Significations du handicap mental 7 – Il s’agit d’un blog, d’une « web-logique »

Significations du handicap mental : 7 Il s’agit d’un blog, d’un « web-log », d’une « web-logique »

Apprivoiser le phénomène handicap (mental) et le comprendre, – qui veut dire me découvrir dans la confrontation avec lui -, est flexion, tendre vers la personne handicapée, aller à sa rencontre, et ré-flexion, prendre du recul, non pas pour prendre l’autre avec soi, com-préhension, mais se retrouver soi-même devant soi-même, ap-préhension,« saisie au corps »[1] (« bangen », dans sa dimension du souci de soi-même et de l’autre quand il n’y pas prise directe de l’un sur l’autre, donc dans l’impuissance et une certaine angoisse ou crainte). La compréhension se joue au moment de la rencontre, l’appréhension au moment de la réflexion (et de la « pré » ou « anté-flexion », dans le préliminaire) ; ce n’est en conséquence pas dans la réflexion qu’il y a compréhension, mais lors de l’action (sur le seuil, le « limen », dans le rite, « rt- », l’articulation). Éthique, – dans le sens du faire, et non pas du devoir faire -, et compréhension deviennent corollaires, éventuellement identiques ; le pas scientifique est méta-éthique, hors compréhension de l’autre qu’est la personne rencontrée, n’a pour objet donc pas l’autre, mais le soi de celui qui réfléchit. Le travail scientifique en la matière est un travail sur soi-même, celui-ci toujours à comprendre, et, une fois compris, peut-être apte à être avec l’autre, dans son altérité, et apte à agir d’une manière adéquate, c’est-à-dire conforme aux besoins des acteurs impliqués dans la rencontre. Celui qui est à saisir et à comprendre est soi-même, afin qu’il puisse se prendre, entièrement com-prendre, – sans aliénation, mais con-scient de soi -, dans la (prochaine) rencontre.

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Communiquer avec des personnes mentalement handicapées – « Jeux de langage » (Ludwig Wittgenstein)

La communication avec des personnes mentalement handicapées est complexe, compliquée et difficile. Recourir à la notion de communication non-verbale, me semble-t-il, ne suffit pas. La simple distinction entre communication verbale et communication non-verbale ne correspond pas à la réalité qui, elle, comporte du verbal et du non-verbal, et si ce n’est que de la part des accompagnants. Les personnes aphasiques et même polyhandicapées, les personnes lourdement handicapées « comprennent » du verbal comme du non-verbal. Décisif par contre est une autre question : dans quelle mesure les moyens de communication de ces personnes font-ils partie de ce que nous pouvons appeler notre langage, notre culture ? Leur communication, est-ce une réduction de la nôtre ou ont-elles leur propre langage, voire leur propre culture ? Leur raison, encore une fois, est-ce déraison par rapport à notre raison ou raison autre, distincte de la nôtre, mais, en principe, logique, dans leur logique ? Je tends vers cette dernière vision : les personnes mentalement handicapées développent leurs codes de communication, dans le réseau de communication, notamment familial, qui est le leur. Donc, comment se retrouver dans un univers commun, « personnes handicapées » et nous, « les autres » ? De notre côté, de nous les autres, se pose d’ailleurs la même problématique : nos langages et nos règles de communication, sont-elles normalisables, se laissent-elles vraiment représenter par une grammaire commune ? Qu’est-ce qui l’emporte dans notre communication, le général, l’universel, le même ou le particulier, le spécifique, le circonstanciel ?

Pour sortir de ces impasses il faudrait trouver un universel au-delà des langages et du langage.

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