Le triangle pédagogique selon Jean Houssaye

Selon C. Chauvin, « le kit de formation », Issy-les-Moulineaux 2001 ; J. Houssaye, « Le triangle pédagogique », Bern 1992

Axe 1 Processus « Apprendre »

Logique d’apprentissage où on favorise la relation entre l’apprenant et le savoir. Les outils visent à impliquer l’apprenant sur son propre processus d’apprentissage. L’apprenant est invité à « apprendre à apprendre » et à connaître son propre fonctionnement cognitif afin de pouvoir s’autoformer.

Axe 2 Processus « Enseigner »

Le formateur passe un message et un savoir.

Axe 3 Processus « Former »

Cet axe s’appuie sur la relation entre les parties comme source d’apprentissage. C’est le niveau de communication, l’analyse du transfert/contretransfert, l’effet Pygmalion: la perception que le formateur a de l’apprenant conditionne sa capacité à apprendre. Il correspond à l’ensemble des compétences de l’animateur en terme de savoir-être.

Dans une formation, les trois axes sont nécessaires, mais ils sont utilisés en
quantité différente et à des moments différents. Plutôt que s’opposer, ils doivent se compléter, sachant que le processus « Enseigner » et le processus « Former » sont des moyens pour permettre à l’apprenant d’accéder aux processus d’apprentissage et de gérer sa formation de manière autonome (« autoformation »).

Armin Kressmann 2002

Spiritualité et spiritualités : « spiritualités ludiques »

Si à la limite, – frontière, marge, « no man’s land », « terra nullius » qui n’est pas « land without any man »  -, espace il y a, comment l’habiter ?

Nous sommes enfin devant des spiritualités qui ne pensent ni la transcendance à partir de l’immanence, ni l’immanence à partir de la transcendance, ni d’abord ce qui se passe à la limite, sur la marge, au seuil des deux, mais qui veulent habiter l’espace qui s’ouvre entre elles quand elles entrent dans une dynamique d’échange et de négociation. Ce sont des spiritualités que j’appelle « spiritualités ludiques », – d’ordre pédagogique, artistique et/ou religieux.

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Pédagogie, éducation, catéchèse, santé – Bibliographie choisie

Baumann, Maurice ; Jésus à 15 ans ; Genève 1993

Bezzel, Chris ; Wittgenstein ; Reclam, Stuttgart 2007

Chauvin, C. ; Le kit de formation ; Issy-les Moulineaux 2001

Houssaye, Jean ; Le triangle pédagoigique ; lang, Bern 1992

Kressmann, Armin ; L’autonomie du patient – mythe ou réalité ; Manuscrit Lausanne 2004

Lévinas, Emmanuel ; Le temps et l’autre ; puf, Paris 1983

Maillard Romagnoli ; Nathalie ; Autonomie et vulnérabilité ; Thèse Université de Lausanne

Maslow, Abraham ; A Theory of Human Motivation ; Psychological Review, 50, 1943

Maslow, Abraham ; The farther reaches of human nature ;

Viking Press, New York 1971

Ouaknin, Marc-Alain ; Bibliothérapie ; Lire, c’est guérir ; sagesses, Seuil 1994

von Weizsäcker, Carl Friedrich ; Die Einheit der Natur ; München 1971

von Weizsäcker, Carl Friedrich et Schmahl, F.W. ; Moderne Physik und Grundfragen der Medizin ; Deutsches Ärzteblatt 97, 2000

 

Maurice Baumann, La catéchèse chrétienne à l’épreuve de la multiculturalité et de la pédagogie

Conférence donnée en 2002 dans le cadre des assises sur la catéchèse et la formation des adultes de l’EERV, Eglise protestante vaudoise (Suisse)

La catéchèse chrétienne à l’épreuve de la multiculturalité et de la pédagogie

« Connaissez-vous Mary Poppins ? » ou La pédagogie constructiviste

La pédagogie constructiviste s’appuie sur une philosophie constructiviste : la réalité (et notamment la réalité sociale) se construit

« Notre ‘monde’, notre ‘univers’ (« unsere Lebenswelt ») est un monde vécu, interprété et construit.

Le travail pédagogique suscite de telles constructions, reconstructions et déconstructions ; il soutient aussi l’apprentissage réflexif, de sorte que l’apprenant se rend compte de cette ‘constructivité’. »

Hans Tietgens, trad. de l’allemand

… autrement dit : l’observateur est dans le tableau (cf. Escher) ou la réalité dépend de l’observateur

Le monde (ou la réalité réelle) en tant que tel, – tel qu’il est en soi -, nous reste caché.

Ce n’est que par la perception et finalement par les sens qu’il peut être apprivoisé ; par conséquent, c’est ‘mon’ monde, le monde dans ‘mon’ interprétation et dans ‘ma’ lecture du monde.

En découle l’abandon du dualisme objectivité et subjectivité

Objectivité est intersubjectivité

En découle l’abandon du dualisme être et « apar-être »

En découle l’abandon du dualisme contenu et forme (… prédication et liturgie ! parole et sacrement !)

En découle l’abandon du dualisme essence et existence … Ex 3,14 ?

En découle un anthropocentrisme, voire un égocentrisme constitutif de l’existence humaine

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

« Je suis … »

Le pragmatisme : « Jouons avec les cartes que nous avons dans la main ! »

L’abandon de toute idéologie, voire de toute métaphysique …

Partir de la vie telle qu’elle se présente : « Faire avec … », sans s’y résilier

La vérité est ramenée à la vie ou l’importance de la dimension éthique :

Le « pragmatiste » ramène l’objectivité à la solidarité (fondée sur l’altérité de l’autre)

Ce qui compte, c’est ce qui est bon pour NOUS

Ce qui compte, c’est ce qui est viable ; « handlungsorientiert »

« kérygme » et source Q

« Education et formation envisagent une attutide responsable par rapport au monde, à la société, à soi-même. Elles comportent une réflexion sur sa propre construction de la réalité, une conscience de la relativité de sa propre position (‘Weltbid’), une ouverture à l’égard d’autres perspectives, une responsabilité pour sa propre pensée, un intérêt pour le monde … »

(Horst Siebert, trad. de l’allemand)

Le chemin est le but : un travail par processus

Travail par objectif (où ? espace et lieu : cap, chemin, cheminement, but, adresse et maladresse) ou par processus (quand ? temps et moment : moment propice, « kairos », événement, développement, mouvement, tempo, rythme, action, interaction, devenir) … et ce qui réunit les deux ? corps, voyage, danse, spectacle

… Genèse ! Différentiation

Avec une nouvelle compréhension du temps : ni mythique, ni métrique, mais « modale »

Elle s’occupe autant des personnes que des contenus

« Découvrir en Eglise les promesses du Dieu de Jésus-Christ et les exigences spirituelles et éthiques contenues dans les Ecritures,  de s’y confronter de manière à pouvoir en tout temps se les approprier comme repères pour sa vie. »

Le triangle pédagogique

Moi – Toi – Lui/Elle ou Sujet – Communauté – Contenu ou Père – Fils – Esprit

Une vision systémique des choses (pneumatologie !)

« Gestalten » : donner forme et lâcher prise (Gn 1 et 2 !)

Une communauté de recherche

Coopération :

« Coopération engendre communication »

Walter Herzog

Théologiquement, – sous l’angle d’une approche constructiviste -, je proposerais de relire et de réinterpréter la Genèse, Ex 3,14 (Je suis là ! »), les songes bibliques (Jacob ! son combat), le commandement d’amour, les « ego eimi », c.-à-d. les « Je suis .. » de Jésus et quelques autres textes bibliques. Au niveau systématique, je reprendrais « Barth et son altérité » et quelques théologiens nord-américains (Harvey Cox et d’autres).

Armin Kressmann 2004