Spiritualité et religion, comment les distinguer (définitions) ?

Religion donne « Gestalt » à la spiritualité

Dans mon dernier article « Le handicap comme ‘Gestalt’ » j’ai affiné la vision de la spiritualité et sa place dans une conception bio-psycho-social de l’être humain. Cette démarche a laissé vacant cette quatrième dimension auparavant nommée « l’explicite spirituel ». Existe-t-elle et de quoi serait-elle faite ?

En radicalisant ma position, je postule que la quatrième dimension est la dimension religieuse de l’être humain, présente en tout être humain. Le bio-psycho-social devient en conséquence un bio-psycho-socio-religieux, englobé et tenu ensemble, enveloppé en quelque sorte, par le spirituel.

Comment cela ?

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Aventure télévision : Quand le pain n’est que du pain

Dans nos cultes télévisés, sans en faire une sainte cène, nous voulions signifier le fait d’être ensemble, au-delà des différents lieux, par un partage de pain : le même pain partout, confectionné au même lieu, l’institution qui s’associe à la fête. Pour des raisons pratiques ce n’est pas possible ; Continue reading

L’État et le Royaume de Dieu

Est-ce que le Royaume de Dieu a, de près ou de loin, la forme d’un État ?

Pour réguler le vivre ensemble, l’État se donne des lois.

L’amour du prochain, comme commandement (évangile selon Matthieu, chapitre 22, versets 37ss), est la  « loi » du Royaume de Dieu. Cependant, dans le Royaume de Dieu, l’amour du prochain est une évidence ; l’utopie est devenue réalité. En tant que réalité vécue, le Royaume de Dieu n’a plus besoin de loi ; l’amour est incarné, par toutes et tous.

En conséquence, le Royaume de Dieu, si comparaison il fallait, correspondrait à ce que nous appelons la société civile. Celle-ci est régulée par la morale : je sais ce que j’ai à faire, je n’ai pas besoin d’une loi extérieure qui me le commande.

La différence entre la société civile et le Royaume ?

Une fois je sais, l’autre je fais.

Donc, le Royaume, pourquoi n’est-il pas réalité, ici et maintenant ?

« Le bien que je veux, je ne le fais pas et le mal que je ne veux pas, je le fais. » (Lettre de Paul aux Romains, chapitre 7, verset 19)

Handicap lourd, situations extrêmes

Les situations extrêmes, – et avec le handicap lourd elles font irruption dans l’intimité de la famille -, font éclater, comme le mot le dit[1], le vivre ensemble, les systèmes des valeurs, les institutions, les compréhensions quelles qu’elles soient.

« La première peur est une gêne, une sorte de pénibilité qui nous est imposée par l’être qui n’est plus dans nos normes habituelles. Cette première peur se fait vite plus accentuée quand nous affrontons les transformations qui suivent son accueil : notre vie éclate, nos projet s’effondrent ; et au-delà de nous, individus, les différentes organisations sociales apparaissent rigides, fermées, hostiles : il faudrait les faire voler en morceaux. En nous, ou autour de nous, l’avènement d’un ‘handicap’ constitue une désorganisation à la fois concrète et sociale. Mais de là nous apercevons une autre désorganisation, bien davantage profonde et douloureuse : celle de nos compréhensions acquises, celle de nos ‘valeurs’ établies. » (Henri-Jacques Stiker ; Corps infirmes et sociétés ; Essais d’anthropologie historique ; Dunod, Paris 2005, p. 3)

Les situations extrêmes font fondre l’épaisseur et l’étendu du temps et de l’espace qui nous permettent de prendre de la distance face à l’inexorable, de re-culer, de ré-fléchir et de re-spirer. Elles aspirent tout, elles rapprochent ce qui, pour survivre et bien vivre, est d’habitude éloigné, séparé, espacé : la vie et la mort, le bien et le mal, le corps et l’âme, même Dieu et Satan comme le livre de Job l’illustre.

« Il y a un temps pour tout », dit Qohélet (Bible ; Premier Testament ; Qohélet, chapitre 3, verset 1).

Dans les situations extrêmes, il n’y a plus de temps pour tout, le temps est suspendu, fondu.

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Suicide et directives anticipées

Après deux semaines à domicile pour se remettre de sa grève de la faim, Bernard Rappaz, le chanvrier condamné à 5 ans et 8 mois, est de retour en prison. La conseillère d’État valaisanne Esther Waeber-Kalbermatten ne veut plus se laisser mettre sous pression :

« S’il devait recommencer sa grève de la faim et refuser toute réanimation, je respecterai sa volonté et le laisserait mourir. »

24h heures ; Lausanne 22-24 mai 2010, no. 11

Une telle position est-elle éthiquement tenable pour une représentante de l’État ?

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