11.10 La condition humaine comme condition judéo-chrétienne

Significations du handicap mental : 11.10 La condition humaine comme condition judéo-chrétienne

La tradition judéo-chrétienne déduit la dignité humaine de l’imago dei, de la conviction que l’homme est image de Dieu, à reconnaître et à protéger en tant que telle. Source première est évidemment le récit de la création en Genèse 1,26s où Dieu (se) dit :

« Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. » (TOB)

Par rapport à ce verset la TOB note en bas de page :

« Les termes image et ressemblance définissent l’homme (l’homme et la femme comme le souligne le v. 27) » (traduction œcuménique de la bible, note r)

« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. » (Genèse 1,27)

Dans le Nouveau Testament l’affirmation de la Genèse est parfois lue au niveau anthropologique (1 Corinthiens 11,7), Continue reading

Spiritualité et religion, comment les distinguer (définitions) ?

Religion donne « Gestalt » à la spiritualité

Dans mon dernier article « Le handicap comme ‘Gestalt’ » j’ai affiné la vision de la spiritualité et sa place dans une conception bio-psycho-social de l’être humain. Cette démarche a laissé vacant cette quatrième dimension auparavant nommée « l’explicite spirituel ». Existe-t-elle et de quoi serait-elle faite ?

En radicalisant ma position, je postule que la quatrième dimension est la dimension religieuse de l’être humain, présente en tout être humain. Le bio-psycho-social devient en conséquence un bio-psycho-socio-religieux, englobé et tenu ensemble, enveloppé en quelque sorte, par le spirituel.

Comment cela ?

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Theissen et les miracles

« … Krankheit ist ja nicht nur ein physisches und oekonomisches Problem, sondern ein soziales. Man denke an die Angst vor Isolierung, vor dem Aufgegebenwerden, vor dem Zur-Last-Fallen. Hier versicherten die Wundergeschichten auch noch dem aussichtslos Erkrankten, dass man ihn nicht aufgeben werde … »

Gerd Theissen ; Urchristliche Wundergeschichten ; Gerd Mohn, Gütersloh 1974, p. 249

« Origenes hat … die soziale Funktion des Wunderglaubens klar herausgestellt : Er dient der Durchsetzung und Legitimation siner neuen Lebensform. …

Wunderglaube wird von den unteren Schichten getragen.

Urchristliche Wundergeschichten sind kollektive symbolische Handlungen unterer Schichten, in denen traditionnell legitimierte Lebensformen verlassen werden.

(Der urchristliche Wunderglaube) drang in höhere Schichten und wurde gemeinsames Gut verschiedener soziokultureller Gruppen. » (p. 256)

« Ihr existentieller Sinn lässt sich so beschreiben : Urchristliche Wundergeschichten sind symbolische Handlungen, in denen durch Berufung auf eine Offenbarung des Heiligen die konkrete Negativität menschlichen Daseins überwunden wird. Sie überschreiten in ihrem Vollzug die Grenzen des menschlich Möglichen. Sie berufen sich für diese Grenzüberschreitung auf den « Heiligen Gottes », der die Dämonen austreibt, das Brot vermehrt, übers Wasser geht und Tote erweckt. Der historische Wundercharismatiker Jesus erscheint in symbolischer Steigerung als göttlicher Wundertäter. » (p. 295)

« Urchristliche Wundergeschichten zeugen von einer Offenbarung des Heiligen, von seiner Macht, das normale Weltgeschehen zu durchbrechen – von nichts anderem. » (p. 287)

L’assistance au suicide et l’éthique de la responsabilité

Fonder la morale sur la nature, refaire le lien entre la rationalité et la nature des choses, décrire la nature de sorte que les fins apparaissent, déduire le « devoir » de « l’être », fonder les prescriptions dans une philosophie de la nature[1] (l’ontologie, la science de l’être) – projet abandonné depuis David Hume -, c’est ce que Hans Jonas a tenté de refaire, afin de trouver des normes qui cadrent et régulent les sciences et la technique, car, devant les pouvoirs et les enjeux de celles-ci, il s’agit désormais de la survie de l’humanité. Dans la technologie moderne, nous ne pouvons plus estimer les conséquences de notre action, nous avons une responsabilité face aux générations à venir. Ce n’est pas parce qu’un risque n’est pas avéré qu’il ne faut pas prendre des mesures pour l’éviter : le principe de précaution est né[2]. Hans Jonas opte radicalement pour la vie, une éthique de responsabilité pour la vie. Ainsi il met en avant une « éthique de responsabilité » face à ceux qui défendent une pure « éthique de conviction », distinction faite depuis Max Weber (« Verantwortungsethik » versus « Gesinnungsethik » [3]). En défendant d’un côté la vie et en se souciant de l’autre côté des conséquences de notre action et par là de l’avenir de l’humanité, H. Jonas est fidèle à l’une et à l’autre, selon la position tenue par M. Weber, qui dit :

« L’éthique de la conviction et l’éthique de la responsabilité ne sont pas contradictoires, mais elles se complètent l’une l’autre et constituent ensemble l’homme authentique … »[4].

Comme impératif nouveau adapté au nouveau type de l’agir humain, il dit :

« Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre »[5] ou « Inclus dans ton choix actuel l’intégrité future de l’homme comme objet secondaire de ton vouloir. »[6]

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Réalisation de soi, besoins spirituels et transcendance

Vers la fin de sa vie, Maslow a élargit son modèle de la pyramide des besoins. Tout en haut, à la place du besoin d’actualisation ou de réalisation de soi, figure maintenant la « transcendance » qui peut prendre des formes diverses, dont celle du sacré, divin, finalement de « dieu »,  même si ce n’est qu’un dieu minuscule, toujours humain, ou « métahumain » comme il dit, donc une transcendance plus immanente que réellement transcendante (on y trouve quelque part déjà une sorte de spiritualité laïque telle qu’elle est défendue par quelqu’un comme André Comte-Sponville) :

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