« Une conception structurale du polyhandicap en envisage nécessairement la genèse comme un processus structurant, c’est-à-dire un processus de mise en structure des déficiences primitives et des incapacités induites. Le degré de prégnance de ce processus structurant varie dans le temps : il s’agit d’un gradient structural diachronique, auquel répond une conception structurale diachronique du polyhandicap. Il caractérise en quelque sorte la puissance d’une organisation structurale à se mettre en place.
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La structure du handicap dans un modèle bio-psycho-social
L’interprétation des réactions de personnes mentalement handicapées est souvent difficile, presque impossible en situation extrême, autisme profond, psychose grave ou polyhandicap lourd. Les états physiques, psychiques, relationnels, cognitifs, voir spirituels sont tellement imbriqués les uns dans les autres que chaque manifestation prête à interprétations diverses. Continue reading
Comment parler d’éducation quand on accompagne des adultes ? ou « L’éducation des éducateurs »
Nous manquent les mots, en conséquence aussi les concepts, pour parler de « l’acte éducatif » dans l’accompagnement des personnes mentalement handicapées adultes. Comment peut-on parler d’éducation quand on accompagne des adultes ? Qui est à éduquer, à « conduire dehors », en une situation où celui qui est accompagné est ce qu’il est, trisomique, polyhandicapé, psychotique ou sourd-muet ? En général, toute tentative de vouloir le changer, d’accomplir un « miracle », est vouée à l’échec, pire, une attitude qui vise un tel résultat, souvent décrite comme approche « par objectifs », est contraproductive, voire maltraitante. Continue reading
« Handicapé – Monstre »
« C’est un handicapé ! »
Cet énoncé, que nous sommes tous tentés à utiliser, révèle la gêne qui prend celui qui, pour la première fois[1], est confronté à une personne visiblement handicapée, physiquement ou à travers ses réactions. Si ce qui nous frappe est fort et sort de nos habitudes, la gêne se renforce et peut devenir dégoût, panique, angoisse : « c’est monstrueux ! » Nous ne voyons plus la personne en face de nous, mais la déformation, un comportement, l’aspect qui nous impressionne ou nous frappe. Qui donc est handicapé, impuissant de réagir ? Qu’est-ce qui fait de l’autre un monstre ?
C’est ce qui se passe en nous-mêmes et le regard que nous portons sur cet autre qui, nous le savons aussi, est un même, un semblable. Ce qui nous choque, au fond, c’est notre propre réaction, et notre crainte de nous voir nous-même, autrement, en celui que nous voyons[2].
Sont-ils différents ?
« Maman, qu’est-ce qu’il a, le monsieur ? ».
La question bien connue posée par l’enfant à sa maman devant une personne handicapée suscite souvent une réponse qu’on pourrait aussi qualifier de classique :
« Ne regarde pas, il est différent. »
Sont-ils vraiment différents ? Et si oui, est-ce une différence quantitative ou qualitative, c’est-à-dire une différence de degré de caractéristiques communes à tous les êtres humains ou, les personnes gravement handicapées, polyhandicapées ou avec diagnostic multiple, autistes ou psychotiques, ont-elles des qualités et caractéristiques propres, supplémentaires ou absentes, qui font que leur humanité ou personnalité ne peut plus être reconnue dans ce qui est commun aux humains ?