11.11 Pour une théologie paradoxale : le palliatif ou l’esprit comme 4ème dimension du bio-psycho-social

Significations du handicap mental : 11.11 Pour une théologie paradoxale : le palliatif ou l’esprit comme 4ème dimension du bio-psycho-social

Théologie négative (pallitive ou paradoxale) et handicap (mental)

Par rapport à la réalité du handicap (mental), – mais aussi, comme évoqué, face à ce qu’on appelle la condition humaine en générale -, je défends une vision qui s’approche de la théologie dite « négative »[1]. En l’occurrence, elle est plutôt  palliative et paradoxale[2]. L’absence dont il est question, celle de la divinité, autant de Dieu que de l’homme, le vide que cette absence laisse derrière elle, est lieu de naissance. Elle permet à l’homme de devenir entièrement humain et à assumer sa finitude (la mort étant humanité par excellence[3]). Elle nous protège contre une glorification de ce qui distingue, classe, hiérarchise et ségrègue, donc exclue. Elle nous oblige à prendre la différence (ici vraiment différence, et non pas l’altérité) comme simple réalité dans la diversité dans l’égal (du même), donc comme une réalité donnée et point de départ d’un cheminement commun entre fondamentalement égaux. Même Dieu ne se distingue plus. Prendre soin de l’autre est un devoir à l’égard du même. Continue reading

Dans un modèle bio-psycho-socio-spirituel une spiritualité bonne et bienveillante enveloppe et soigne

La relation à soi – bio-psycho La relation à l’autre – socio La relation aux relations – spirito
  •  rappelle et se rappelle sa propre dignité (humaine)
  • s’accueille dans sa différence (mêmeté) et son altérité
  • s’accueille dans sa vulnérabilité
  • mobilise sa capabilité (ses capacités)
  • se libère et se fait du bien
  • se met en question et se rassure (se résilie)
  • assume sa faute là où elle-même se rend coupable
  •  rappelle et se rappelle la dignité (humaine) de l’autre
  • accueille autrui dans son altérité et sa différence
  • accueille autrui dans sa vulnérabilité
  • valorise la capabilité d’autrui
  •  libère et fait du bien
  • dérange et arrange, interpelle et rassure selon les besoins
  • dépasse la culpabilité, même quand faute il y a
  •  est sensible à la souffrance, au mal et aux injustices, aux scandales que ceux-ci comportent ; elle les dénonce
  • défend donc des valeurs, une éthique, et donne en conséquence des orientations
  • ne lâche jamais l’espérance, cherche et défend fondamentalement une perspective de vie, se tourne donc vers une réalité ultime et le sens de la vie ; elle les nomme
  • s’inscrit dans une communauté avec une histoire de vie et des personnes de références
  • cherche un positionnement, une attitude d’honnêteté et d’humilité, de confiance, de fidélité raisonnable, de liberté d’esprit, de questionnement et de recherche, de joie et d’espérance face aux incertitudes de la vie Continue reading

La spiritualité dans un modèle bio-psycho-socio-sprirituel

Spiritualité est communication entre corps, communication d’esprit, donc d’être (ni de matière, ni d’information, qui, elles, ne sont que supports et véhicules d’esprit ; voir la distinction entre lettre et esprit de la lettre).

Corps est un moi, un toi, un autre. Spiritualité qualifie le rapport ou la relation à moi, à toi, à l’autre, ainsi que la relation que ceux-ci entretiennent entre eux.

Rapport ou relation, donc spiritualité, il y a dans les quatre dimensions, le bio (corps), le psycho (âme), le socio (collectif – institution – culture) et le spirituel proprement dit, la conception des relations.

Le spirituel est ce qui est « entre », donc les relations et la relation aux relations (leur conception). Elle qualifie les relations comme relation à l’identique – soi ou différent / autre soi, ou comme relation à l’autre – non-soi / tout-autre, et ceci dans les quatre dimensions, ce qui donne pour le spirituel un spirituel du premier ordre, dans l’immanence, la qualité des relations, et un spirituel du second ordre par une métaconception, transcendante,  la qualification des relations par la raison ou par la foi (confiance).

Armin Kressmann 2012

Éducation et spiritualité 2 : prendre soin et mobiliser les ressources

La courbe de la vulnérabilité sépare l’espace-temps en deux : sous la courbe nous avons la vulnérabilité, en dessus ce que nous appelons suite à Amartya Sen la « capabilité », l’ensemble des capacités d’un individu. La « capabilité » résume donc les facultés (réelles et potentielles) d’une personne, sa vulnérabilité ses besoins.

La « capabilité », comme ensemble de droits à être réalisés, fait appel à la mobilisation et au développement de ce qui est potentiellement présent, alors à l’éducatif, la vulnérabilité à ce qui est fragile ou absent, donc aux soins.

Prendre soin de ce qui ne se laisse pas changer respecte l’altérité, – l’autre en tant que tel qui ne peut provisoirement ou définitivement pas changer ce qui est donné -, mobiliser ce qui est potentiellement présent travaille avec une différence, celle entre ce qui est et ce qui pourrait, voire devrait être, ce qui peut évoluer, se développer et est à réaliser.

Cependant, « capabilité » et vulnérabilité sont à considérer comme réalités dynamiques ; dans le temps et selon les circonstances elles peuvent se modifier. Dans l’accompagnement on doit constamment passer d’un principe à l’autre, selon l’état physique, psychique, social et spirituel dans lequel la personne accompagnée se trouve.

En conséquence, l’opposition souvent rencontrée entre soins et éducation ne se justifie qu’au niveau des compétences professionnelles dans une équipe, mais les deux champs doivent, d’une manière différenciée, être couverts par les deux corps professionnels. Ainsi, prendre soin n’est pas réservé aux infirmiers, infirmières, comme l’éducatif n’est pas l’exclusivité des éducateurs. Par ailleurs, une bonne part de ce qui est dans le médical préventif appartient au champ éducatif.

Armin Kressmann 2011

Spiritualité et condition humaine

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Ce site, en quelques mots : une définition simple, mais abstraite (soumise à la discussion), de ce que sont « spiritualité », « handicap », « condition humaine », « art », « éthique » et « religion » :

Spiritualité est ce qui dépasse et englobe. Spiritualité est donc méta : méta immanent et méta transcendant. Ou : spiritualité est relation, perçoit et conçoit ce qui est « entre ».

Ainsi, spiritualité est communication ; communication d’esprit, donc d’être, essentiellement par l’art, l’éthique et la religion. Spiritualité transcende.

Quel rapport ai-je à mon corps (bio), à moi-même (psycho) et  à l’autre (socio et environnemental) et quelles sont les relations ou les corrélations entre ces données ? (1er ordre)

Et comment est-ce que je conçois et je vis ces rapports et corrélations, quelle est la relation que j’entretiens avec les rapports à mon corps, à moi-même, à autrui, au monde et à ce qui est entre eux ? (2nd ordre)

Dans le handicap, en situation de handicap, il y a obstacle dans ces relations. Handicap est donc condition humaine.

L’art illustre ces relations, l’éthique (ou la morale) leur donne une finalité, les ordonne et les subordonne, comme la religion, qui, elle, les personnalise et nomme un ultime.

Armin Kressmann 2012