Spiritualité et condition humaine

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Ce site, en quelques mots : une définition simple, mais abstraite (soumise à la discussion), de ce que sont « spiritualité », « handicap », « condition humaine », « art », « éthique » et « religion » :

Spiritualité est ce qui dépasse et englobe. Spiritualité est donc méta : méta immanent et méta transcendant. Ou : spiritualité est relation, perçoit et conçoit ce qui est « entre ».

Ainsi, spiritualité est communication ; communication d’esprit, donc d’être, essentiellement par l’art, l’éthique et la religion. Spiritualité transcende.

Quel rapport ai-je à mon corps (bio), à moi-même (psycho) et  à l’autre (socio et environnemental) et quelles sont les relations ou les corrélations entre ces données ? (1er ordre)

Et comment est-ce que je conçois et je vis ces rapports et corrélations, quelle est la relation que j’entretiens avec les rapports à mon corps, à moi-même, à autrui, au monde et à ce qui est entre eux ? (2nd ordre)

Dans le handicap, en situation de handicap, il y a obstacle dans ces relations. Handicap est donc condition humaine.

L’art illustre ces relations, l’éthique (ou la morale) leur donne une finalité, les ordonne et les subordonne, comme la religion, qui, elle, les personnalise et nomme un ultime.

Armin Kressmann 2012

Face à la mort : « ReSpirE – Religion, Spiritualité, Ethique »

« Le sens du monde réside hors monde. »

« Je sais que le monde existe. Que je m’y trouve comme mon œil dans mon champ visuel. Qu’il y a quelque chose de problématique, ce que nous appelons son sens. Que ce sens ne réside pas en lui, mais en dehors de lui. Que la vie est le monde. » (Ludwig Wittgenstein)

Enjeux et questionnements

La question de la mort et de la vie après la mort est d’abord philosophique et, en l’occurrence devant le handicap mental profond, pédagogique, ensuite religieuse :

Dans nos relations, reconnaissons-nous une référence commune, un tiers commun autre que la loi (c’est-à-dire tout ce qui est institutionnel dans le sens large du terme) ? Et si oui, qui est-il ?

Avec la mort, la question de l’ultime, du premier et du dernier fait irruption.

« ReSpirE » : la spiritualité pose la question, la religion y répond concrètement (elle nomme l’ultime, rend visible l’invisible, accessible l’inaccessible) et l’éthique en tire les conséquences pratiques.

  • Quel est le sens de la vie ? Et de quoi découle-t-il ? Quel est le souci ultime et comment se concrétise-t-il ? Quel est le sens de la mort ?
  • Qui est au centre des funérailles ? Le défunt ou les survivants ? La mort ou la vie ?
  • Dans nos relations et devant les ruptures des relations, reconnaissons-nous une autre référence que toi et moi ? Y a-t-il un tiers dans nos histoires de vie ?
  • A qui attribuer le pouvoir absolu, le pouvoir sur la vie et sur la mort ?
  • Qui porte la responsabilité ultime ? Moi, toi, l’institution, l’État, la société, Dieu ?
  • Et qui porte la coulpe, la culpabilité objective ? Peut-il avoir pardon ?

Armin Kressmann 2011

« Je suis handicapé »

2ème article de la série On m’appelle handicapé

Je suis donc handicapé. Reprenons cette phrase ; qu’est-ce qu’elle veut dire ? Il y a le terme « handicapé », qui vient de l’anglais « handicap », – l’anglais n’utilise d’ailleurs plus ce terme, il parle de « disability », terme à l’origine français, c’est intéressant, cette inversion, n’est-ce pas ? -, « hand in the cap », la main dans le chapeau ou dans la casquette. Au départ, semble-t-il, c’était une sorte de jeu, lors d’un échange d’objets personnels, pour égaliser la différence de valeur. Egaliser les chances, faire de sorte que le jeu reste ouvert, comme au golf, que le plus faible ait la même chance de gagner que le plus fort, au fond, le terme « handicap » pourrait me convenir, d’autant plus que dans le sport c’est le plus fort qui est handicapé.

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« Ich und Du, und was dazwischen ist » – Moi et toi, je et tu, et ce qui est entre nous (avec Martin Buber)

« Das Zwischen », l’entre : structure fondamentale de l’éthique et de la communication (notamment, mais pas exclusivement, avec des personnes mentalement handicapées)

Autrui en tant que tel m’échappe toujours. Il se montre seulement dans la rencontre. Ce qui apparaît de l’autre dans celle-ci m’est accessible, et non pas lui-même. La structure fondamentale pour apprivoiser autrui est donc ce qui se passe entre lui et moi, dans la „Zwischenmenschlichkeit“ d’un Martin Buber, entre „Ich und Du“, „moi et toi“. Je ne peux découvrir autrui qu’en situation, dans l’entre-nous.

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