Miracles – Religion in Geschichte und Gegenwart

Religion in Geschichte und Gegenwart (RGG)

Rainer Nen, p. 1715

« Wunder sind aussergewöhnliche und Verwunderung auslösende Erfahrungen von Menschen, die sie aus ihrem Verständnis von Normalität nicht erklären können und die für sie in vielen Fällen auf das Eingreifen einer Gottheit bzw. aussermenschlichen Macht verweisen. »

Dirk Evers, p. 1726

« Für ein theologisches Verständnis des Wunderbegriffs ist seine Zuordnung zum Glaubensbegriff entscheidend. Dabei hat die neutestamentliche Einsicht leitend zu sein, dass von den Hörern der Botschaft kein Wunderglaube gefordert wurde, sondern Jesus den Glauben selbst als Wunder und Wunder wirkend verstand. Die Wunder sind vor allem Zeichen für die Nähe der Gottesherrschaft (Reich Gottes), seine mir zugute kommende und in Jesu Vollmacht präsente Selbstmitteilung inmitten der Welt, die der Glaube ergreift.

Wunder sind nicht als supranaturale Durchbrechungen der Naturgesetze zu verstehen. »

John Webster, p. 1727

« Dogmatisch gesehen, d.h. auf der Grundlage des christlichen Bekenntnisses zum dreieinigen Gott, ist ein Wunder eine sichtbare Handlung Gottes in der Schöpfung, die über die gewöhnliche Art und Weise des die Welt regierenden Wirken Gottes hinausgeht. Wunder dienen dazu, der in der Schöpfung bestehenden Plan Gottes zu unterstützen.

In Wundern werden natürliches Übel oder Verstrickung in sünde beschränkt und durch direkte und mittelbare göttliche Handlung überwunden. Diese offenbaren die Bestimmung des geschöpflichen Seins … »

Miracle et sens de la vie

« Im Wunder selbst soll Sinn gefunden werden. »

écrit Walter Schmithals, Wunder und Glaube, Neukirchen 1970, p. 24

« C’est dans le miracle que du sens doit être trouvé. »

Cette affirmation, – quand nous prétendons que l’événement du miracle est événement « ordinaire » ayant lieu dans le monde et que c’est seulement le regard sur l’événement qui le rend extraordinaire, donc miracle -, est-elle en contradiction avec la conviction que nous avons exprimée en disant que « le sens est hors monde et le transcende » ?

Je pense que non. Pourquoi ?

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Wittgenstein au front : devant la question de Dieu et du sens de la vie

« Que sais-je de Dieu et du but de la vie ?

Je sais que le monde existe.

Que je m’y trouve comme mon œil dans mon champ visuel.

Qu’il y a quelque chose de problématique, ce que nous appelons son sens.

Que ce sens ne réside pas en lui, mais en dehors de lui.

Que la vie est le monde.

Que ma volonté est bonne ou mauvaise.

Donc que le bien et le mal ont quelque chose à voir avec le sens du monde.

Le sens de la vie, c’est-à-dire le sens du monde, nous pouvons l’appeler Dieu.

Et y relier la comparaison de Dieu à un père.

Prier, c’est penser au sens de la vie.

Je ne puis plier les événements du monde à ma volonté : je suis totalement impuissant.

Je puis seulement me rendre indépendant du monde – et donc, dans un certain sens, le maîtriser – en renonçant à toute influence sur ces événements. »

Ludwig Wittgenstein ; Journal 11.6.1916 ; Ray Monk ; Wittgenstein ; Flammarion 2009, p. 148

Carl Friedrich von Weizsäcker – Die Einheit der Natur (L’unité de la nature)

« Suis-je mon médecin ? »

Réflexion sur la cybernétique, la thermodynamique, la mécanique quantique et la médecine à partir du livre de Carl Friedrich von Weizsäcker « Die Einheit der Natur – L’unité de la nature » – Traduction ; Hanser, Munich 1971, p. 320ss

Remarques préliminaires :

- Je traduis « Mensch » par « être humain »
- « Sollwert » … « valeur souhaitée/souhaitable/désirée/assignée »

III, 4. Modèles de ce qui est sain et malade, bien et mal, vrai et faux

Introduction

- L’être humain en tant qu’être vivant (« Lebewesen ») vu comme système régulé ou de régulation
- Ce système s’étant développé par mutation et sélection (darwinisme)
- Weizsäcker parle d’une réflexion sur une anthropologie biologique, une biologie cybernétique et une cybernétique darwinienne

- Le sain (« das Gesunde »), le bien et le vrai, ainsi que leurs notions opposées comme phénomènes

- Un projet pour une stratégie

Traduction partielle des pages 322 à 341

1. La santé

Aussi longtemps que nous sommes sains, nous ne remarquons pas que nous le sommes (que nous sommes sains). La santé appartient à ces phénomènes que, justement, nous ne percevons pas comme phénomènes particuliers, parce que nous y vivons au quotidien. Nous les découvrons par leur absence. Ce n’est que la maladie qui nous fait voir la santé comme santé.

La santé n’est pas le seul phénomène (« das Sein » … étant ?) qui nous échappe parce qu’il est et qui apparaît seulement par son absence. On pourrait dire cela justement de l’Etre. Dans notre réflexion, être bien et être vrai sont justement de ce type de manière d’être.

Même si la santé nous apparaît d’abord comme ce qui nous manque dans la maladie, nous savons « d’une certaine manière » (« irgendwie »), ce que nous sous-entendons par le mot « sain », sans pouvoir le définir. Un œil sain ou une jambe saine sont des organes qui sont aptes à fonctionner (« funktionstüchtig ») … Santé semble être aptitude à fonctionner. Pour pouvoir définir santé, il semble qu’il faut savoir ce qu’est fonction. Chaque fonction d’un organe sert à un ensemble plus vaste : à l’être humain dans son ensemble, ou à l’animal, ou au groupe, la famille ou l’espèce. Que veut dire « servir » ? A quoi sert un organe ? L’œil semble avoir une fin ; il est là pour l’être humain. L’être humain, est- il là pour quelque chose ? Le retour (« Regress ») des finalités se termine-t-il dans une finalité en soi (« Selbstzweck »), et le retour des fonctions se termine-t-il dans un ensemble de fonctions fermé (« einem geschlossenen Funktionsganzen ») ? D’un être humain, nous disons aussi qu’il est sain ou malade. La santé d’un être humain, est-elle aussi son aptitude à fonctionner ? Quelle est la finalité de sa fonction ? Peut-être dans la société ? Peut-on parler de la santé ou de la maladie d’une société ? Une époque morbide, une nation saine, la schizophrénie de la conscience moderne (« Bewusstsein ») – est-ce que ce sont des métaphores ou les énoncés/concepts (« Begriffe ») de santé et de maladie, vont-ils aussi loin ? La médecine tend à identifier santé avec normalité. Mais, la norme qu’est-ce que c’est ? Qui pose la norme?

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« Est-ce que Dieu aime aussi les méchants ? »

Il y en a, aussi et surtout parmi les professionnels, qui prétendent que les personnes mentalement handicapées peuvent « manipuler » leur environnement. Cette opinion ne témoigne pas seulement d’un manque de professionnalisme, mais aussi d’une incompréhension du phénomène « handicap mental ».

Nous abordons avec une équipe de personnes en situation de handicap mental la question de la méchanceté et de la gentillesse. Très facilement elles peuvent donner des exemples pour cette dernière, des choses très concrètes comme « faire la vaisselle », à « s’aider les uns les autres », jusqu’à « aimer les autres». Par contre devant la question « qu’est-ce que c’est la méchanceté » elles buttent.

Méchanceté, si elle n’est pas intentionnelle, ce qui demande un certain degré d’abstraction, n’est-ce pas absence de gentillesse ou de bonté ? Et comment dire une absence pour quelqu’un avec une difficulté cognitive importante ?

Cet exemple illustre l’impossibilité pour des personnes avec des difficultés cognitives et intellectuelles importantes d’arriver à une abstraction, à une prise de distance suffisantes pour commettre un acte de « méchanceté » ou de « mal » intentionnels, ou seulement pour manipuler leur entourage. Ce qui est lu et interprété par ce dernier comme « manipulation » n’est qu’une réaction spontanée au premier degré, même si c’est une violence importante pour l’environnement. Quand une personne mentalement handicapée « explose » par exemple et commet des actes de violence, elle ne pouvait pas faire autrement sans être menacée dans son être et son existence. Pour ces personnes, la violence est expression de forces de survie devant une réalité vécue comme agression telle qu’elle n’avait plus « d’autres choix ». Si je ne comprends pas ce qui m’arrive et m’angoisse en profondeur et dans mon corps, comment le sublimer en une réflexion ? Ce qui m’advient doit être « positif » (avoir une positivité existentielle), il doit être cernable pour être com-pris et maîtrisé. Le mal, pour celui qui est mentalement handicapé, ne peut pas être conçu qu’à travers l’absence d’un bien ; et il est incapable de concevoir la pervsion du bien.

Cela nous amène à la question du mal absolu que l’être humain, aussi intelligent qu’il soit, ne peut que concevoir qu’à travers l’absence du bien absolu, c’est-à-dire Dieu, ou la personnification du mal (la perversion du bien), c’est-à-dire le diable. Autrement il reste inconcevable et est subi en tant que tel. Lisez « La Nuit » d’Elie Wiesel !

« Est-ce que Dieu aime aussi les méchants ? » était une des questions importantes posées par un ami handicapé. Il se la pose sans pouvoir dire ce qu’est la méchanceté. Dans son handicap il est trop naïf ou trop bon pour savoir ce qu’est la méchanceté. Il se la pose seulement, parce que son entourage projette la méchanceté sur lui quand il lui arrive un malheur, quand il fait une « bêtise » ou quand il ne se laisse pas manipuler à guise. Ce n’est que l’entourage, ce sont les professionnels qui ont suffisamment d’intelligence pour savoir comment on manipule autrui !

Armin Kressmann