,9

1 Timothée 1,10

Il y a exclusivité et rupture :

Seul le mariage entre un homme et une femme, comme bénédiction (voire sacrement), reflète l’unique alliance inscrite dans l’ordre de la nature (qui est création, ainsi voulue par Dieu).

En conséquence, je suis contre le mariage pour tous.

Armin Kressmann 2019

1« … tant dans la position classique de l’Église catholique romaine et des Églises orthodoxes d’Orient que dans celle d’une grande majorité des Églises protestantes, la théologie de la création telle qu’elle se développe dans les trois premiers chapitres de la Genèse permet de fonder sur le projet même du Dieu créateur la caractère naturel de l’hétérosexualité, aux dépens des autres orientations sexuelles. On peut même se demander si cette théologie de la création n’a pas contribué beaucoup plus à discriminer l’homosexualité que les condamnations lapidaires du Lévitique et de l’épître aux Romains. Que ce soit en créant d’emblée l’être humain comme mâle et femelle en les créant à l’image de Dieu (Genèse 1) ou en donnant à l’homme après coup la femme comme sa seule véritable compagne … (Genèse 2), la création fonde massivement l’hétérosexualité comme la seule orientation sexuelle légitime. Le texte de Genèse 1 l’exprime de la manière la plus claire : . Cette position se renforce encore par l’accent porté sur la procréation à partir de Gn 1,28 … La sexualité se trouve ainsi ‘transcendée’ par la procréation … » (Pierre Bühler, in : L’accueil radical ; Labor et Fides, Genève 2015, p. 197)

2« Reconnaître la nature comme création de Dieu est reconnaissance participative. » (Jürgen Moltmann, Gott in der Schöpfung ; Chr. Kaiser, München 1987, p. 17 ; mise en évidence par AK)

3Creatio ex nihilo, création à partir de ou du rien

4Y a-t-il équivalence entre messe et conversion évangélique ?

Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.