Lettre à une amie inconnue, sur le chemin vers Pâques

Ma Soeur,

La présence réelle du Christ dans nos vies, une évidence pour le croyant, est indépendante du cheminement des individus. Ce que nous appelons développement, – ou maturation comme vous dites (avec réserves) -, du jugement moral ou du jugement religieux, est une évolution au niveau de la perception de cette présence. La dimension spirituelle de l’être humain, n’est-elle pas toujours une quête de l’ultime, de ce qui nous préoccupe le plus en un moment donné de notre vie ? Ce souci de l’ultime, il se déplace avec l’âge, et la jeunesse a d’autres préoccupations que la vieillesse. Pour le bébé, tout est corps ; pour l’adolescent c’est aussi une des préoccupations premières. Pour le vieux que je suis, le corps est toujours important, mais n’a plus le même sens : il est devenu véhicule pour d’autres finalités. Pourtant, ma vie spirituelle n’a pas seulement commencé avec l’âge avancé. Continue reading

Significations du handicap mental – Guide de lecture

« Nous sommes jusqu’à présent, pour ainsi dire, les ordures du monde, le déchet de l’univers. » (Première épître de Paul aux Corinthiens, chapitre 4, verset 13)

La rubrique « Significations du handicap mental », appelée aussi « Guide de lecture », introduit le lecteur notamment dans mon site « ethikos.ch » pour lui faciliter l’orientation. Entre temps ce site est devenu complexe, un peu à l’image de l’univers du handicap. Il offre des entrées et des clés de lectures diverses, et comportent quelques centaines de pages ou d’articles, à des niveaux divers.

J’ouvre ici un tout petit portail. Les liens qui s’y trouvent font entrer le lecteur, – toujours à travers d’autres liens, donc par hyperliens -,  dans l’univers et le réseau de penser qui est le mien, dans le sujet du handicap mental « au-delà du handicap mental », c’est-à-dire dans une universalité qui dépasse le vécu des personnes en situation de handicap et qui nous concerne tous en tant qu’êtres humains. Ce portail et ses liens lui permettront peut-être de s’y retrouver plus facilement :

Qui es-tu, quelle est ta vie, quel est le sens que tu lui attribues, qui est l’autre pour toi, quel est ton dieu ? Continue reading

11.18 Spiritualité : l’esprit du jeu, danser avec la folie

Significations du handicap mental : 11.18 Conclusion : l’esprit du jeu, danser avec la folie

Spiritualité est investir les institutions, les habiter et jouer le jeu dont les institutions, -donc la famille, l’établissement, mais aussi l’État, l’économie, la médecine, les soins, l’éducation, l’éthique ou la religion -, constituent le terrain et donnent un système de normes et de règles. Les règles d’un jeu, donc les institutions, ne sont pas la finalité du jeu. La finalité du jeu est de jouer ensemble, dans le cadre des règles du jeu. Et les règles ne suffisent pas à elles-mêmes pour garantir le jeu et l’ouverture du jeu ; au contraire, il y a des règles qui étouffent le jeu ; il faut les changer. L’esprit du jeu joue un rôle déterminant, et il se donne, il se dégage en « recevant autrui comme plaisir » et coéquipier bienvenu. Le fou est mon coéquipier, lui et moi dans la même équipe, au point qu’on ne sait finalement plus qui est fou. Continue reading

« respirE – Éthique (théologique) »

Significations du handicap mental : 11.14.3 « respirE – Éthique (théologique) »

Une centaine d’articles de ce blog « ethikos.ch » traite d’éthique et de bioéthique, une partie plus spécifiquement d’éthique du handicap (mental), dont un certain nombre se recoupe avec la spiritualité.

L’assistance au suicide a été le sujet d’un travail de séminaire lors de ma formation en éthique médicale. Mais la problématique est aussi aiguë en milieux d’éducation, là où la capacité de discernement est donnée. En institution socio-éducative, faut-il entrer en matière quand il y a demande d’accompagnement d’assistance au suicide, d’une manière organisée ou non, qui, comment, quelles sont les limites de l’accompagnement, quelles sont les implications pour l’entourage, par rapport aux valeurs défendues par l’institution (l’établissement), la mission, etc. ?

Dans ce même cadre de formation j’ai travaillé la question de l’autonomie, premier des quatre piliers de la bioéthique (avec la bienfaisance, la justice et l’équité). Ce principe est aussi celui qui est le plus souvent avancé dans les milieux éducatifs, étant pour la majorité des éducateurs la finalité de leur engagement. Je l’ai en un premier temps articulé avec la bienfaisance, puis élargi le champ vers la « capabilité » et la vulnérabilité, ce qui est indispensable quand on est devant et avec des personnes aussi fragiles et fragilisées.

Théologiquement, mais peut-être aussi anthropologiquement, l’autonomie est un non-sens. Continue reading