Éthique et aumônerie évangélique réformée

L’éthique est l’enjeu principal d’une théologie réformée et le lieu de ce que les Églises évangéliques réformées proclament et défendent devient manifeste et visible. Sur ce point je rejoins Pierre Glardon et Eric Fuchs, tel que je les ai compris à travers leur livre « Turbulences – Les Réformés en crise », tout en m’opposant à leur argumentaire.

Comment se positionner donc en tant qu’aumônier (réformé) dans l’univers institutionnel et comment dire ce qu’il a à dire, ce qui s’appelle « l’Évangile »[1] ? Continue reading

Pâques : la main du creux de la main

Vous voulez voir Pâques? Vous voulez voir Dieu ?

Au-delà des œufs et des lapins en chocolat, des vacances scolaires et des quelques jours de congé, du printemps qui se manifeste, des jonquilles, des buissons et des arbres qui fleurissent et bourgeonnent ? Pâques chrétiennes ? Vous voulez vraiment savoir ce qui se cache derrière cette fête, telle que les chrétiens la conçoivent et la vivent ? Alors, vous devez vous tourner vers ce qui fait mal, la maladie et la souffrance, les injustices et les violences, la pauvreté et le dénuement. C’est là où se cache Pâques, portant sa croix et manifeste sur la croix, dans les troubles et les angoisses de la vie. Pâques, c’est avoir le courage de se tourner vers ceux qui affrontent la mort, ceux qu’on aime et qu’on voit partir ; si l’on ose regarder, comme les femmes, de loin. Les douze, ceux que nous croyions proches et que nous appelons disciples, les amis, l’ont déjà trahi, vendu, lui ont tourné le dos. Et même celui que nous appelons Dieu se tait. A Pâques s’installe le silence. Pâques, c’est faire le deuil de ce qui nous est cher, le plus cher, l’enterrer, puis attendre. Trois jours, c’est long, c’est une éternité. A Pâques s’ouvre le ciel, le voile qui sépare le sacré du profane se déchire et le jour se fait nuit. A Pâques nous perdons tous les repères, tous. C’est comme ça, pour celui qui envisage la mort.

Vous renoncez à voir Pâques ? Vous renoncez à voir Dieu ?

Alors là, vous êtes invités à revisiter les derniers lieu de la souffrance, à faire un pas de plus sur votre chemin de deuil. D’abord vous verrez, peut-être, qu’il n’y rien à voir. Le tombeau est vide ; ce ou celui que vous aviez enterré a disparu. Vous prenez peur ; que se passe-t-il ? Jusqu’à ce que vous tombez sur quelqu’un qui vous attend, dehors, et vous accompagne, vous explique, vous fait comprendre que ce vide qui vous angoisse peut se transformer en un lieu de naissance, de nouvelle naissance, non pas de ce ou de celui qui a disparu, mais de vous-même. Le tombeau peut se transformer en matrice. Pas de vide sans enveloppe, pas de creux sans ce qui porte en lui le creux, la main du creux de la main. Nous l’appelons ange, celui ou celle qui vous fait découvrir cette nouvelle réalité, messager d’une bonne nouvelle, d’une grande nouvelle, et le message, nous l’appelons résurrection. Les chrétiens disent que celui qui est mort sur la croix est ressuscité, présent, vivant, autrement. Pâques est la victoire de la vie sur la mort. Mais pour comprendre cela il faut attendre la Pentecôte, l’Esprit qui nous l’expliquera. Dans nos deuils, il ne faut pas brûler les étapes.

Bonnes Pâques, ces Pâques qui ne sont pas toujours joyeuses.

Armin Kressmann 2012

Troubles de comportement, comportements troublants et Dieu troublé

Je défends la dignité de la personne telle qu’elle est, quelle qu’elle soit[1]. Une personne  trisomique est une personne trisomique, un autiste un autiste, en principe en bonne santé et seulement handicapés quand on les mets en situation de handicap, devant des obstacles qu’ils n’arrivent pas à surmonter à partir et avec ce qu’ils sont. Dans ce sens, la trisomie ou l’autisme ne sont pas des pathologies, des maladies, comme la masculinité ou la féminité ne le sont pas non plus. L’époque de la discrimination à cause de ce qu’on est devrait être achevée.

Cependant, ces affirmations posent toute une série d’interrogations sur l’être humain en général, dont la question des comportements et des actes qui dérangent l’ordre tel qu’il est prévu par notre société : qu’est-ce que nous devons accepter ? Où est la limite ? Comment faire pour clairement distinguer la personne, à prendre telle quelle, et ses actes peut-être répréhensibles, voire intolérables et inadmissibles ? Continue reading

Charly, Job et la folie de Dieu

Faut-il avoir une maison pour réaliser le rêve d’une maison ?

Job, à la fin de sa vie ? Quand il se tait finalement devant Dieu en disant :

« Je sais que tu peux tout et qu’aucun projet n’échappe à tes prises. » (Livre de Job, chapitre 42, verset 2)

a-t-il déjà retrouvé sa famille, sa santé ?

Reconnaître Dieu abscons, serait-ce être guéri tout en étant malade ? Être en bonne santé ?

« Adonaï (Dieu) bénit l’après (l’avenir) de Job plus que son en-tête (son début, son origine, son principe). » (chapitre 42, verset 12, traduction d’André Chouraqui)

Donc un fondamentalisme biblique au-delà du littéralisme ? Miracle au-delà d’un miracle de guérison ; être fondamentalement guéri, donc être fondamentalement en bonne santé ?

Est-ce que la santé nous précède, comme en bonne théologie judéo-chrétienne le salut ? En conséquence, peut-on encore tomber malade ?

Serait-ce la folie de Dieu, ou la folie de la foi ? Jouer guéri, comme être guéri ? Au fond, ne sommes-nous pas tous des malades qui s’ignorent, donc en bonne santé ?

Être en situation de handicap profond règne de Dieu ? Plus de larmes ?

Que pleurons-nous, qui pleurons-nous quand nous pleurons ?

Regarder le monde de l’autre côté ?

C’est redoutable ; abscons … théologie absconse …

Significations du handicap mental – Guide de lecture

« Nous sommes jusqu’à présent, pour ainsi dire, les ordures du monde, le déchet de l’univers. » (Première épître de Paul aux Corinthiens, chapitre 4, verset 13)

La rubrique « Significations du handicap mental », appelée aussi « Guide de lecture », introduit le lecteur notamment dans mon site « ethikos.ch » pour lui faciliter l’orientation. Entre temps ce site est devenu complexe, un peu à l’image de l’univers du handicap. Il offre des entrées et des clés de lectures diverses, et comportent quelques centaines de pages ou d’articles, à des niveaux divers.

J’ouvre ici un tout petit portail. Les liens qui s’y trouvent font entrer le lecteur, – toujours à travers d’autres liens, donc par hyperliens -,  dans l’univers et le réseau de penser qui est le mien, dans le sujet du handicap mental « au-delà du handicap mental », c’est-à-dire dans une universalité qui dépasse le vécu des personnes en situation de handicap et qui nous concerne tous en tant qu’êtres humains. Ce portail et ses liens lui permettront peut-être de s’y retrouver plus facilement :

Qui es-tu, quelle est ta vie, quel est le sens que tu lui attribues, qui est l’autre pour toi, quel est ton dieu ? Continue reading