« Dispositifs » en Église ?

En réfléchissant sur le contexte qui a amené les autorités de mon Église, l’EERV, d’imposer par une directive un « Code d’éthique et de conduite » à tous les ministres et läics en une position élue, – voir « Réformés », le journal des Églises réformées de la Suisse romande, des mois de juillet/août -, m’est venu à l’esprit le concept de « dispositif » tel que Giorgio Agamben le définit suite à Michel Foucault :

« tout ce qui a, d’une manière ou une autre, la capacité de capturer, d’orienter, de déterminer, d’intercepter, de modeler, de contrôler et d’assurer les gestes, les conduites, les opinions et les discours des êtres vivants … Foucault semble renvoyer à un ensemble de pratiques et de mécanismes … qui ont pour objectif de faire face à une urgence pour obtenir un effet plus ou moins immédiat. … il a montré comment, dans une société disciplinaire, les dispositifs visent, à travers une série de pratiques et de discours, de savoirs et d’exercices, à la création de corps dociles mais libres qui assument leur identité et leur liberté de sujet dans le processus même de leur assujettissement. »

… Le « Code d’éthique et de conduite » est un élément décisif d’un nouveau dispositif. Je constate que nous sommes actuellement en train de passer d’un « dispositif d’Église », qui maintient et respecte un espace sacré, sans définir celui-ci explicitement en régime protestant réformé, à un « dispositif profane ». (Giorgio Agamben, Qu’est-ce un dispositif ?, Payot 2014 ; un petit essai d’une trentaine de pages qui fait un lien historique entre la Trinité, l’oïkonomia, le dispositif, le sacré et le profane, de l’Antiquité à nos jours)

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