Significations du handicap mental 3 – Il s’agit de « connaissance »

Significations du handicap mental : 3 Il s’agit de « connaissance »

Ma méthodologie se veut recherche expérimentale telle esquissée par Jean-François Lyotard quand il parle du sujet qu’est le chercheur et de son positionnement tel que le conçoit Husserl :

« A partir des essences, deux orientations sont ouvertes : ou bien développer la science logique en mathesis universalis, c’est-à-dire constituer du côté de l’objet une science des sciences ; ou bien au contraire passer à l’analyse du sens pour le sujet des concepts logiques utilisés par cette science, du sens des relations qu’elle établit entre ces concepts, du sens des vérités qu’elle veut stabiliser, c’est-à-dire mettre en question la connaissance elle-même, non pas pour construire une ‘théorie’, mais pour fonder plus radicalement le savoir éidétique[1] radical. En prenant conscience que déjà dans la simple donation de l’objet, il y avait implicitement une corrélation du moi et de l’objet qui devait renvoyer à l’analyse du moi, Husserl choisit la seconde orientation. »[2]

Ce n’est pas l’essence qui m’intéresse, « das Sein », mais l’être dans le monde, « das Wesen », le fait d’exister, vivre et exister, trait qui donne « Gestalt » , cette « activité passive » ou « passivité active » que l’allemand nomme « wesen » et qui « gestaltet » la vie, donne vie à l’être, Continue reading

« Est permis ce qui plaît »

« Quod licet, libet » (Rhetorica ad Herennium)

« Che libito fe’ licito in sua legge » (Dante ; Inferno)

« Erlaubt ist was gefällt » (Goethe ; Torquato Tasso)

C’est un vieux débat : est permis ce qui plaît ou ce qui convient ?

Mais là n’est pas la question. Ce qui me préoccupe est le fait que pour certains est permis ce qui (leur) plaît, là où pour d’autres il y a des règles strictes. Davantage : on fait aujourd’hui comme si, pour tous, ce qui plaît était permis. Ici je ne suis pas moraliste et je ne pose pas la question de la justesse et de la justification de l’une ou de l’autre des deux positions. Ce qui me dérange est l’injustice commise à l’égard de ceux et celles qui n’ont pas les mêmes droits et les mêmes libertés.

La vie en institution sociale est fortement régulée. « Il y a des règles chez nous » est une phrase souvent entendue, non pas pour rappeler une évidence, mais comme levier pour imposer une réalité qui ne plaît pas, sans qu’on questionne cette réalité et son adéquation dans une situation donnée. En institution sociale est permis ce qui convient et non pas ce qui plaît. Les mécanismes de contrôle, – santé, hygiène, finances, sécurité, procédures, règlements, etc. -, sont tels que la liberté de l’individu est fortement restreinte. Sa liberté est définie, parfois au point qu’elle devienne obligation. « Nous savons, mieux que toi, ce qui te plaît. ». C’est un risque du projet personnel : que nous projetions sur la personne hébergée, en situation de handicap, ce qui lui a à plaire (et à convenir).

Comment distinguer ce qui pourrait lui plaire de ce qui nous plaît ?

Et c’est là, au plus tard et pour éviter toute confusion, parce que c’est embarrassant de définir un plaisir, qu’on revient à la convenance.

« Wo jeder Vogel in der freyen Luft

Und jedes Thier durch Berg und Thäler schweifend

Zum Menschen sprach: erlaubt ist was gefällt. » (Tasso)

« Nur in dem Wahlspruch ändert sich, mein Freund

Ein einzig Wort : erlaubt ist was sich ziemt. » (Prinzessin)

Armin Kressmann 2010

Soins et spiritualité : les espaces spirituels

Les deux axes fondamentaux (ce que j’appelle les bases anthropologiques du spirituel) sont

1. intériorité – extériorité, donc moi face à l’autre et

2. immanence – transcendance, donc ici face à ailleurs ou là et au-delà

Ils déploient l’espace spirituel :

Cet espace se divise en quatre champs

1. celui de l’intériorité – moi                  3. celui de l’immanence – ici

2. et celui de l’extériorité – hors moi     4. et celui de la transcendance – ailleurs

.

Et c’est dans ces quatre champs que se joue la question de l’identité, dans les quatre quadrants ouverts par nos deux axes de la spiritualité   :

1. la mêmeté, à l’intérieur du moi immanent

2. l’altérité, à l’intérieur du quadrant ouvert ici par un autre immanent

3. l’ipséité, à l’intérieur de moi me transcendant, un « moi-même comme un autre »

4. et la mystique, relation ouverte par un autre transcendant, une altérité toute-autre

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