- Que se passe-t-il dans une institution qui a la particularité d’avoir en son sein un secteur hospitalier et un secteur d’hébergement, c’est-à-dire un lieu de vie ? Faudrait-il une même « philosophie » ou différencier les secteurs ?
Dans une vision commune, je plaide pour le respect de la spécificité de chaque secteur. L’hôpital est un lieu de passage pour des personnes vivant ailleurs qui se trouvent en situation de crise de santé plus ou moins aiguë. Le secteur socio-éducatif constitue le domicile pour les personnes qui y résident.
- La situation particulière d’une institution qui, à part l’hôpital, héberge aussi des personnes avec une déficience mentale impose une prudence toute particulière. Il faut absolument éviter que ce qui se passe à l’hôpital ait des retombées symboliques négatives sur le secteur hébergement (imaginaire « eugénique »). Cet aspect parle pour la position qui veut que l’assistance au suicide ne se fasse pas à l’hôpital même. Par contre, un accompagnement d’un patient chez lui à son domicile me semble envisageable, sans que le personnel de l’institution soit directement impliqué dans les actes de « l’assistance ». Tenons aussi compte de la charge symbolique qui s’exerce sur ce dernier ; il faut l’accompagnons. Chacun, chacune doit rester libre et être respecté par les autres dans sa décision d’être associé aux derniers instants. Cela implique que les uns connaissent la position des autres, sans la juger.