11.13 L’accompagnement spirituel II – Quand l’accompagnement faillit : place à la folie

Significations du handicap mental : 11.13 L’accompagnement spirituel II – Quand l’accompagnement faillit : place à la folie

Nous arrivons ainsi à l’accompagnement spirituel comme faisant partie de l’accompagnement socio-éducatif ou socio-médical au même titre que les soins de base, l’alimentation, l’accompagnement psychologique, le travail et les loisirs. Vivre sa spiritualité et si nécessaire y être accompagné font partie des droits fondamentaux de l’individu tels que par exemple Martha Nussbaum les a formulés à travers sa vision des « capabilités ». Au moment où les institutions accueillant des personnes en lieu de vie, donc chez elles, se trouvent au bout de la chaîne des responsabilités déléguées dans une société libérale et un État de droit démocratique qui ne savent plus au nom de quoi ou de qui prendre soin de ces personnes, ces institutions doivent se positionner. Elles ne peuvent plus se référer à une instance subsidiaire ; il n’y en a plus. « Hier steh ich nun und kann nicht anders »[1], le fait d’être là et d’assumer ce qu’aucune autre instance n’a pu assumer, fait appel à une référence, un fondement, une source originaire et une perspective, même si, ou parce que, ce qui est au sein de ce vide ne se laisse pas dé-finir, dis-cerner positivement, au contraire, comme nous l’avons vu. Y croire le fait exister, mais il faut y croire, pour qu’il ex-iste, se mette et se positionne en dehors, en dehors de l’impuissance et de l’échec qu’est devenue la « normalité ». Croire en quoi, en qui ? Continue reading

11.5 Besoins ou moyens ? – « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres »

Significations du handicap mental : 11.5 Besoins ou moyens ? – « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres »

La courbe de la vulnérabilité en fonction de l’âge délimite deux champs distincts, celui qui se trouve sous la courbe, la vulnérabilité, et l’autre qui est au-dessus, la « capabilité ». Travailler à partir de la première est travailler sur les besoins, à partir de la seconde sur les capacités. Les approches d’accompagnement respectives sont fondamentalement différentes, de soin dans un cas, éducative dans l’autre cas. Un accompagnement professionnel misera toujours sur l’une ou l’autre, souvent les deux, et cela en fonction de la situation dans laquelle le patient ou le résident se trouve.

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Charly et l’autonomie des résidents

La majorité des institutions sociales (ISE « institutions socio-éducatives ») se déclare aujourd’hui laïque et libérale. Ce sont donc l’autonomie des résidents et leur autodétermination qui sont avancées comme valeurs principales.

Cependant, pour des raisons dites de sécurité, d’organisation et d’économie, la vie des résidents est tellement prédéterminée, qu’on ne peut plus parler d’autonomie, ni d’autodétermination.

La seule liberté qui reste aux résidents est d’accepter ce qu’on leur propose ou impose.

Mais c’est peut-être cela, la véritable autonomie :

garder un esprit de liberté quand on dépend entièrement de l’autre et de ses décisions.

 

Comment parler d’éducation quand on accompagne des adultes ? ou « L’éducation des éducateurs »

Nous manquent les mots, en conséquence aussi les concepts, pour parler de « l’acte éducatif » dans l’accompagnement des personnes mentalement handicapées adultes. Comment peut-on parler d’éducation quand on accompagne des adultes ? Qui est à éduquer, à « conduire dehors », en une situation où celui qui est accompagné est ce qu’il est, trisomique, polyhandicapé, psychotique ou sourd-muet ? En général, toute tentative de vouloir le changer, d’accomplir un « miracle », est vouée à l’échec, pire, une attitude qui vise un tel résultat, souvent décrite comme approche « par objectifs », est contraproductive, voire maltraitante. Continue reading

Assistance au suicide et institutions sociales : quelles valeurs mettre en avant ?

La situation telle qu’elle peut se présenter concrètement dans un établissement où le médico-social et le socio-éducatif ainsi que le privé et le public se côtoient et interagissent est complexe ; une multitude de facteurs et de valeurs qui sont en jeu, se confrontent et se contredisent parfois :

-          Le respect et la protection de la vie

-          Suicide ou « autodélivrance » ; respect de la liberté, c’est-à-dire principe d’autonomie, ou « délivrance », c’est-à-dire principe de bienfaisance et de non-malfaisance ? Bioéthique et paternalisme :

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