Laïcité, communauté, institution

La laïcité est un concept sociologique et politique étroitement lié à la culture et à l’histoire française : la séparation entre l’Église et l’État. D’autres cultures, allemandes ou alémaniques par exemple, parleraient plutôt de sécularisation (« Verweltlichung »), processus mettant l’accent pour se représenter et s’expliquer le monde sur la raison, moins sur la foi ou la religion.

La laïcité concerne l’État et ses institutions (à distinguer de la société civile) : il n’a pas à se prononcer sur ce qui est des convictions et de la foi personnelles, aussi longtemps que celles-ci ne menacent pas l’ordre public.

Les institutions sociales, – en tant qu’institutions (organisations) étant quelque part entre le privé et le public, souvent aussi subventionnées par ce dernier -, doivent se situer entre les deux : dans quelle mesure se comprennent-elles communauté (de valeurs), donc affichant des convictions d’ordre privé, dans quelle mesure institution publique, donc laïque ? En plus, en tant qu’institutions laïques, de quelle laïcité se réclament-elles, exclusive, – excluant toute activité religieuse en son sein -, ou inclusive, – garantissant en son sein l’expression de la liberté religieuse à chacun, chacune ?

En schématisant, nous pouvons finalement définir quatre types d’institutions sociales :

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Spiritualité et spiritualités : étymologie et histoire (Lucy Tinsley)

L’étude la plus complète sur l’histoire et la sémantique des mots « spiritualité » et « spirituel » dans la langue française jusque dans les années cinquante a été menée par Sœur Lucy Tinsley :

Lucy Tinsley ; The French Expressions for Spirituality and Devotion, A Semantic Study; The catholic University of America Press, Washington 1953

SPIRITUALITAS and ASCETAE … are striking examples of words not found in the Vulgate, but which did develop in the early Christian centuries and then practically disappear even in Latin, having in consequence no place in early Old French. (p. 10)

SPIRITUALITAS (formed on the adjective SPIRITUALIS) was the product of Ecclesiastical Latin, and while always very rare, probably never became entirely obsolete. (p. 11)

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Spiritualité et spiritualités : de la religion partout au religieux partout – le spirituel

Dans la ligne du passage de la religion vers la spiritualité, de la certitude vers l’incertitude, de l’institutionnel qui définit un cadre et qui donne des repères vers l’individuel en recherche, de ce qui est donné vers ce qui est à trouver, nous pouvons distinguer deux ensembles de réalités. Le premier rassemble des entités plus traditionnelles et religieuses, le second des entités plus « actuelles », modernes ou post-modernes ; ces deux ensembles sont en tension mutuelle, se questionnent et s’interpellent, se contestent et se répondent, se combattent et se nourrissent. A la suite de Paul Tillich on pourrait les appeler le « principe catholique » et le « principe protestant »[1], ce qui est donné et ce qui questionne le donné. Danièle Hervieu-Léger parle de « la religion partout » et du « religieux partout » :

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Les Hautes Écoles Sociales et la spiritualité

Apprendre à parler de Dieu ou apprendre à ne pas parler de Dieu, c’est la question.

La désinstitutionnalisation générale et la sécularisation ont aussi touché les institutions sociales. Là où autrefois une conception familiale, c’est-à-dire communautaire englobant le religieux, prédominait, nous avons aujourd’hui de plus en plus des institutions fondées sur une base « humaniste », voire « laïque »[1]. Les individus sont devenus les principaux porteurs de spiritualité. La spiritualité d’un groupe de vie en institution, « l’esprit » ou « l’âme » du groupe, sa dimension communautaire aussi, ne sont plus définis institutionnellement et donnés d’en haut, mais se construisent sur et par les groupes de vie en fonction des sensibilités et des croyances des personnes. La spiritualité en institution est donc de plus en plus une affaire de personnes, et par là, devient un aspect qui devrait avoir sa place dans l’enseignement des éducateurs et des travailleurs sociaux. Tout en appartenant au privé, pour l’éducateur ou l’accompagnant, dans son travail, la spiritualité fait partie du public[2], là où, pour le résident, elle est du privé[3] ; en tant que professionnel, mieux vaut l’assumer et se confronter à elle consciemment.

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