Toujours dans la suite « Communiquer avec le handicap » – Jusqu’au bout

« Le code est dans l’angle », disais -je.

Allons jusqu’au bout, disons, contre toute attente probablement : la bible est scientifique ; dans ses parties les plus significatives elle observe, elle décrit, elle réfléchit et elle témoigne, dans son langage et dans son temps. Ce n’est pas de la biologie, ni de l’astronomie, peut-être même pas de l’histoire ou de la sociologie, en tout cas pas dans le sens moderne de ces termes. Mais de la science de la vie telle qu’est la vie, la vie des humains et des autres êtres.

Au-delà, face à l’essence, face à l’au-delà, donc la métaphysique, elle reste pudique. Elle se méfie de l’ésotérisme, elle lui oppose une théologie qu’on appelle traditionnellement « négative », la seule qui est positive, scientifiquement « vérifiable » (ou, pour rester poperien, pas « falsifiable ») :

Si vous voulez voir l’essentiel, voici la croix, et le creux d’un tombeau vide.

Ni plus, ni moins.

Mais cela, je sais, vous n’aimez pas le voir, ni penser le reste à partir de là ; c’est tout notre problème.

Donc, pour la bible, « l’essentiel », ce qui est au-delà de la science, appartient à la foi.

Ce qui se voit dérange, un savoir qui dérange, et ce qui range, et pourrait arranger, l’ultime, la connaissance, ne se voit pas.

Rien à voir qui plaît, pas de « spectacle » plaisant, juste le regard sur la vie telle qu’elle est.

Serait-ce la raison plus profonde du vide dans les Églises dont les membres ne sont invités qu’à observer, à décrire, à réfléchir (par eux-mêmes) et à témoigner, sans spectacle ? Même plus de miracle. Ou tout, ou presque, en tout cas l’essentiel ?

Philosophie et théologie seules devant ce qui parle : en situation de …

Armin Kressmann 2011

 

Kant et le handicap : « Fondements de la métaphysique des mœurs » : « Übergang von der populären sittlichen Weltweisheit zur Metaphysik der Sitten »

« Grundlegung zur Metaphysik der Sitten »[1]

Zweiter Abschnitt

Übergang von der populären sittlichen Weltweisheit zur Metaphysik der Sitten

„… wenn es auch niemals Handlungen gegeben habe, die aus solchen reinen Quellen entsprungen wären, dennoch hier auch davon gar nicht die Rede sei, ob dies oder jenes geschehe, sondern die Vernunft für sich selbst und unabhängig von allen Erscheinungen gebiete was geschehen soll.“ p. 49

C’est l’idéal qui l’emporte sur la réalité ; c’est vers l’idéal que nous devons tendre, même si la réalité n’y est pas (encore ?), un principe pédagogique qui mise sur l’homme et son avenir.

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Kant et le handicap : « Fondements de la métaphysique des mœurs », « Übergang von der gemeinen sittlichen Vernunfterkenntnis zur philosophischen »

« Grundlegung zur Metaphysik der Sitten »[1]

Erster Abschnitt

Übergang von der gemeinen sittlichen Vernunfterkenntnis zur philosophischen

„Es ist überall nichts in der Welt, …, was ohne Einschränkung für gut könnte gehalten werden, als allein ein GUTER WILLE.“ p. 28

Le bien, ce qui est bon, sans restriction, c’est la bonne volonté (je reprends le texte avec mes mots, sans consulter en principe la traduction française « officielle »).

Constatons tout de suite que celle-ci est indépendante du niveau intellectuel. On peut la trouver chez tout le monde.

Aussi, me semble-t-il, Kant fait le pont entre le bien et, on verra par la suite, la justice. Y a-t-il ici déjà le lien entre les deux principes qui nous préoccupent, l’autonomie et la bienfaisance ?

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Spiritualité et spiritualités : « spiritualités laïques »

Les « spiritualités laïques »[1] se limitent elles-mêmes, ne reconnaissent qu’un « en deçà » et considèrent la spiritualité comme une extension de la conscience par la pensée et la raison[2]. Ce sont celles-ci qui transcendent la condition humaine. Si limite il y a, elles la repoussent en quelque sorte. Autrui reste en principe et toujours un même, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. L’éthique, donc l’action, se fonde sur les Droits de l’homme ; en principe, rien n’est sacré, si ce n’est le même, moi-même, et autrui comme un moi-même.

L’accompagnement de personnes dépendantes et en situation de handicap mise rigoureusement sur leur « autonomisation », avec la difficulté de la prise en compte de leur capacité de discernement restreinte. Comment faire pour que l’autonomie du résident soit vraiment la sienne et non pas une projection de l’entourage ?

Armin Kressmann, Rapport « La spiritualité et les institutions », CEDIS 2008


[1] J’y retrouve des auteurs comme Luc Ferry, Marcel Gauchet ou André Comte-Sponville

[2] Ce qui fait qu’on peut se poser la question si ces « spiritualités » méritent l’appellation « spiritualité » ; traditionnellement ce sont plutôt des « métaphysiques » ; n’y a-t-il pas abus de langage, à la mode, dans la vague du spirituel, pour éviter une nomenclature considérée désuète et perçue négativement ?

« Spiritualité et spiritualités  11 : définition par rapport à « religion »

Spiritualité et spiritualités 13 : « spiritualités croyantes »

L’aumônerie en institution sociale : fondements

Distinctions à faire entre religion, spiritualité et éthique, ainsi qu’entre art, métaphysique et religion :

Spiritualité surgit quand l’homme touche à ses limites, quand il ne maîtrise plus ce qui lui arrive, devant la mort, devant la vie, devant sa finitude, devant la question de l’au-delà, avant la vie et après la mort. Spiritualité et crise sont sœurs.

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