Épiphanie Matthieu 2,1-12 (Mt 2,1-12) – Une prédication

Madame, Monsieur, chères paroissiennes, chers paroissiens,

En ce premier dimanche de l’année 2026, dimanche de l’Épiphanie,

jour d’apparition de quelque chose de nouveau, de radicalement nouveau,

comme il est dit dans l’Apocalypse : « Voici, je fais toutes choses nouvelles »,

en ce dimanche de l’Épiphanie,

j’ai l’honneur de vous présenter le rapport de voyage et de recherche de trois de mes collègues chercheurs d’antan : « Gaspard, Balthazar et Melchior ».

Cependant, avant de vous lire ce texte, juste une notion importante pour les sciences,

le terme de « paradigme » :

Qu’est-ce qu’un paradigme ? C’est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent du monde, une vision selon la physique classique par exemple, ou selon la physique quantique, le monde, ou l’économie, dans une vision capitaliste ou dans une compréhension marxiste …

Les paradigmes marquent une époque, en science, mais aussi en culture ou en politique.

Après cette petite introduction, voici le rapport de recherche ; il porte le titre :

« Du roi des Juifs au Messie universel, Dieu parmi nous, un changement de paradigme radical »

Gaspard, Balthazar et Melchior, nous sommes des savants, on nous appelle aussi mages,

des chercheurs, des sages, astrologues, astronomes, des scientifiques,

… anthropologues, ethnologues ou sociologues, diriez-vous peut-être aujourd’hui.

Dans notre paradigme existe une correspondance intime entre le monde céleste et la vie sur terre, pour nous le ciel et la terre sont en constante communication, l’un avec l’autre ; nous faisons un lien direct entre la nature et ce qui se passe dans notre vie, en famille, en société et en politique.

Ainsi, quand s’est produit un phénomène naturel que nous attendions depuis longtemps, l’apparition d’une nouvelle étoile,

nous nous sommes tout de suite posé la question de ses implications au niveau de nos recherches scientifiques, « ethnologiques », « sociales » et « politiques ».

Nous avons mis nos observations en une hypothèse : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son astre, son étoile, à l’Orient. »

Pour nous c’était évident que c’était « son » étoile, l’étoile d’un nouveau roi,

comme hypothèse de travail, le roi des Juifs.

Pour vérifier cette hypothèse, il fallait faire une enquête sur le terrain.

Une fois réunis les fonds nécessaires, – de l’or, de la myrrhe et de l’encens -,

nous nous sommes donc mis en route pour vérifier notre théorie sur le terrain.

La première étape de notre voyage nous a amenés à Jérusalem.

Arrivés sur place, nous avons consulté les passants dans les ruelles de la ville, mais aussi les autorités politiques et religieuses, les experts du lieu.

Là, un déplacement épistémologique s’est produit : il n’était plus question de roi, roi des Juifs, mais de Messie. Un changement de paradigme radical.

Ce que nous venons de découvrir, c’était le fait que, par ce qui se passait là, ce n’était pas seulement le peuple Juif qui était concerné, mais le monde tout entier. L’autorité naissante devrait changer le cours de l’histoire. Le centre spirituel et religieux venait de se déplacer, de Jérusalem la Grande vers une petite bourgade, Bethléem, perdue dans la campagne judéenne :

« Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le plus petit des chef-lieux : car c’est de toi que sortira le chef … »

Sur cette nouvelle, nous nous sommes remis en route.

La deuxième étape de notre recherche était désormais existentielle, au niveau personnel, pour nous les chercheurs aussi.

Quand l’étoile s’est arrêté, nous savions déjà que ce serait ici que nous trouverons la réponse de toute notre quête, l’ultime réponse à toutes nos questions.

Notre joie était immense.

Juste un dernier pas était encore à faire, mais nous savions déjà d’avoir trouvé le bon lieu : « Entrant dans la maison… » le résultat de toute notre aventure était devant nous :

« … nous vîmes … l’enfant avec Marie, sa mère. »

Là, devant nous, dans une simple crèche, une mangeoire, dans une étable, dans une petite bourgade, dans la maison du pain, Bethléem, voicile ”pain de vie” !

… Respect, hommage, reconnaissance, action de grâce … louange …

Le retour chez nous s’est fait par un autre chemin, dans le nouveau paradigme, tout autre que la recherche d’un « roi des Juifs » : c’était du Messie qu’il s’agissait désormais.

Notre recherche était devenue existentielle, pas seulement pour nous, mais pour tout un chacun et chacune :

devant nous, le ciel sur terre, le salut offert à toute la création.

Emmanuel, Dieu parmi nous. »

C’est ainsi que se termine le rapport de mes collègues, Gaspard, Balthazar et Melchior.

Leur questionnement est le nôtre maintenant :

Toi, paroissienne, paroissien de Vevey,

toi ici présent à Sant-Martin, en ce dimanche de l’Épiphanie, en cette nouvelle année 2026,

« Quel est ton étoile ? Et quelle est ta crèche ? »

L’étoile, quelle est la réalité, le poteau indicateur sur ton parcours de vie, qui te permet de trouver les réponses dont tu as besoin pour poursuivre et tenir bon, malgré les aléas de la vie ?

La crèche, quelle est la réalité ultime qui te nourrit et restaure, quel est ton pain de vie à toi ?

Armin Kressmann 2026

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