Spiritualité : âme et liberté

Quand on parle d’esprit et de spiritualité, inévitablement, on est amené à penser à l’âme, qui, déjà par son étymologie, est de la même catégorie. Le mot « âme » vient de l’indo-européen « ani-, ane- » qui véhicule une idée de souffle[1], « respirer, souffler », « animus » en latin, « atmen, hauchen » en allemand. Il est intéressant de relever que la…

L’assistance au suicide et l’éthique des devoirs (éthique déontologique)

Le représentant classique d’une éthique philosophique du devoir est Immanuel Kant[1]. C’est dans les « Fondements de la métaphysique des mœurs »[2] qu’il développe ses idées. Il formule sa norme (donnée « de l’extérieur » ou « d’en haut » [3]), LA norme, comme un impératif appelé catégorique, qu’il donne sous trois formes : « Agis uniquement d’après la maxime qui fait…

L’assistance au suicide et l’objectivisme

Quand on prend une valeur comme la vie comme valeur suprême objective[1], notre question est relativement vite réglée : autant le suicide que l’assistance au suicide sont interdits ! Mais une telle manière de faire peut nous amener dans des nouveaux dilemmes. Que faire, quand la vie et plus encore ses souffrances deviennent inhumaines, insupportables ? Nous pouvons…

Assistance au suicide et institutions sociales : quelles valeurs mettre en avant ?

La situation telle qu’elle peut se présenter concrètement dans un établissement où le médico-social et le socio-éducatif ainsi que le privé et le public se côtoient et interagissent est complexe ; une multitude de facteurs et de valeurs qui sont en jeu, se confrontent et se contredisent parfois : –          Le respect et la protection…

Les fondements multiples de la (bio)éthique

La bioéthique utilise-t-elle l’autonomie morale au sens de Kant ? N’est-ce pas plutôt l’autonomie politique dans la conception de Locke ou de Mill[1] ? Déjà H. Doucet se pose la question dans son livre « Au pays de la bioéthique » [2] : « Lorsque l’on cherche à approfondir le sens du concept, une première question surgit : à quelle école…

L’autonomie du désespoir

Dans le désespoir, je demande avec beaucoup de pudeur, n’y a-t-il pas aussi cette autre dimension, le rire, dont témoignent les prophètes, souvent figures insolites, l’humour juif, le fou du roi ? Et la personne handicapée, ce trisomique, cette personne polyhandicapée, n’éveillent-ils pas aussi cette ambiguïté, entre les pleurs et les rires ? Alors, rions, mais ensemble !…

Handicap et folie : entre transcendance et immanence

L’altérité de l’autre dans mon immanence me permet de me transcender moi-même et d’atteindre un degré d’autonomie que je ne pourrais jamais atteindre sans l’autre, et plus dépendant cet autre est, plus il est pour moi invitation à me laisser transcender par son altérité. C’est ainsi que je conçois l’altérité,  comme « transcendance immanente » ou « hétéronomie…

Le handicap mental : entre autonomie et bienfaisance

Ma critique du libéralisme et du principe d’autonomie tels qu’ils sont vécus en politique, dans le social et dans la santé va assez loin. Mais ce n’est pas pour les démolir, au contraire, mais pour les renouveler. Ce renouvellement, comment s’y prendre ? Le principe d’autonomie pour tous ne peut être préservé qu’avec bienfaisance, bienfaisance libérale…

L’État libéral et ses problèmes

Quel libéralisme ? C’est la question que j’ai posée auparavant, dans l’article « Le résident en institution sociale : entre le privé et le public ». Nous sommes dans une période où l’idée libérale s’impose dans de plus en plus de domaines ; mais sous quelle forme ? Libéralisme libertaire, ultralibéralisme, libéralisme économique, libéralisme social, libéralisme responsable[1], libéralisme « communautariste »[2] (est-ce…

Qu’en est-il avec l’autonomie du résident gravement handicapée en institution sociale ?

Quelles sont les conséquences du déficit d’autonomie et de la mise sous tutelle, « l’interdit » selon la définition du Code civil ? L’autonomie du patient ou du résident gravement atteint dans le « modèle Moeckli » : Quand l’autonomie du patient ou du résident est gravement déficitaire et quand ses intérêts ne sont pas fortement portés et défendus par…

De Kant à Rawls, puis à Walzer : libéralismes et communautarismes

Avec Kant, la grande voie du principe d’autonomie à l’intérieur d’une éthique déontologique[1] a été philosophiquement ouverte.[2] En principe, l’homme est sa propre mesure et décide et agit selon les maximes qu’il a établit et qu’il respecte lui-même, et cela d’une manière absolue. Nous sommes dans une logique libérale et immanente. Celle-ci a été reprise…

Kant et l’autonomie

Immanuel Kant pense l’autonomie à partir de la volonté. Pour lui, cette dernière est le moteur pour toute la morale, ou l’éthique. Se pose la question, si, comment et dans quel sens la volonté va se réaliser et nous faire agir. Un bon vouloir, c’est le bien absolu, le noyau, ce qui est de plus…

Kant et le handicap (autonomie)

Immanuel Kant, « Fondements de la métaphysique des mœurs » – Mots clé « Fondements de la métaphysique des mœurs » 1 : « Übergang von der gemeinen sittlichen Vernunfterkenntnis zur philosophischen » « Fondements de la métaphysique des mœurs » 2 : « Übergang von der populären sittlichen Weltweisheit zur Metaphysik der Sitten » « Fondements de la…

Kant et le handicap : « Fondements de la métaphysique des mœurs » : « Übergang von der Metaphysik der Sitten zur Kritik der reinen praktischen Vernunft »

« Grundlegung zur Metaphysik der Sitten »[1] Dritter Abschnitt Übergang von der Metaphysik der Sitten zur Kritik der reinen praktischen Vernunft „Der Wille ist eine Art von Kausalität lebender Wesen, sofern sie vernünftig sind, und Freiheit würde diejenige Eigenschaft dieser Kausalität sein, da sie unabhängig von fremden sie bestimmenden Ursachen wirkend sein kann.“ p. 103 „Als ein…

Kant et le handicap : « Fondements de la métaphysique des mœurs » : « Übergang von der populären sittlichen Weltweisheit zur Metaphysik der Sitten »

« Grundlegung zur Metaphysik der Sitten »[1] Zweiter Abschnitt Übergang von der populären sittlichen Weltweisheit zur Metaphysik der Sitten „… wenn es auch niemals Handlungen gegeben habe, die aus solchen reinen Quellen entsprungen wären, dennoch hier auch davon gar nicht die Rede sei, ob dies oder jenes geschehe, sondern die Vernunft für sich selbst und unabhängig von…

Kant et le handicap : « Fondements de la métaphysique des mœurs », « Übergang von der gemeinen sittlichen Vernunfterkenntnis zur philosophischen »

« Grundlegung zur Metaphysik der Sitten »[1] Erster Abschnitt Übergang von der gemeinen sittlichen Vernunfterkenntnis zur philosophischen „Es ist überall nichts in der Welt, …, was ohne Einschränkung für gut könnte gehalten werden, als allein ein GUTER WILLE.“ p. 28 Le bien, ce qui est bon, sans restriction, c’est la bonne volonté (je reprends le texte avec…

Handicap mental : l’autonomie et le droit suisse

En droit suisse, le terme « autonomie », – du grec auto nomos, se donner sa propre loi -, ne figure en général que dans des textes concernant des institutions (des « publics », J. Dewey, ou des « associations », M. Walzer) comme les communes, les Eglises, l’Etat, les universités et les écoles polytechniques, etc.[1] En principe, c’est une évidence ;…

Le résident en institution sociale : entre le privé et le public (canton de Vaud)

Qu’est-ce qui est privé, qu’est-ce qui est public ? La frontière n’est pas si nette qu’on croit souvent ou qu’on veut faire croire. D’un côté, il y a l’individu, de l’autre l’Etat, mais entre deux, le passage du privé au public est progressif et les deux s’interpénètrent. L’individu, seul, ne peut pas survivre ; l’être humain est…