1 Corinthiens 9,16-23 Remarques exégétiques et homilétiques – Loi et Évangile

(avec Loi et Évangile, Labor et Fides 1981 et Ch. Senft, Première Épître de Saint Paul aux Corinthiens)

B. Trémel in L&E

Paul se fait juif avec les juifs, se soumettant à la Loi pour les gagner au Christ

et se fait sans loi avec les sans loi.

Il reconnaît une « Loi du Christ », expression de la loi de Dieu.

Quelle est l’instance ultime ? Question moderne, suite aux Lumières, – Dieu ou l’homme, ou Dieu ou l’homme Dieu, Christ ? -, mais déjà implicite dans le positionnement de Paul. La pointe, tout l’enjeu, est la liberté humaine, comme autonomie ou théonomie. En Christ, Fils de l’Homme, avons-nous encore besoin de Dieu ? Ou est-il, ce que je défendrais, dans ce sens Fils de l’Homme parce qu’il est aussi et nécessairement Fils de Dieu. (Résonne en arrière-plan la ligature d’Isaac, dans quelle mesure Abrahem était-il libre de sacrifier ou ne pas sacrifier son fils ? (cf. Omri Boehm, Radikaler Uiversalismus)

Le double commandement d’amour, comment le lire si autrui dans son altérité est (aussi) tout-autre, le premier commandement, le « grand », ne s’appliquant pas seulement à Dieu, mais aussi et finalement exclusivement à l’homme (humain, « Mensch ») ?

Y a-t-il une « autorité métaphysique supérieure de la vérité », une « une obligation abstraite envers l’humanité », – « eine höhere metaphysische Autorität der Wahrheit », «eine abstrakte Verpflichtung gegenüber der Menschheit » (Omri Boehm avec Kant) -, au-delà et indépnendamment de Dieu ?

Théonomie ou autonomie, voire autonomie humaine instituée par Dieu en Christ ?

C’est « toute la Loi » (Galates 5,14) et « chaque commandement » de la Loi (Romains 13,8-10) qui sont récapitulés dans une seule parole, celle de l’amour de l’autre.

Ainsi chaque commandement peut et doit être confonté avec cette parole unique et c’est elle qui, en définive, juge de son application ou de sa non-application, qui peut conduire à une relativisation ou même à une abolition.

Ce qui nous mêne à Marc 2,23-28 ou 3,1-6, l’Évangile du deuxième dimanche après Trinité, la liberté au service d’une valeur au-delà de la pointe de la loi ou d’un commandement précis.

Liberté et désoibéissance sont liées, cette dernière ne se justifiant qu’à la lumière des commandements d’amour. Le prix personnel est redoutable … la croix.

À un peuple universel il faut une ouverture universelle de la Loi. (Mais) un peuple ne peut vivre de l’Évangile sans une voie qui préserve son idnetité de peuple …

…la loi d’une alliance (Abraham) qui s’ouvre sur tous les hommes.

E. Fuchs

Qui est l’Autre de la Loi ? (voilà la question)

Ambivalence de Paul face à la Loi.

Bultmann : la loi définit un mode de vie … un chemin de vie … une conscience de l’altérité.

Universalité et particularité, premier et deuxième commadement d’amour, Pentecôte, un même Esprit, mais des langues de feu individuels (cf. L’Ascension et Pentecôte Actes 1 à 2,13)

Gnilka, Das Evangelium nach Markus

Wenn Paulus für die Freiheit vom Gesetz kämpft, so ist die Freiheit von der Sabbattora miteingeschlossen.

Ch. Senft

Le thème, c’est la liberté.

Avons-nous la liberté de penser la liberté ? Si oui, selon Kant, l’existence de Dieu ne se laisse pas prouver. Nous ne pouvons que l’espérer. Tendre vers Dieu, sans obligation de le prouver, y croire et espérer, ça suffit. Avec la liberté d’obéir à sa volonté, comme liberté, pas obligation. Même la morale ne dépend pas de lui ; c’est un choix. Mon choix. Avec lui.

Paul proclame sa liberté comme les « forts » de Corinthe, il ne subit la loi de personne.

Une liberté pour se soumettre à tous : il se fait esclave de tous, homme libre pour les autres.

Il cherche, en s’adaptant à chacun, le seul intérêt des autres … « gagner le plus grand nombre » :

« tout pour tous» v.22 (« Dieu tout en tous » 1 Co 15)

Résonne Emmanuel Lévinas : « me voici », l’un-pour-l’autre radical, « substitution, comme sens ultime de la responsabilité ». « Chacun de nous est coupable devant tous pour tous et pour tout et moi plus que les autres. » (Aliocha chez Dostojewski) ).

v. 20 L’Évangile et la vocation de Dieu ne veulent pas faire d’un Juif un non-Juif en l’arrachant à la pratique de la Loi, mais un Juif qui a trouvé dans la grâce de Jésus Christ sa justice et sa liberté (Ga 2,15ss).

v. 21 Sans-loi (« anomos ») … sans loi de Moïse

La loi par rapport à laquelle il se comporte comme un sans-loi est celle du Christ..

Il prend soin d’éviter un comportement qui le coupe des païens.

Certes, lui-même vit sous la loi du Christ, mais il ne veut pas être l’homme différent d’eux – car il sait qu’il n’est pas différent – mais le porteur de l’Évangile du Christ …

… des païens que le Christ a aussi appelés, et vivant dans la loi du Christ, de son pardon et dans l’obéissance de la foi (6,11 ; Rm 6,11-14)

Vivre sous le régime de la grâce, qui certes oblige, mais d’une obligation née de la liberté qu’elle donne.

v. 23 Sa conduite est dictée par le souci d’ouvrir à l’Évangile un chemin dans les situations humaines diverses.

C’est ainsi qu’il vivra lui-même aussi de la grâce qui lui a été faite et qu’il annonce.

Avoir part, avec ceux auxquels il annonce le Christ, au bienfaits du Christ.

Armin Kressmann 2024

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