L’assistance au suicide et l’utilitarisme

L’utilitarisme cherche à maximiser le bien-être du plus grand nombre ; dans sa version évoluée il dépasse le pur hédonisme (le plaisir comme principe de vie) en tenant compte du principe de réalité (la résistance de la réalité qui provoque des échecs et des souffrances).

« La bonne décision sera celle qui produit le meilleur rapport bénéfice-dommage ».[1]

« Une action est moralement bonne ou mauvaise uniquement en raison des ses conséquences pour le bonheur des individus concernés, ‘chacun comptant pour un, personne pour plus qu’un autre’ (Bentham). »[2]

« L’utilitarisme … pose une valeur suprême, l’augmentation du bien-être et la diminution de la souffrance de tous les êtres capables de ressentir du plaisir ou de la peine. »[3]

Dans notre situation, le patient souffre, c’est indéniable, il a de la peine ; comment rétablir son bien-être (ou diminuer son mal-être ; nous voyons qu’il y a deux leviers possibles dans une telle approche qui se veut « instrumentale » et presque « matérialiste » : dans un langage systémique et cybernétique on parlerait de rétroaction négative en vue d’une diminution de la souffrance ou d’une rétroaction positive pour renforcer le bien-être) ?

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Assistance au suicide et institutions sociales : quelles valeurs mettre en avant ?

La situation telle qu’elle peut se présenter concrètement dans un établissement où le médico-social et le socio-éducatif ainsi que le privé et le public se côtoient et interagissent est complexe ; une multitude de facteurs et de valeurs qui sont en jeu, se confrontent et se contredisent parfois :

-          Le respect et la protection de la vie

-          Suicide ou « autodélivrance » ; respect de la liberté, c’est-à-dire principe d’autonomie, ou « délivrance », c’est-à-dire principe de bienfaisance et de non-malfaisance ? Bioéthique et paternalisme :

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Assistance au suicide : EXIT et les institutions sociales

« EXIT – ADMD Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité Suisse romande » défend la position suivante[1] (le texte de mon article a été rédigé en 2004 ; il cite donc ce qui a figuré à la même époque sur le le site de l’organisation) :

« Tout adulte lucide, qui après avoir tout essayé, estime que la vie lui est devenue absolument insupportable, a le droit de prendre en charge sa mort et d’y être aidé. »

Elle donne comme objectif premier la lutte contre l’acharnement thérapeutique, mais ne mentionne pas les soins palliatifs. Elle mise pleinement sur l’autonomie et le droit à l’autodétermination du sujet et, en conséquence, ne parle pas de suicide mais « d’autodélivrance ».

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Assistance au suicide – une définition

L’administration par le biais de l’Office Fédéral de la Justice définit[1] :

« L’assistance au suicide consiste à fournir au patient la substance mortelle qu’il ingérera alors lui-même, sans intervention extérieure, pour mettre fin à ses jours. »

Par rapport à des organismes tels qu’EXIT elle dit :

« Des organisations telles que EXIT fournissent une assistance au suicide dans le cadre de la loi. Elles ne sont pas punissables tant qu’aucun motif égoïste ne peut leur être reproché. »

« Assistance au suicide 2 : une situation – conflits et enjeux éthiques

Assistance au suicide 4 : le cadre légal »


[1] www.ejpd.admin.ch

Assistance au suicide : une situation

« La vie humaine est sacrée », c’est ce que je pourrais poser comme absolu et couper ainsi court à tout débat. Ni avortement, ni euthanasie, ni suicide ! C’est comme ça ! C’est tentant pour un homme d’Église, je ne serais pas le seul. La vie humaine est sacrée, oui, en principe. La vie humaine n’appartient pas à l’homme, ni à l’homme ni à la femme. Elle les précède, elle est donnée. La vie ne se pèse que contre la vie.

Et pourtant ! Quelle vie ? Et la souffrance ? Et la dignité de la vie ?

J’entends et je respecte. Je respecte celui qui se prend la vie parce que pour lui sa vie n’est plus une vie, je respecte celle qui avorte parce qu’elle n’en peut plus, autrement, je respecte celui qui s’attaque à la vie pour défendre la vie, sa vie, celle des autres. Alors, « ce n’est pas si simple que ça » ! Eh oui. Il faudra argumenter et il faudra confronter les arguments.

Dis-moi, pourquoi veux-tu t’ôter la vie ?

C’est ta liberté ? Au nom de l’autonomie ? Parce que ce n’est plus une vie ? Parce que tu souffres trop ? Parce que tu ne peux plus ?

Argumentons ! Entre nous deux d’abord. Puis les arguments des autres.

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