« Est permis ce qui plaît »

« Quod licet, libet » (Rhetorica ad Herennium)

« Che libito fe’ licito in sua legge » (Dante ; Inferno)

« Erlaubt ist was gefällt » (Goethe ; Torquato Tasso)

C’est un vieux débat : est permis ce qui plaît ou ce qui convient ?

Mais là n’est pas la question. Ce qui me préoccupe est le fait que pour certains est permis ce qui (leur) plaît, là où pour d’autres il y a des règles strictes. Davantage : on fait aujourd’hui comme si, pour tous, ce qui plaît était permis. Ici je ne suis pas moraliste et je ne pose pas la question de la justesse et de la justification de l’une ou de l’autre des deux positions. Ce qui me dérange est l’injustice commise à l’égard de ceux et celles qui n’ont pas les mêmes droits et les mêmes libertés.

La vie en institution sociale est fortement régulée. « Il y a des règles chez nous » est une phrase souvent entendue, non pas pour rappeler une évidence, mais comme levier pour imposer une réalité qui ne plaît pas, sans qu’on questionne cette réalité et son adéquation dans une situation donnée. En institution sociale est permis ce qui convient et non pas ce qui plaît. Les mécanismes de contrôle, – santé, hygiène, finances, sécurité, procédures, règlements, etc. -, sont tels que la liberté de l’individu est fortement restreinte. Sa liberté est définie, parfois au point qu’elle devienne obligation. « Nous savons, mieux que toi, ce qui te plaît. ». C’est un risque du projet personnel : que nous projetions sur la personne hébergée, en situation de handicap, ce qui lui a à plaire (et à convenir).

Comment distinguer ce qui pourrait lui plaire de ce qui nous plaît ?

Et c’est là, au plus tard et pour éviter toute confusion, parce que c’est embarrassant de définir un plaisir, qu’on revient à la convenance.

« Wo jeder Vogel in der freyen Luft

Und jedes Thier durch Berg und Thäler schweifend

Zum Menschen sprach: erlaubt ist was gefällt. » (Tasso)

« Nur in dem Wahlspruch ändert sich, mein Freund

Ein einzig Wort : erlaubt ist was sich ziemt. » (Prinzessin)

Armin Kressmann 2010

Justification du paternalisme (John Rawls) et l’éthique d’avocature (Micha Brumlik)

Le paternalisme est décrié ; pourtant nous nous remettons régulièrement à l’appréciation d’autrui quand nous sommes à la limite de notre capacité de juger une situation et ne savons plus quoi faire : « Docteur, dites-moi, qu’est-ce que vous feriez à ma place ? » Même le médecin comme patient n’est plus médecin, mais patient. Qu’est-ce qui justifie le paternalisme, l’impose même ?

John Rawls[1] dit :

« Le problème du paternalisme mérite … une discussion, puisqu’il a été mentionné dans l’argument en faveur de la liberté égale pour tous et qu’il concerne une liberté moindre …

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Spiritualité

La spiritualité est l’au-delà de « l’institutionnalité », du fait institutionnel, de ce qui est institué et institutionnalisé ; il le « transcende ». Cet au-delà s’appelle « religiosité » quand il vise l’absolu et appelle celui-ci « Dieu ». La spiritualité, pour s’exprimer et se communiquer, a besoin de véhicule. Celui-ci s’appelle « esprit », « souffle » ou « âme », âme ou souffle de vie qui anime ce qui est institué et institutionnalisé. C’est lui qui fait la musique avec les notes de la gamme,

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