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août
22

Le jeu comme enjeu – Johan Huizinga

J’ai proposé le concept du jeu comme mode de communication fondamental, notamment avec des personnes mentalement handicapées.

Cela pour plusieurs raisons :

1. La réalité de l’autre en tant que telle et comme il la conçoit nous échappera toujours
2. La distinction entre ce qui est « sérieux » et ce qui est « jeu » est en conséquence discutable
3. Le jeu permet la mise en égalité de joueurs a priori inégaux (par le « handicap »)
4. Dans un espace régulé par les règles du jeu
5. Celles-ci élaborées par les joueurs lors du jeu
6. À l’intérieur d’un autre espace, l’institution qu’on pourrait aussi concevoir comme espace de jeu, qui permet (devrait permettre), favorise et soutient cette élaboration
7. Donc une succession d’espaces (institutionnels) conçus comme espaces de jeu, espaces intermédiaires, « entre », là où se retrouve la personne handicapée régulièrement
8. Une succession qui, ce serait à étudier, pourrait permettre à cheminer ensemble « hors handicap », en handicapant, si besoin était, la « personne non-handicapée » (cf. Le « handicap » – le terme, son histoire et soin origine)

Reste à discuter la conception du jeu comme réalité ou de la réalité comme jeu, le côté ludique ou sérieux de la réalité. Les auteurs, me semble-t-il, ont des avis divergents.

Commençons avec le « classique », Johan Huizinga, et son livre « Home ludens », « Essai sur la fonction social du jeu » (Gallimard, 1951) :

juin
08

« Mais quoi ? ce sont des fous … » … « sed amentes sunt isti » … (Descartes)

« Mais quoi ? ce sont des fous … » … « sed amentes sunt isti » …

Cette phrase est de René Descartes, tirée de ses Méditations, publiées à Paris en 1641 en latin, et en 1647 en français, sous le titre :

« Les Méditations métaphysiques de René Descartes touchant la première philosophie, dans lesquelles l’existence de Dieu et la distinction réelle entre l’âme et le corps de l’homme sont démontrées. »[1]

Pas seulement l’œuvre dans son ensemble, mais aussi la petite phrase a fait histoire ; elle a provoqué, plus que trois cents ans plus tard, dans les années soixante-septante du siècle passé, ce qu’on appelle « La querelle sur la folie »[2], dispute vive entre Michel Foucault et Jacques Derrida. Dans le petit passage que Descartes avait consacré à la folie, Foucault voyait un tournant historique dans la conception et dans la prise en charge de la folie : désormais, à partir de Descartes, la folie était exclue de la raison ce qui, selon Foucault, était le début de son enfermement, de tout ce qu’il dénonce dans « L’histoire de la folie à l’âge classique »[3].

La folie est-ce raison ou déraison ?

avr
23

L’âme d’une institution, sa liberté

Suite aux réflexions qui mettent en lien direct l’âme avec la liberté, voir « Spiritualité : âme et liberté », nous voulons nous tourner vers ce qui habite une institution en tant qu’organisation. Le dictionnaire (Petit Robert), parmi les différentes définitions du mot « âme », religieuses et non-religieuses, donne ces deux-ci : –   « Ensemble des états de… Continue reading »

mar
27

L’assistance au suicide et le communautarisme

Le communautarisme défend des valeurs partagées à l’intérieur d’une communauté. Comme avec l’objectivisme, nous nous retrouvons devant la question quelle valeur choisir, mais, – par opposition à celui-ci où on cherche une objectivité aussi grande que possible -, le choix est déterminé par un consensus (ou un dictat) dans la communauté respective. Ainsi une association… Continue reading »

mar
26

Soins et spiritualité : le spirituel face au modèle bio-psycho-social

Dans une formation interne à l’Institution de Lavigny, Etienne Rochat, pasteur et aumônier du site de Plein-Soleil, a présenté un modèle de soins et d’accompagnement de la « personne institutionnalisée » qui ne tient pas seulement compte de ses besoins corporels, psychiques et sociaux, – le modèle bio-psycho-social – , mais aussi de ses besoins spirituels :

Le modèle bio-psycho-social et spirituel est en voie d’implémentation dans divers milieux de soin, notamment les soins palliatifs. L’évaluation structurée de la dimension spirituelle de la personne institutionnalisée peut être associée à une prise en charge et en soin de meilleure qualité.

A partir du constat que la couche biologique, à travers la médecine, est devenue régulatrice du psychique et du social, il se pose la question de la place du spirituel. Ce dernier, dans une approche constructiviste, est volontairement défini comme équilibre composée de ce qui fait

- sens (S)

- transcendance (T)

- identité (I)

- et valeur (V)

pour la personne hospitalisée ou institutionnalisée :

à chaque dimension (S, T, I et V) correspond des besoins et l’équilibre globale des quatre, « le STIV », et ce qu’Etienne Rochat définit et appelle le spirituel (dans la ligne de travaux antérieurs).

La transcendance est le fondement extérieur de la personne, ce qui la fonde et l’enracine au plan existentiel.

L’identité se combine des trois éléments S,T et V, ce qui permet le passage du général au particulier d’une part, les aspects psychosociaux qui permettent un maintien de la singularité de la personne.

La grande nouveauté est maintenant l’introduction du spirituel, à côté du biologique, comme régulateur du psychique et du social.

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