Suis-je mon médecin ?
Développement des idées de C.F. von Weizsäcker et de quelques perspectives de la physique moderne pour la médecine
L’être humain comme système : santé, guérison, maladie aiguë et chronique, vieillesse et handicap
L’être humain est un système ouvert et dynamique ; il est composé d’éléments et doit, pour survivre, échanger avec son environnement de la matière, de l’énergie et de l’information. En tant qu’adulte en bonne santé il est en équilibre. Physiquement, il maintient matière, énergie et température stables à l’intérieur de certaines limites (homéostasie ; conservation de la matière et de l’énergie, c’est-à-dire de sa capacité de se régénérer et de travailler). Son entropie (la mesure pour le désordre ; S=Q/T, Q chaleur, T température) est minimale et plus ou moins constante, c’est-à-dire il maintient un ordre élevé. Jusqu’à un point donné, son système de régulation lui permet de compenser les changements dans l’environnement et de répondre d’une manière adéquate aux influences et aux agressions éventuelles. Dans ce sens, même la maladie et notamment certains de ses symptômes sont une réponse pour maintenir l’équilibre. Par contre, une fois dépassées certaines limites, le système n’arrive plus à absorber les « agressions » ; il est déséquilibré et peut basculer, ou bien pour atteindre un nouvel équilibre, – généralement moins stable et plus exposé aux influences environnementales -, ou bien pour se désintégrer entièrement, c’est-à-dire il meurt et disparaît. L’entropie augmente.

Le passage d’un ordre supérieur à un ordre inférieur (c’est-à-dire le désordre augmente et avec lui l’entropie) peut être qualifié de maladie aiguë, le retour de guérison (recon-valescence). Quand le corps se retrouve dans un nouvel équilibre, il est en « santé amoindrie » (et par là avec moins de possibilités de défense contre des influences environnementales néfastes, on pourrait parler d’une « élasticité » plus faible ou d’une « fitness » inférieure, dans une logique darwinienne), dans une maladie chronique quand l’entropie augmente lentement et en situation de handicap quand l’entropie reste stable mais à un niveau plus élevé. Ainsi il existe une différence fondamentale entre maladie et handicap ; une personne handicapée peut être en bonne santé ou être malade. Lors d’une maladie seulement, soit-elle aiguë ou chronique, l’entropie augmente, plus vite dans le premier cas, plus lentement dans le deuxième. En situation de handicap, le niveau d’entropie, même s’il est plus élevé, reste stable. Ce n’est qu’en situation de maladie que le niveau d’entropie se modifie chez une personne handicapée. Le même constat peut être fait pour les personnes âgées.
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