Significations du handicap mental 10 – La forme

Significations du handicap mental : 10 La forme

Pour moi, le fond et la forme d’un travail comme celui-ci sont étroitement liés :

  1. par le cercle herméneutique entre terrain et ré-flexion
  2. et, à l’intérieur de la réflexion, par ce qu’on peut appeler le tiers,
    1. le choix des références
    2. et la structure de l’approche.

En principe, pour juger l’ensemble de mon travail, il serait nécessaire de prendre aussi et surtout en considération mon travail comme aumônier d’une grande institution sociale, où, avec les moyens limités qui sont les nôtres, l’aumônerie essaie d’être un lien entre les différentes sphères (hôpital, soins, médecine ; école, enseignement, éducation ; hébergement, accompagnement, éducation, soins ; intendance, services techniques, administration, etc.) et les différents niveaux institutionnels (patients, élèves, résidents ; accompagnants, soignants, thérapeutes ; services et départements ; directions et direction général ; fondation ; réseau des institutions sociales et État), d’habiter ce lien, lui donner corps, et de lui donner du et des sens, fonction par excellence spirituelle (« paracletique, pneumatologique »).

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Significations du handicap mental 9 – Et il s’agit d’une méthodo-logie

Significations du handicap mental : 9 Et il s’agit d’une « méthodo-logie »

La matière que je travaille, le handicap mental, n’est pas seulement marginale et marginalisée, mais, étant à la marge et renvoyant au-delà de la marge, beaucoup plus étendue que ce qui est considéré comme central. Etant périphérie elle englobe l’ensemble, le contient donc. Nous touchons ici à un point fondamental : l’exception n’est pas le handicap (mental), mais ce que nous appelons la normalité. La normalité fait partie d’un univers infiniment plus large qu’est celui des exceptions. La normalité est la plus petite des poupées à l’intérieur d’une babouchka, d’un ensemble de poupées russes dont nous ne savons pas laquelle est la plus grande, la folie ou le génie. La normalité est une réduction, parler de normalité du réductionnisme ; toute science est réductionnisme, la théologie, touchant la question de Dieu, tout particulièrement. Travailler par blog Internet est une manière de reconnaître ceci. Je dis, hic et nunc, ce qui est à dire, je ne dis rien, et en ne rien disant, je dis tout, tout ce qui est à dire.

En conséquence, ma méthodologie n’est pas uniforme et rectiligne, mais un composite de méthodologies diverses, autant scientifiques expérimentales que phénoménologiques, une réflexion plus ou moins libre et originale qui veut répondre à d’autres critères formelles :

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Significations du handicap mental 7 – Il s’agit d’un blog, d’une « web-logique »

Significations du handicap mental : 7 Il s’agit d’un blog, d’un « web-log », d’une « web-logique »

Apprivoiser le phénomène handicap (mental) et le comprendre, – qui veut dire me découvrir dans la confrontation avec lui -, est flexion, tendre vers la personne handicapée, aller à sa rencontre, et ré-flexion, prendre du recul, non pas pour prendre l’autre avec soi, com-préhension, mais se retrouver soi-même devant soi-même, ap-préhension,« saisie au corps »[1] (« bangen », dans sa dimension du souci de soi-même et de l’autre quand il n’y pas prise directe de l’un sur l’autre, donc dans l’impuissance et une certaine angoisse ou crainte). La compréhension se joue au moment de la rencontre, l’appréhension au moment de la réflexion (et de la « pré » ou « anté-flexion », dans le préliminaire) ; ce n’est en conséquence pas dans la réflexion qu’il y a compréhension, mais lors de l’action (sur le seuil, le « limen », dans le rite, « rt- », l’articulation). Éthique, – dans le sens du faire, et non pas du devoir faire -, et compréhension deviennent corollaires, éventuellement identiques ; le pas scientifique est méta-éthique, hors compréhension de l’autre qu’est la personne rencontrée, n’a pour objet donc pas l’autre, mais le soi de celui qui réfléchit. Le travail scientifique en la matière est un travail sur soi-même, celui-ci toujours à comprendre, et, une fois compris, peut-être apte à être avec l’autre, dans son altérité, et apte à agir d’une manière adéquate, c’est-à-dire conforme aux besoins des acteurs impliqués dans la rencontre. Celui qui est à saisir et à comprendre est soi-même, afin qu’il puisse se prendre, entièrement com-prendre, – sans aliénation, mais con-scient de soi -, dans la (prochaine) rencontre.

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Significations du handicap mental 5 – Il s’agit quand même de « logique »

Significations du handicap mental : 5 Il s’agit quand même de « logique »

Le phénomène dont il s’agit est le handicap. Mon site Internet est par conséquent  une petite « handicapologique » et veut l’être dans un sens phénoménologique du terme :

c’est le handicap qui devrait nous parler et nous dire ce qu’il est.

Cependant, cette entreprise est contradictoire en soi, notamment pour le handicap mental qui ne parle pas dans les catégories logiques qui sont habituellement les nôtres. Continue reading

Significations du handicap mental 3 – Il s’agit de « connaissance »

Significations du handicap mental : 3 Il s’agit de « connaissance »

Ma méthodologie se veut recherche expérimentale telle esquissée par Jean-François Lyotard quand il parle du sujet qu’est le chercheur et de son positionnement tel que le conçoit Husserl :

« A partir des essences, deux orientations sont ouvertes : ou bien développer la science logique en mathesis universalis, c’est-à-dire constituer du côté de l’objet une science des sciences ; ou bien au contraire passer à l’analyse du sens pour le sujet des concepts logiques utilisés par cette science, du sens des relations qu’elle établit entre ces concepts, du sens des vérités qu’elle veut stabiliser, c’est-à-dire mettre en question la connaissance elle-même, non pas pour construire une ‘théorie’, mais pour fonder plus radicalement le savoir éidétique[1] radical. En prenant conscience que déjà dans la simple donation de l’objet, il y avait implicitement une corrélation du moi et de l’objet qui devait renvoyer à l’analyse du moi, Husserl choisit la seconde orientation. »[2]

Ce n’est pas l’essence qui m’intéresse, « das Sein », mais l’être dans le monde, « das Wesen », le fait d’exister, vivre et exister, trait qui donne « Gestalt » , cette « activité passive » ou « passivité active » que l’allemand nomme « wesen » et qui « gestaltet » la vie, donne vie à l’être, Continue reading