« Handicapé mental » : ce qui n’a pas de nom n’existe pas

6ème article de la série On m’appelle handicapé

Le statut des « handicapés mentaux » est ambigu. Nous sommes toujours entre deux chaises, « sur le seuil » comme disent certains,

entre l’être et le non-être,

la vie et la mort,

le ciel et la terre,

la raison et la folie,

l’ici et l’ailleurs,

le même et l’autre.

Démons ou anges, monstres ou saints, notre existence pousse tout à sa limite, Continue reading

« Ich und Du, und was dazwischen ist » – Moi et toi, je et tu, et ce qui est entre nous (avec Martin Buber)

« Das Zwischen », l’entre : structure fondamentale de l’éthique et de la communication (notamment, mais pas exclusivement, avec des personnes mentalement handicapées)

Autrui en tant que tel m’échappe toujours. Il se montre seulement dans la rencontre. Ce qui apparaît de l’autre dans celle-ci m’est accessible, et non pas lui-même. La structure fondamentale pour apprivoiser autrui est donc ce qui se passe entre lui et moi, dans la „Zwischenmenschlichkeit“ d’un Martin Buber, entre „Ich und Du“, „moi et toi“. Je ne peux découvrir autrui qu’en situation, dans l’entre-nous.

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Stigmate – Définition

« Les Grecs … inventèrent le terme de stigmate pour désigner des marques corporelles destinées à exposer ce qu’avait d’inhabituel et de détestable le statut moral de la personne ainsi signalée. Ces marques étaient gravées sur le corps au couteau ou au fer rouge, et proclamaient que celui qui les portait était un esclave, un criminel ou un traître, bref, un individu frappé d’infamie, rituellement impur, et qu’il fallait éviter, surtout dans les lieux publics. Plus tard, au temps du christianisme, deux épaisseurs de métaphore s’ajoutèrent au terme : la première se rapportait aux marques laissées sur le corps par la grâce divine … ; la seconde, allusion médicale à l’allusion religieuse, se rapportait aux signes corporels d’un désordre physique. » (Erving Goffman ; Stigmate, les usages sociaux des handicaps ; Minuit, Paris 1975, p. 11)