Dans la pratique éducative, dans l’accompagnement et dans la formation des personnes accueillies en institution, même dans le religieux sont d’abord à relever sa dimension et sa fonction pédagogiques (ou éducatives) et philosophiques (ou théologiques), avant son aspect proprement religieux, c’est-à-dire la célébration en actes et en paroles d’une réalité reconnue comme absolue et ultime (par ailleurs, parler de Dieu est justement refuser de reconnaître une réalité autre qu’absolue comme absolue et ultime). Je défends donc en tant qu’aumônier une pratique religieuse contrôlée et consciemment réfléchie, d’abord et aussi pour des raisons pédagogiques et éducatives. Les fêtes chrétiennes nous offrent une pratique dans une telle perspective, la structuration dans le temps, l’espace et l’esprit des questions ultimes issues de la confrontation avec la vie et la mort, le bonheur, le malheur et la souffrance, la justice, l’injustice, les conflits et la paix, l’origine et l’au-delà, finalement des pistes pour scruter le sens de la vie.
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Comment parler d’éducation quand on accompagne des adultes ? ou « L’éducation des éducateurs »
Nous manquent les mots, en conséquence aussi les concepts, pour parler de « l’acte éducatif » dans l’accompagnement des personnes mentalement handicapées adultes. Comment peut-on parler d’éducation quand on accompagne des adultes ? Qui est à éduquer, à « conduire dehors », en une situation où celui qui est accompagné est ce qu’il est, trisomique, polyhandicapé, psychotique ou sourd-muet ? En général, toute tentative de vouloir le changer, d’accomplir un « miracle », est vouée à l’échec, pire, une attitude qui vise un tel résultat, souvent décrite comme approche « par objectifs », est contraproductive, voire maltraitante. Continue reading
La catéchèse existentielle et le triangle catéchétique
Suite à Maurice Baumann
Points de départ, quatre questions :
Où suis-je?
Que fait-on ici?
Pourquoi suis-je là?
Qu’est-ce que je fais là?
Avant tout apprentissage, il faut être au clair sur ce qu’on fait et être d’accord de le faire. D’où la nécessité d’un contrat: il faut accepter le jeu et ses règles. Une catéchèse existentielle met le destinataire face à un contenu et face au monde et l’accompagne dans sa quête d’identité, dans la construction de sa relation au monde, à soi-même et aux autres.
Le triangle pédagogique selon Jean Houssaye
Selon C. Chauvin, « le kit de formation », Issy-les-Moulineaux 2001 ; J. Houssaye, « Le triangle pédagogique », Bern 1992
Axe 1 Processus « Apprendre »
Logique d’apprentissage où on favorise la relation entre l’apprenant et le savoir. Les outils visent à impliquer l’apprenant sur son propre processus d’apprentissage. L’apprenant est invité à « apprendre à apprendre » et à connaître son propre fonctionnement cognitif afin de pouvoir s’autoformer.
Axe 2 Processus « Enseigner »
Le formateur passe un message et un savoir.
Axe 3 Processus « Former »
Cet axe s’appuie sur la relation entre les parties comme source d’apprentissage. C’est le niveau de communication, l’analyse du transfert/contretransfert, l’effet Pygmalion: la perception que le formateur a de l’apprenant conditionne sa capacité à apprendre. Il correspond à l’ensemble des compétences de l’animateur en terme de savoir-être.
Dans une formation, les trois axes sont nécessaires, mais ils sont utilisés en
quantité différente et à des moments différents. Plutôt que s’opposer, ils doivent se compléter, sachant que le processus « Enseigner » et le processus « Former » sont des moyens pour permettre à l’apprenant d’accéder aux processus d’apprentissage et de gérer sa formation de manière autonome (« autoformation »).
Armin Kressmann 2002
Spiritualité et spiritualités : « spiritualités ludiques »
Si à la limite, – frontière, marge, « no man’s land », « terra nullius » qui n’est pas « land without any man » -, espace il y a, comment l’habiter ?
Nous sommes enfin devant des spiritualités qui ne pensent ni la transcendance à partir de l’immanence, ni l’immanence à partir de la transcendance, ni d’abord ce qui se passe à la limite, sur la marge, au seuil des deux, mais qui veulent habiter l’espace qui s’ouvre entre elles quand elles entrent dans une dynamique d’échange et de négociation. Ce sont des spiritualités que j’appelle « spiritualités ludiques », – d’ordre pédagogique, artistique et/ou religieux.
