11.8 Être autrui comme soi-même : entre ado- et abolescence – Le triangle pédagogique

Significations du handicap mental : 11.8 Être autrui comme soi-même : entre ado- et abolescence – Le triangle pédagogique

Pyramide et triangle sont du même ordre ; strictement parlé, la pyramide de Maslow est un triangle. Dans l’éducatif et le pédagogique l’idée de triangle évoque tout de suite les travaux de Jean Houssaye. La pyramide d’Abraham Maslow peut être lue à l’intérieur de son triangle pédagogique : Continue reading

La vulnérabilité – une catégorie morale ? (Nathalie Maillard)

Si vous achetez le livre de Nathalie Maillard[1], vous en aurez au moins trois :

  1.  Une étude approfondie des différentes conceptions de l’autonomie et leur histoire,
  2. la partie sur la vulnérabilité comme nouvelle catégorie morale, tel le titre du livre, mais finalement sans point d’interrogation, et
  3. une confrontation entre la pensée de Paul Ricœur et celle d’Emmanuel Lévinas, toujours dans la même perspective, amenant le lecteur à cette limite qu’est celle entre la philosophie et la théologie (ou le religieux) : le rapport à l’autre quand l’autre est tout-autre.

Le parcours est exigent, mais finalement indispensable si on ne veut plus confondre ni les différentes formes de l’autonomie et celles-ci avec la liberté de choix et l’autodétermination,  ni la vulnérabilité avec la dépendance ou la faiblesse, ni les besoins avec les capacités, etc. etc. L’univers des soins, de l’éducation et de l’enseignement ne pourra qu’en profiter. Ce travail est à faire, d’autant plus que ces différentes notions sont parfois avancées dans les milieux de soin ou d’éducation non pas pour défendre les personne accueillies, mais dans l’intérêt des institutions qui les accueillent.

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Significations du handicap mental 2 – Il s’agit de « profession »

Significations du handicap mental : 2 Il s’agit de « profession »

« Des théories ne se laissent pas vérifier ; mais elles peuvent faire leur preuve. » (Karl Popper[1])

Parler du handicap (mental) n’est pas faire de la science naturelle, comme les débats autour de la « Classification du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) » l’illustrent, même pas faire de la médecine. Le handicap est un phénomène complexe, résultat d’interactions multiples entre ce qu’est un être humain « naturellement » ou biologiquement et le milieu et le contexte dans lesquels il naît, grandit et vit.

Cependant, vivre et travailler avec des personnes en situation de handicap peut se faire aussi dans un esprit de recherche, la volonté de comprendre ce qui se passe, qui nous sommes, les uns et les autres, et pourquoi nous agissons et réagissons tel que nous le faisons.

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Comment aborder des situations tragiques en institution sociale ?

En institution sociale, comme en famille, il y a toujours des situations qui tournent mal, voire à la tragédie, même quand tout le monde a fait ce qu’il devait faire. Là où il y a des situations de vie extrême, l’appréciation de ce qui se passe est extrêmement difficile ; chaque accident, chaque inattention peut avoir des conséquences graves.

Ainsi, quand on revient à ce qui s’est passé, il y a souvent un certain malaise, parce qu’il est difficile d’évaluer ce qui s’est passé quand c’est difficile, dans le quotidien, d’évaluer ce qui se passe.

Alors, quoi faire ? Continue reading

L’esprit du jeu : corps et âme d’une institution

11ème article de la série On m’appelle handicapé

Tout le monde s’occupe de mon corps, peu nombreux sont ceux et celles qui soignent mon âme. C’est un constat, peut-être injuste. Peut-être faudrait-il dire : ils sont payés pour soigner mon corps, pas mon âme. Institution, par définition, est corps ; sinon on l’appellerait communauté, corps animé. L’institution est occupée et préoccupée, absorbée par ce qui est matériel, visible, quantifiable, maîtrisable et contrôlable ; contrôler l’incontrôlable que je suis. Les problèmes se règlent par les structures, la loi, les normes, les règlements et les procédures. Justification par la loi ? La morale n’est plus évidence, intégrée, portée par chacun, mais extériorisée, placardée, définie par une charte, qu’on appelle désormais éthique. Ce qui est visible, tangible, l’emporte sur l’invisible, sur ce qui tient ensemble le visible et l’anime, la culture, l’âme ou l’esprit de la maison. La loi tranche, met d’un côté ou de l’autre, dedans ou dehors, admet, exige ou interdit, mais néglige ce qui est « entre » et ne se laisse pas mettre d’un côté ou de l’autre.

Je suis « entre ». Nous sommes « entre ».

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