Charly, Job et la folie de Dieu

Faut-il avoir une maison pour réaliser le rêve d’une maison ?

Job, à la fin de sa vie ? Quand il se tait finalement devant Dieu en disant :

« Je sais que tu peux tout et qu’aucun projet n’échappe à tes prises. » (Livre de Job, chapitre 42, verset 2)

a-t-il déjà retrouvé sa famille, sa santé ?

Reconnaître Dieu abscons, serait-ce être guéri tout en étant malade ? Être en bonne santé ?

« Adonaï (Dieu) bénit l’après (l’avenir) de Job plus que son en-tête (son début, son origine, son principe). » (chapitre 42, verset 12, traduction d’André Chouraqui)

Donc un fondamentalisme biblique au-delà du littéralisme ? Miracle au-delà d’un miracle de guérison ; être fondamentalement guéri, donc être fondamentalement en bonne santé ?

Est-ce que la santé nous précède, comme en bonne théologie judéo-chrétienne le salut ? En conséquence, peut-on encore tomber malade ?

Serait-ce la folie de Dieu, ou la folie de la foi ? Jouer guéri, comme être guéri ? Au fond, ne sommes-nous pas tous des malades qui s’ignorent, donc en bonne santé ?

Être en situation de handicap profond règne de Dieu ? Plus de larmes ?

Que pleurons-nous, qui pleurons-nous quand nous pleurons ?

Regarder le monde de l’autre côté ?

C’est redoutable ; abscons … théologie absconse …

Significations du handicap mental – Guide de lecture

« Nous sommes jusqu’à présent, pour ainsi dire, les ordures du monde, le déchet de l’univers. » (Première épître de Paul aux Corinthiens, chapitre 4, verset 13)

La rubrique « Significations du handicap mental », appelée aussi « Guide de lecture », introduit le lecteur notamment dans mon site « ethikos.ch » pour lui faciliter l’orientation. Entre temps ce site est devenu complexe, un peu à l’image de l’univers du handicap. Il offre des entrées et des clés de lectures diverses, et comportent quelques centaines de pages ou d’articles, à des niveaux divers.

J’ouvre ici un tout petit portail. Les liens qui s’y trouvent font entrer le lecteur, – toujours à travers d’autres liens, donc par hyperliens -,  dans l’univers et le réseau de penser qui est le mien, dans le sujet du handicap mental « au-delà du handicap mental », c’est-à-dire dans une universalité qui dépasse le vécu des personnes en situation de handicap et qui nous concerne tous en tant qu’êtres humains. Ce portail et ses liens lui permettront peut-être de s’y retrouver plus facilement :

Qui es-tu, quelle est ta vie, quel est le sens que tu lui attribues, qui est l’autre pour toi, quel est ton dieu ? Continue reading

Familles avec un enfant en situation de handicap, avez-vous trouvé votre place en Église ?

On nous avait sollicités, les pasteurs et agents pastoraux protestants et catholiques de l’éducation spécialisée du canton de Vaud pour sonder les besoins spirituels des familles avec un enfant en situation de handicap habitant la région de La Côte. Nous avons invité une dizaine de familles que nous connaissons et nous avons organisé une soirée d’échange. Enfin, nous étions quatre aumôniers, un pasteur de paroisse, un représentant d’une école spécialisée et deux parents. Et la soirée était animée :

  • Oui, évidemment il y a un besoin, notamment pour les jeunes arrivés au bout de leur catéchisme.
  • Oui, il n’est pas simple de trouver un lieu adéquat quand le jeune a des difficultés de communication, un comportement inhabituel ou un déficit intellectuel.
  • Oui, il y a une volonté d’accueil, en paroisse, dans les groupes de jeunes, mais cela ne tient pas dans la durée.
  • Oui, pour les uns des participants à la soirée, il faudrait se tourner vers des communautés spécifiques comme « l’Etincelle » ou « Foi et Lumière » et créer un groupement de ce type dans notre région ; non pour les autres qui trouvent que l’intégration en paroisse devrait être une évidence.
  • Alors, une idée, allons avec nos publics cible en paroisse, en groupe, avec ces jeunes qu’on qualifie de « différents », de sorte que ces familles ne se sentent pas seules et marginales. Non, courage, chères familles, ne vous laissez pas marginaliser et allez-y, dans votre paroisse, là où cela vous semble bon. C’est aux paroisses de s’adapter, pas à vous ! Mais, cet accueil qui devrait être une évidence, – et si ce n’est plus le cas en paroisse, où cela est encore possible ? -, cette évidence n’est pas ou plus une évidence. Et les familles culpabilisent et se gênent. A tort ! Mais elles le font. Parce que dérange ce qui est différent, même en paroisse (surtout peut-être ? il y en a qui disent qu’au foot c’est plus simple).
  • Mais comment pouvons-nous cerner les besoins des familles quand les familles ne sont pas là, à notre rencontre, aujourd’hui ? Nous avons reçu des excuses pour ce soir, c’est vrai, parce qu’il y en a qui sont fatiguées, et, quel dilemme, il y en a qui ne peuvent pas venir parce qu’il y a ce jeune dont il faut s’occuper. Alors reprenons, une autre soirée, ou un samedi, avec un public plus large. Non, parce que, pour ces familles, il ne s’agit pas de discuter ce qu’il faudrait faire, mais faire quelque chose. Mais quoi, si nous ne connaissons pas leurs besoins et ne savons pas ce qu’il faut faire.

Perplexité ! Cette soirée plus ou moins entre spécialistes reflète la condition handicapée dans laquelle se trouvent les familles avec un enfant en situation de handicap, au moins un certain nombre d’entre elles.

Chères familles, que devons-nous faire, qu’attendez-vous de nous ? Tout ? Rien ? Quoi ? Que faites-vous, que pouvez vous faire pour prendre la place qui est la vôtre en Église ?

Cela nous intéresse, dites-le-nous, et si ce n’est que par un commentaire, ici sur cette page Internet.

Armin Kressmann, aumônier protestant à l’Institution de Lavigny 

Les fêtes chrétiennes et le socio-éducatif (Institution de Lavigny) : vision protestante, vision catholique

Je viens de revoir avec mon collègue aumônier catholique de l’Institution de Lavigny, Jean-Pierre Cap, le tableau des fêtes chrétiennes que j’avais fait pour usage au sein des groupes de résidents, avec l’intention d’articuler les significations religieuses des fêtes avec leurs rôles pédagogiques et éducatifs potentiels. Le consensus entre nous était large, avec cependant quelques différences, peut-être divergences, notables. Continue reading

Éducation et spiritualité 4 : Qui suis-je ? Un autre ? « Unité personnelle transductive »

« Grandir » et « diminuer » reflètent en soi déjà une certaine vision de la vie ; c’est le physique (le bio) qui s’impose aux autres dimensions de l’être.

On pourrait concevoir la vie autrement, prendre une autre des dimensions de l’être humain comme dominantes et revoir ainsi « grandir » et « diminuer » tout autrement ; ou, encore, on pourrait même abandonner la qualification « plus grand », « plus petit ». Continue reading