Toujours dans la suite « Communiquer avec le handicap » – Jusqu’au bout

« Le code est dans l’angle », disais -je.

Allons jusqu’au bout, disons, contre toute attente probablement : la bible est scientifique ; dans ses parties les plus significatives elle observe, elle décrit, elle réfléchit et elle témoigne, dans son langage et dans son temps. Ce n’est pas de la biologie, ni de l’astronomie, peut-être même pas de l’histoire ou de la sociologie, en tout cas pas dans le sens moderne de ces termes. Mais de la science de la vie telle qu’est la vie, la vie des humains et des autres êtres.

Au-delà, face à l’essence, face à l’au-delà, donc la métaphysique, elle reste pudique. Elle se méfie de l’ésotérisme, elle lui oppose une théologie qu’on appelle traditionnellement « négative », la seule qui est positive, scientifiquement « vérifiable » (ou, pour rester poperien, pas « falsifiable ») :

Si vous voulez voir l’essentiel, voici la croix, et le creux d’un tombeau vide.

Ni plus, ni moins.

Mais cela, je sais, vous n’aimez pas le voir, ni penser le reste à partir de là ; c’est tout notre problème.

Donc, pour la bible, « l’essentiel », ce qui est au-delà de la science, appartient à la foi.

Ce qui se voit dérange, un savoir qui dérange, et ce qui range, et pourrait arranger, l’ultime, la connaissance, ne se voit pas.

Rien à voir qui plaît, pas de « spectacle » plaisant, juste le regard sur la vie telle qu’elle est.

Serait-ce la raison plus profonde du vide dans les Églises dont les membres ne sont invités qu’à observer, à décrire, à réfléchir (par eux-mêmes) et à témoigner, sans spectacle ? Même plus de miracle. Ou tout, ou presque, en tout cas l’essentiel ?

Philosophie et théologie seules devant ce qui parle : en situation de …

Armin Kressmann 2011

 

Une spiritualité bonne et bienveillante – Quelques critères

Suite à mes recherches sur la spiritualité dans les institutions sociales, puis le colloque sur la spiritualité à Kappel je propose quelques critères pour distinguer ce qu’on peut qualifier de spiritualité bonne et bienveillante, sans aucun jugement du contenu que celle-ci défend.

Une spiritualité bonne et bienveillante

-          rappelle la dignité humaine, l’être humain en tant que personne unique, et cela d’une manière inconditionnelle, au-delà de tous les problèmes « que la personne pose ou qui se posent avec cette personne »

-          se centre avec empathie sur et se soucie de l’être humain dans toute sa vulnérabilité

-          mais compte aussi sur les ressources intérieures de la personne et sur ses capacités propres, cherche sa guérison et le dépassement des ses souffrances

-          libère donc l’individu et cherche son bien

-          est sensible à la souffrance, à la mort, au deuil, au mal et aux injustices, aux scandales que ceux-ci représentent ; elle les dénonce

-          ne lâche jamais l’espérance, cherche et défend fondamentalement une perspective de vie, se tourne donc vers une réalité ultime et le sens de la vie ; elle les nomme

-          elle dépasse la culpabilité, même quand faute il y a ; elle assume sa faute là où elle-même se rend coupable

-          s’inscrit dans une communauté avec une histoire de vie et des personnes de références

-          cherche un positionnement, une attitude

  • d’honnêteté et d’humilité
  • de confiance
  • de fidélité et de suivance raisonnables
  • de liberté d’esprit
  • de joie et d’espérance face aux incertitudes de la vie

-          est ouverte aux autres spiritualités et respectueuse à leur égard ; elle cherche le dialogue, sans estomper les différences

-          ne se réduit pas à l’inexplicable, le sentimental et l’irrationnel ; elle prend au sérieux l’entendement, la raison, la compréhension, la sagesse et cherche le dialogue avec la philosophie et la science ; elle accompagne les autres réalités sans se confondre avec elles

-          connaît ses limites, ne se confond pas avec l’absolu et sait prendre avec humour du recul par rapport à elle-même ; elle ne se substitue pas aux autres sphères, le politique, le juridique, l’économique, le scientifique, etc., mais se permet à les interpeller quand cela lui semble nécessaire et éthiquement indispensable

Armin Kressmann 2011


Miracle vérité ou miracle liberté ?

La réflexion sur les miracles que je mène ces temps-ci en dialogue avec le petit livre « Wunder und Glaube » de Walter Schmithals nous met devant une question chaude, actuellement, comme dans le passé déjà, celle de la primauté : de la vérité sur la liberté ou de la liberté sur la vérité ?

Après une courte période marquée par le dialogue entre cultures, religions et confessions, où le goût de la liberté et la liberté elle-même me semble-t-il avaient pris l’avantage sur la vérité, le temps, notre temps, passe de nouveau à l’affrontement et penche vers la vérité, vérité contre vérité, vérité et contre-vérité.

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Le miracle : éthique, esthétique … et religion ; « Wunder und Glaube », Walter Schmithals

Éthique et esthétique, disais-je, avec Wittgenstein, à la fin de  mon dernier article sur les miracles, dans ma lecture du petit livre « Wunder und Glaube » de Walter Schmithals, comme pistes pour répondre à la question de la compréhension du sens des miracles dans notre système de pensée scientifique moderne. Éthique et esthétique comme réalités transcendantales, d’une autre sphère que le scientifique, de la sphère spirituelle. Éthique et esthétique comme possibilité de rendre manifeste, donc sensuelle, visible, tangible, audible, la spiritualité, – l’e(E)sprit ou l’(e)Esprit -, autrement inaccessible en soi, notamment par la raison, donc les sciences. S’ajoute le religieux, ou plutôt l’e(E)sprit ou l(e)Esprit du religieux, – donc Dieu, et non pas dieu.

Comment cela ?

Et comment sont articulés (art, rite, art-iculation) les trois, l’éthique, l’esthétique et le religieux ainsi compris ?

Par ce que dit le miracle !

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