J’ai proposé le concept du jeu comme mode de communication fondamental, notamment avec des personnes mentalement handicapées.
Cela pour plusieurs raisons :
- La réalité de l’autre en tant que telle et comme il la conçoit nous échappera toujours
- La distinction entre ce qui est « sérieux » et ce qui est « jeu » est en conséquence discutable
- Le jeu permet la mise en égalité de joueurs a priori inégaux (par le « handicap ») ; le jeu est liberté (Huizinga)
- Dans un espace régulé par les règles du jeu
- Celles-ci élaborées par les joueurs lors du jeu
- À l’intérieur d’un autre espace, l’institution qu’on pourrait aussi concevoir comme espace de jeu, qui permet (devrait permettre), favorise et soutient cette élaboration
- Donc une succession d’espaces (institutionnels) conçus comme espaces de jeu, espaces intermédiaires, « entre », là où se retrouve la personne handicapée régulièrement
- Une succession qui, ce serait à étudier, pourrait permettre à cheminer ensemble « hors handicap », en handicapant, si besoin était, la « personne non-handicapée » (cf. Le « handicap » – le terme, son histoire et soin origine)
Reste à discuter la conception du jeu comme réalité ou de la réalité comme jeu, le côté ludique ou sérieux de la réalité. Les auteurs, me semble-t-il, ont des avis divergents.
Commençons avec le « classique », Johan Huizinga, et son livre « Homo ludens », « Essai sur la fonction social du jeu » (Gallimard, 1951) :