Les « capabilités » selon Martha Nussbaum

Amartya Sen parle de « capabilité », l’ensemble des fonctionnements potentiellement accessibles à une personne, que ceux-ci soient réalisés ou non.

Martha Nussbaum à son tour, suite au travaux d’Amartya Sen, parle de « capabilités humaines » au pluriel,

« what people actually are able to do and to be, in a way informed by an intuitive idea of a life that is worthy of the dignity of the human being. I identify, dit-elle, a list of central human capabilities, arguing that all of them are implicit in th idea of a life worthy of human dignity. » (Frontiers of Justice ; Harvard University Press , Cambridge 2007, p. 70)

La théorie de justice de Martha Nussbaum, dans la ligne de Rawls et de Sen, accorde à chaque personne le droit à réaliser sa ou ses « capabilités ».

Ce qui est intéressant dans cette approche, – par rapport à une logique des besoins, Maslow, Rosenberg, etc., qui part d’un déficit à combler, donc une logique plutôt médicale et de soins parlant de vulnérabilité -, est le principe de potentialités, de capacités potentielles à réaliser. Nous sommes en conséquence davantage dans une logique sociale et éducative, plus proche de ce que veut atteindre la CIF, la Classification Internationale du Fonctionnement, de la Santé et du Handicap.

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« Handicap mental » – Définition

« L’appellation « handicap mental » est passée dans le vocabulaire associatif, puis législatif (France, AK), désignant des personnes qui présentent des difficultés d’apprentissage et, d’une façon plus générale, cognitifs, souvent d’origine génétique, par accident néo-natal ou péri natal. » (Claude Hamonet ; Les personnes handicapées ; puf, Paris 2006, p. 20)

Le terme « mental » comporte la racine indo-européenne men- qui « indique les mouvements de l’esprit » (Dictionnaire des racines des langues européennes ; Larousse, Paris 1949, p. 123)  et qui est à l’origine d’un grand nombre de mots dans plusieurs langues. En sanskrit manyate veut dire « il pense ».

En grec menô veut dire « désirer », menos, c’est « l’esprit » (à distinguer de pneuma), memnêmai, « se souvenir », mnêmê, « la mémoire » et mnêmeion « le monument ».

En latin mens est « la pensée et l’esprit«  (à distinguer de spiritus et animus), amens et demens « qui a perdu l’esprit » et monere « faire penser, avertir ».

En français, à part « mental » on trouve, entre autres, aussi « manie, mentir, commentaire, démence, monument, mémoire, montrer … et monstre ».

Le Code civil suisse, qui parle de « faibles d’esprit » reprend donc littéralement le terme d’amentes dont Descartes a parlé dans une de ces Méditations.

Du gotique man, « je pense », peut-être mennisc, « homme » (être pensant) dérivent en anglais mind, « esprit » et man, « homme », en allemand, meinen, « penser » et Mann et Mensch, le « mâle » et « l’homme », voire la Minne, l’amour.

Que la pensée fasse l’homme est donc profondément ancré dans notre pensée et, en conséquence, aussi le doute que les personnes touchées par le handicap mental soient humains. La langue française opte pour l’humanité, parce que tous nous sommes enracinés dans l’humus, indépendamment de notre pensée ou notre esprit. Pour elle, l’humanité nous précède, contre Descartes.

Armin Kressmann 2010

Miracle vérité ou miracle liberté ?

La réflexion sur les miracles que je mène ces temps-ci en dialogue avec le petit livre « Wunder und Glaube » de Walter Schmithals nous met devant une question chaude, actuellement, comme dans le passé déjà, celle de la primauté : de la vérité sur la liberté ou de la liberté sur la vérité ?

Après une courte période marquée par le dialogue entre cultures, religions et confessions, où le goût de la liberté et la liberté elle-même me semble-t-il avaient pris l’avantage sur la vérité, le temps, notre temps, passe de nouveau à l’affrontement et penche vers la vérité, vérité contre vérité, vérité et contre-vérité.

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Wittgenstein et la pensée religieuse

« Un penseur religieux honnête est comme un funambule. On dirait presque qu’il ne marche sur rien que l’air. Son appui est le plus mince qui soit. Et pourtant, il est vraiment possible de marcher dessus. »

Ludwig Wittgenstein, cité en : R. Monk ; Wittgenstein; Flammarion, 2009, p. 458

… et

« Si quelqu’un me dit qu’il s’est acheté le matériel pour être funambule, je ne suis pas impressionné avant d’avoir vu ce qu’il en fait. »

Quand on présente la corde, en l’occurrence la bible, je pense qu’on est dans le fondamentalisme.