Handicap mental – Apprendre une autre langue pour communiquer avec lui

Si nous n’arrivons pas à suspendre tout ce que nous croyons savoir sur le handicap mental dans ses formes multiples, nous n’y comprendrons jamais rien.

Nous devrions faire de sorte qu’il nous parle, lui, qu’il nous dise ce qu’il a à dire, qu’il se révèle à nous. Nous devrions d’abord apprendre ses codes et ses langages, avant de lui attribuer des significations usuelles qui sont les nôtres, – folie, troubles de comportement, décompensation, agressivité, déficit, invalidité, etc. Nous devrions apprendre à le comprendre dans ses langues diverses, puis l’écouter.

Nous n’y sommes pas encore et nous n’y serons jamais si nous le considérons comme pathologies et déficiences par rapport à quelque chose dont nous croyons être, – nous, les « normaux » -, en possession, l’intelligence par exemple. Ne confondons pas toujours handicap et maladie. C’est le regard qui handicape, le nôtre, qui met en situation de handicap.

Le même piège nous est d’ailleurs tendu face à ce que nous appelons démences de la vieillesse ; un jour peut-être nous souhaiterions aussi que quelqu’un nous prenne tel que nous sommes et nous comprenne dans notre univers, nos pensées et notre langage.

Armin Kressmann 2011

Théologie négative – Définition

« Welchen Sinn hat es, von Gott zu reden ? » (Rudolf Bultmann)

« Welchen Sinn hat es, von Gott zu reden, den nie jemand gesehen hat, und der sich mitteilt in einer Weise, die jedes Nicht-Sehen nicht aufhebt, sondern als Raum qualifiziert, in dem seine Mitteilung vernommen und empfangen werden kann ?

… negative Theologie hat das Ziel, zur Wahrnehmung der Verantwortung und Rechenschaft des Glaubens in einer der konkreten Offenbarung und Mitteilung Gottes angemessenen Weise von Gott zu sprechen, der in seiner Offenbarung verborgen bleibt, und sich dem Menschen im Glauben zu erfahren und zu erkennen gibt.

Negative Theologie in diesem Sinne ist also nicht etwa Schweigen, sondern Rede von Gott auf der Grundlage seiner Offenbarung und Mitteilung und unter dem Gesichtspunkt der Verborgenheit Gottes in  seiner Offenbarung und Mitteilung. »

Je traduis :

« Quel sens de parler de Dieu ? » (Rudolf Bultmann)

« Quel sens a-t-il de parler de Dieu que personne n’a jamais vu et qui se communique d’une manière telle, que l’impossibilité de le voir n’est pas annulée, mais qualifiée comme espace, dans lequel sa communication peut être entendue et reçue ?

… la théologie négative a comme but de parler de Dieu en une manière qui est adéquate à sa révélation concrète et à sa propre communication, afin que soient respectées la responsabilité et la justification de la foi ; de parler de Dieu qui lui reste caché dans sa révélation, mais se fait percevoir et reconnaître par l’homme dans la foi.

En ce sens la théologie négative n’est pas silence, mais parler de Dieu sur la base de sa révélation et de sa communication sous l’angle de vue du fait que Dieu est caché dans sa révélation et dans sa communication. »

Ralf Stolina ; Niemand hat Gott je gesehen, Traktat über negative Theologie ; de Gruyter, Berlin 2000, p. 3ss

Theissen et les miracles

« … Krankheit ist ja nicht nur ein physisches und oekonomisches Problem, sondern ein soziales. Man denke an die Angst vor Isolierung, vor dem Aufgegebenwerden, vor dem Zur-Last-Fallen. Hier versicherten die Wundergeschichten auch noch dem aussichtslos Erkrankten, dass man ihn nicht aufgeben werde … »

Gerd Theissen ; Urchristliche Wundergeschichten ; Gerd Mohn, Gütersloh 1974, p. 249

« Origenes hat … die soziale Funktion des Wunderglaubens klar herausgestellt : Er dient der Durchsetzung und Legitimation siner neuen Lebensform. …

Wunderglaube wird von den unteren Schichten getragen.

Urchristliche Wundergeschichten sind kollektive symbolische Handlungen unterer Schichten, in denen traditionnell legitimierte Lebensformen verlassen werden.

(Der urchristliche Wunderglaube) drang in höhere Schichten und wurde gemeinsames Gut verschiedener soziokultureller Gruppen. » (p. 256)

« Ihr existentieller Sinn lässt sich so beschreiben : Urchristliche Wundergeschichten sind symbolische Handlungen, in denen durch Berufung auf eine Offenbarung des Heiligen die konkrete Negativität menschlichen Daseins überwunden wird. Sie überschreiten in ihrem Vollzug die Grenzen des menschlich Möglichen. Sie berufen sich für diese Grenzüberschreitung auf den « Heiligen Gottes », der die Dämonen austreibt, das Brot vermehrt, übers Wasser geht und Tote erweckt. Der historische Wundercharismatiker Jesus erscheint in symbolischer Steigerung als göttlicher Wundertäter. » (p. 295)

« Urchristliche Wundergeschichten zeugen von einer Offenbarung des Heiligen, von seiner Macht, das normale Weltgeschehen zu durchbrechen – von nichts anderem. » (p. 287)

Miracles – Définitions

Voici quelques définitions de ce qu’est « miracle » pour différents auteurs :

« … Something amazing, unusual phenomena, deeds of power, signs, inexistent, extraordinary visions in the natural cours » (P.-H. Menoud ; Die Bedeutung des Wunders nach dem Neuen Testament)

… a direct and extraordinary intervention of divine power in the world of human beings … extraordinaty incidents such as miraculous healings, special historical events or unusual occurences of natural forces. (K. Gatzweiler ; Der paulinische Wunderbegriff)

… every divine action can be called a miracle … the border between miarcle and non-miracle in ancient times is not determined/defined, human beeings decide on the defintion (O. Weinreich ; Antike Heilungswunder)

… impressive occasions understood by the faithful as signs of God’s salvfic action (Heilshandeln) (A. Weiser ; Was die Bibel Wunder nennt)

… a miracle is a marvelous occurrence taking place in human experience which could not have been exercised by human powers or by the power of any narural agency. It is an event that must be attributed to divine intervention. It is usually thought of as en act which demonstrates divine control over the laws of nature. (R.L. Hambin ; Miracles in the Book of Acts) »

Tous cités par Beate Kowalski ; Eschatological Signs and Their Function in the Revelation of John ; in : M. Labahn (éd.) ; Wonders Never Cease , T&T Clark, London 2006 ; p.200

Beate Kowalski elle-même donne à la fin de son article la définition suivante (p. 216) :

« At the end of our analysis we can define the meaning of eschatological signs in Revelation. They are signs, good or bad, coming from God or his opponents, that occur within a dramatic time or crisis of faith. They are revealed to the believers or their opponents and bring about the last events. They wont to give hope and courage to those who suffer in the crisis. One can recognize God’s action in them, reflect on his protection and care for the faithful Christians, but alos on his accusation and revenge towards the unbelievers. The characters reprensting the Roman Emperor Cult who produce signs are destroyed at the end, but the effect of God’s signs last. »

Gerd Theissen ; Urchristliche Wundergeschichten

Nouveau livre de la foi ; La foi commune des chrétiens (« C’est la première fois depuis la Réforme que des théologiens protestants et catholiques, dont le nom fait autorité, réunissent leurs efforts pour présenter solidairement l’ensemble de la foi chrétienne … »)

Religion in Geschichte und Gegenwart

Et la vision de deux philosophes :

Ernst Bloch

Ludwig Wittgenstein

Spiritualité et spiritualités : « spiritualités croyantes »

Les « spiritualités croyantes »[1] reconnaissent un « au-delà », s’inscrivent dans une tradition et une culture[2], reçoivent quelque chose qui est donné et qui vient d’ailleurs. Elles pensent la spiritualité à partir d’une histoire, voire d’une « révélation »[3]. Si celles-ci sont rattachées à un absolu qu’on appelle ou qu’on peut appeler Dieu, ces spiritualités sont religieuses, et la pensée qui les pense s’appelle théologie. Autrui est un autre. La transcendance se manifeste dans l’immanence ; c’est elle, la transcendance, qui transcende la condition humaine.

Le principe d’accompagnement qui les guide est la bienfaisance, son fondement le paternalisme[4]. En matière morale et spirituelle, on fait comme les « pères » ont fait.

Armin Kressmann, Rapport « La spiritualité et les institutions », CEDIS 2008


[1] Avec des auteurs comme Hans Urs von Balthasar, Paul Tillich, Alasdair McIntyre ou Stanley Hauerwas, qui nous intéressent dans notre contexte.

[2] La laïcité a évidemment aussi une histoire et fait partie d’une culture ; mais pour la pensée autonome, en principe, on peut en faire abstraction et faire comme si on partait à zéro. Dans ce sens, ce type de spiritualité qui mise sur l’autonomie quasi absolue du sujet pensant est quasiment anhistorique.

[3] En écho à la note précédente, je dirais que toute spiritualité a une dimension de foi, mais sans tout de suite parler de foi en Dieu. Quelque part spiritualité n’est jamais « raisonnable ».

[4] Sans jugement de valeur ! Ne pensons qu’au paternalisme médical remontant au Sermon d’Hippocrate.

« Spiritualité et spiritualités  12 : « spiritualités laïques »

Spiritualité et spiritualités 14 : « principlisme » – bioéthique »