Le miracle : „Wunder und Glaube“, Walter Schmithals

Nous croyons que la science a raison et nous avons raison de le croire, parce que notre vision du monde est que la science a raison. Notre raison est scientifique et notre science est raisonnable. La réalité de la science et de ce qui se laisse démontrer scientifiquement n’est pas contestable, en tout cas pas aussi longtemps que nous considérons comme réel et incontestable ce qui se laisse observer et démontrer scientifiquement.

Selon Walter Schmithals[1], pour l’Antiquité, le miracle n’était rien d’extraordinaire non plus, mais tout à fait naturel et évident, rien de qualitativement différent de ce qui était considéré comme normal. Le miracle faisait partie de la raison de l’époque, de la vision du monde telle qu’elle était du temps biblique. Le miracle était normal, juste une réalité quantitativement plus puissante que d’habitude, preuve scientifique, – « signe » et « force », donc expérience -,  à l’intérieur d’une science qui considérait l’univers habité par toutes sortes de forces et de puissances. Nous pouvons dire : le miracle était réalité scientifique, réalité naturelle, rien de sur- ou supranaturel, scientifiquement encore plus évident que ce qui était évidence naturelle :

Continue reading

Kant et le handicap : « Fondements de la métaphysique des mœurs » : « Übergang von der Metaphysik der Sitten zur Kritik der reinen praktischen Vernunft »

« Grundlegung zur Metaphysik der Sitten »[1]

Dritter Abschnitt

Übergang von der Metaphysik der Sitten zur Kritik der reinen praktischen Vernunft

„Der Wille ist eine Art von Kausalität lebender Wesen, sofern sie vernünftig sind, und Freiheit würde diejenige Eigenschaft dieser Kausalität sein, da sie unabhängig von fremden sie bestimmenden Ursachen wirkend sein kann.“ p. 103

„Als ein vernünftiges Wesen kann der Mensch die Kausalität seines eigenen Willens niemals anders als unter der Idee der Freiheit denken; denn Unabhängigkeit von den bestimmenden Ursachen der Sinneswelt … ist Freiheit. Mit der Idee der Freiheit ist nun der Begriff der Autonomie unzertrennlich verbunden, mit diesem aber das allgemeine Prinzip der Sittlichkeit …“ p. 112

„… wenn wir uns als frei denken, so versetzen wir uns als Glieder in die Verstandeswelt und erkennen die Autonomie des Willens samt ihrer Folge, die Moralität; denken wir uns aber als verpflichtet, so betrachten wir uns als zur Sinneswelt und doch zugleich zur Verstandeswelt gehörig.“ p. 113

„… wir können nichts erklären, als was wir auf Gesetze zurückführen können, deren Gegenstand in irgend einer möglichen Erfahrung gegeben werden kann. Freiheit aber ist eine blosse Idee, deren objektive Realität auf keiner Weise nach Naturgesetzen, mithin auch nicht in irgend einer möglichen Erfahrung, dargetan werden kann, die also darum, weil ihr selbst niemals nach irgend einer Analogie ein Beispiel unterlegt werden mag, niemals begriffen, oder auch nur eingesehen werden kann. Sie gilt nur als notwendige Voraussetzung der Vernunft in einem Wesen, das sich eines Willens, d. i. eines vom blossen Begehrungsvermögen noch verschiedenen Vermögens, (nämlich sich zum Handeln als Intelligenz, mithin nach Gesetzen der Vernunft, unabhängig von Naturinstinkten, zu bestimmen), bewusst zu sein glaubt.“ p. 121


[1] Reclam, Stuttgart 1984

« Kant et le handicap (autonomie) 2

Kant et le handicap : « Fondements de la métaphysique des mœurs » : « Übergang von der populären sittlichen Weltweisheit zur Metaphysik der Sitten »

« Grundlegung zur Metaphysik der Sitten »[1]

Zweiter Abschnitt

Übergang von der populären sittlichen Weltweisheit zur Metaphysik der Sitten

„… wenn es auch niemals Handlungen gegeben habe, die aus solchen reinen Quellen entsprungen wären, dennoch hier auch davon gar nicht die Rede sei, ob dies oder jenes geschehe, sondern die Vernunft für sich selbst und unabhängig von allen Erscheinungen gebiete was geschehen soll.“ p. 49

C’est l’idéal qui l’emporte sur la réalité ; c’est vers l’idéal que nous devons tendre, même si la réalité n’y est pas (encore ?), un principe pédagogique qui mise sur l’homme et son avenir.

Continue reading

Spiritualité et spiritualités : définition par opposition

Dé-finir, dé-limiter la spiritualité, l’insaisissable, par ce qui s’y oppose, par ce qui se laisse saisir !

Il est simple de dé-finir la spiritualité par la négative, en nous y approchant par ce qu’elle n’est pas, parce que ce qu’elle n’est pas, cela est tangible et maniable (« handfest »). Cette approche se fait dans l’espoir que par la suite le tangible nous offre les métaphores et paraboles qui nous permettent de concrétiser ce qui nous échappe autrement. Nous « touchons du bois » avec Carl Friedrich von Weizsäcker :

Continue reading

Physique moderne et médecine (suite à Carl Friedrich von Weizsäcker)

Suis-je mon médecin ?

Développement des idées de C.F. von Weizsäcker et de quelques perspectives de la physique moderne pour la médecine

L’être humain comme système : santé, guérison, maladie aiguë et chronique, vieillesse et handicap

L’être humain est un système ouvert et dynamique ; il est composé d’éléments et doit, pour survivre, échanger avec son environnement de la matière, de l’énergie et de l’information. En tant qu’adulte en bonne santé il est en équilibre. Physiquement, il maintient matière, énergie et température stables à l’intérieur de certaines limites (homéostasie ; conservation de la matière et de l’énergie, c’est-à-dire de sa capacité de se régénérer et de travailler). Son entropie (la mesure pour le désordre ; S=Q/T, Q chaleur, T température) est minimale et plus ou moins constante, c’est-à-dire il maintient un ordre élevé. Jusqu’à un point donné, son système de régulation lui permet de compenser les changements dans l’environnement et de répondre d’une manière adéquate aux influences et aux agressions éventuelles. Dans ce sens, même la maladie et notamment certains de ses symptômes sont une réponse pour maintenir l’équilibre. Par contre, une fois dépassées certaines limites, le système n’arrive plus à absorber les « agressions » ; il est déséquilibré et peut basculer, ou bien pour atteindre un nouvel équilibre, – généralement moins stable et plus exposé aux influences environnementales -, ou bien pour se désintégrer entièrement, c’est-à-dire il meurt et disparaît. L’entropie augmente.

modele_vie_entropie

Le passage d’un ordre supérieur à un ordre inférieur (c’est-à-dire le désordre augmente et avec lui l’entropie) peut être qualifié de maladie aiguë, le retour de guérison (recon-valescence). Quand le corps se retrouve dans un nouvel équilibre, il est en « santé amoindrie » (et par là avec moins de possibilités de défense contre des influences environnementales néfastes, on pourrait parler d’une « élasticité » plus faible ou d’une « fitness » inférieure, dans une logique darwinienne), dans une maladie chronique quand l’entropie augmente lentement et en situation de handicap quand l’entropie reste stable mais à un niveau plus élevé. Ainsi il existe une différence fondamentale entre maladie et handicap ; une personne handicapée peut être en bonne santé ou être malade. Lors d’une maladie seulement, soit-elle aiguë ou chronique, l’entropie augmente, plus vite dans le premier cas, plus lentement dans le deuxième. En situation de handicap, le niveau d’entropie, même s’il est plus élevé, reste stable. Ce n’est qu’en situation de maladie que le niveau d’entropie se modifie chez une personne handicapée. Le même constat peut être fait pour les personnes âgées.

Continue reading