Les miracles – définition, hypothèses de travail

Constats, axiomes préalables :

-          Une personne polyhandicapée ne pourra jamais marcher comme moi.

-          Ce qui se passe est plus radical.

-          C’est la raison fondamentale de la croix.

-          Jésus et ses contemporains n’étaient pas dupes.

Hypothèses de travail – hypothèses de vie :

-          Un miracle est un événement extra-ordinaire.

-          Mais les miracles ne sont pas des événements supranaturels.

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Le handicap mental : entre autonomie et bienfaisance

Ma critique du libéralisme et du principe d’autonomie tels qu’ils sont vécus en politique, dans le social et dans la santé va assez loin. Mais ce n’est pas pour les démolir, au contraire, mais pour les renouveler.

Ce renouvellement, comment s’y prendre ?

Le principe d’autonomie pour tous ne peut être préservé qu’avec bienfaisance, bienfaisance libérale à travers des « représentants » ou des « avocats » qui ne se substituent pas à l’autre, mais qui s’investissent pour que l’autonomie de l’autre soit promue. Le principe d’autonomie et le principe de bienfaisance, pour être pleinement effectifs et profitables à tous, ont besoin l’un de l’autre ; ils se stimulent, s’éclaircissent et se régulent l’un l’autre. Pris chacun seul pour soi, ils ont les deux tendance à devenir absolus et totalitaires.

Philosophiquement, qu’est-ce que cela veut dire ?

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Spiritualité en milieu hospitalier : critique

-         La « détresse spirituelle », est-ce une « pathologie spirituelle » ou une réaction « normale » face à une « pathologie physique, psychique ou sociale » ? C’est-à-dire, n’est-ce pas une sorte de « fièvre spirituelle », un symptôme « sain » d’une pathologie physique ou psychique[1] qui s’exprimerait au niveau spirituel ? Quel est le lien avec le psychosomatique et à quel moment la détresse serait à qualifier comme pathologique ?

Ces questions ont une certaine importance dans l’univers du handicap, du fait que celui-ci est toujours et encore, à juste titre ou non, rapproché à celui de la maladie et de la « folie » ; elles pourraient nous mettre sur des pistes pour sonder les « bonnes raisons », les logiques qui guident des personnes en situation de handicap, notamment mental, dans des attitudes et des actions qui pour les « normaux » et « bien-portants » manquent de logique. Et il se pourrait même que des réactions dites normales soient anormales, voire pathologiques, dans une situation de handicap donnée et que ce qui est considéré comme anormal soit plus normal et plus sain que le normal ; en conséquence, une réaction ou une attitude soi-disant « normale », mais inappropriée, de la part de l’entourage, professionnel ou non, pourrait s’avérer abusive et à la limite maltraitante.

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Spiritualité et spiritualités : « spiritualités de transition »

J’appelle « spiritualités de transition »[1] celles qui, tout en respectant comme la catégorie précédente l’altérité absolue de l’autre, travaillent à la frontière. On pourrait dire que c’est là qu’elles prennent leur point de départ, c’est la limite qui les intéresse en tant que telle. Elles se positionnent sur la marge et se posent la question de ce qui se passe là. Autrui, tout en restant autre, est un moi, moi-même un autrui, pour paraphraser Paul Ricoeur[2]. Immanence et transcendance s’imbriquent sans se confondre, et c’est cette imbrication[3] qui est au centre de la réflexion.

Dans l’accompagnement de résidents, c’est le tiers qui entre en jeu. C’est devant lui qu’on se retrouve, moi-même avec autrui, l’autre avec moi-même. C’est à lui, le tiers, qu’ensemble on se réfère, c’est en lui qu’ensemble on se reconnaît. L’institution devient image, icône, représentation de ce tiers ; elle a tout son sens aussi longtemps qu’elle le reste, le perd par contre au moment où elle se confond avec lui, quand elle n’est plus rappel du tiers, mais se présente elle-même comme sens et finalité.

C’est donc un espace qui s’ouvre, dans lequel une dynamique à trois devient possible. L’image de la Trinité nous rappelle cette dynamique à trois à l’intérieur de l’unité.

Armin Kressmann, Rapport « La spiritualité et les institutions », CEDIS 2008


[1] J’y mets des penseurs comme Theodor Adorno, Paul Tillich, Emmanuel Lévinas et Paul Ricoeur.

[2] « Soi-même comme un autre »

[3] Je rappelle l’articulation de la racine indo-européenne « -rt- », – art, rite, articulation -, et son lien avec la spiritualité évoqués au chapitre précédant.

« Spiritualité et spiritualités  15 : « spiritualités de rupture »

Spiritualité et spiritualités 17 : « spiritualités ludiques » »

Spiritualté et spiritualités : l’objet de la spiritualité

Voici quelques réponses données à la question « qu’est-ce que c’est, pour vous, la ‘spiritualité’ ? », glanées à gauche et à droite :

« Ce qui permet le bien-être total, intérieur et qui mène à la vie en plénitude. » (Françoise)

« Ce qui aide à lire la bible et nourrit l’intériorité. » (Henri)

« C’est une des dimensions de l’être humain, la dimension de l’être intérieur qui aspire à trouver des réponses aux questions du sens de la vie. » (Anne)

« La fenêtre ouverte à Dieu. Ce qui fait de moi le temple de Dieu. » (Erika)

« C’est trouver un sens, donner un souffle à ma vie tout entière, c’est affronter les questions existentielles philosophiques qui habitent mon existence. C’est aussi ce besoin de me recentrer, de réfléchir, méditer ce que je suis avec mon entourage. » (Francis)

« Se sortir du traintrain quotidien pour voir qu’il y a encore autre chose que le traintrain quotidien ; la religion, mais pas seulement la religion. C’est la curiosité, chercher autre chose. » (Jacques)

« La confrontation de chacun avec ses questions de sens et, partout, le vécu que la personne donne à cette confrontation. » (Christian)

« C’est la réflexion, l’action structurée … , la concentration ou le relâchement de nos esprits occupés pour se retrouver, oriente notre esprit et notre personne vers Dieu. C’est une suite d’instants qui sont autant de piliers de vie. » (Guy)

Quand on parle de « spiritualité » apparaissent des réalités qui déploient l’espace et le temps, qui vont de l’intériorité personnelle à ce qui dépasse tout (« Dieu ») et cela dans la perspective d’un cheminement qui mène de la particularité de l’individu à l’universalité et à la plénitude.

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