11.12 L’accompagnement spirituel I – Saisir le bruit du silence ténu !

Significations du handicap mental : 11.12 L’accompagnement spirituel I – Saisir le bruit du silence ténu !

Saisir le bruit du silence ténu ! comme le prophète Elie (bible, premier livre des Rois, chapitre 19), c’est ce à quoi nous sommes invités quand la compréhension, la saisie, la lecture, l’interprétation d’une situation qui nous plonge dans la déprime nous laisse sans mots, quand la parole fait défaut, tout particulièrement dans les fracas des situations extrêmes.

A Wittgenstein et son

« Wovon man nicht sprechen kann, darüber muss man schweigen. » (Tractatus 7.)

je répondrais :

„Wo man nicht sprechen kann, da muss man hinstehen“, Continue reading

Assistance au suicide – Merci à Denis Müller pour ses propos clairs

Denis Müller sur son blog « Le temps de vivre », suite au débat avec J. Sobel d’Exit sur la TSR, Infra-Rouge du 7.12.10

« … Je maintiens qu’en Suisse, l’assistance au suicide, dans le code pénal (art. 115), est dépénalisée sous des conditions très strictes, mais en aucun cas légalisée/légitimée. Et que le texte ne dit heureusement nulle part que c’est un acte médical : « quiconque » aura, pour des motifs désintéressés, porté aide… ne sera pas puni… Mais la possibilité existe toujours d’une poursuite pénale, Voilà qui est sain et clair. On reste dans le pénal. Loin de l’idéologie de la bonne conscience. …

J’ai insisté sur le fait que nous devons toujours avoir « mauvaise conscience » – contre la bonne conscience dont trop souvent Exit fait preuve, banalisant ainsi la subjectivité …  Je maintiens que l’assistance au suicide est un acte non médical, à la différence de l’euthanasie si elle devait être dépénalisée. N’importe qui devrait – au fond de sa conscience ! – avoir le courage de donner le pentobarbital, s’il pense sérieusement agir par compassion désintéressée et par amour pour la personne qui le lui demande. Il est hypocrite d’y voir un geste médical ! L’important, c’est l’interdit du meurtre … »

Lire l’ensemble de son article « L’hypocrisie d’Exit et de l’auto-délivrance par médecin assistant » …

La seule attitude en l’occurrence « digne » est celle qu’Otfried Höffe appelle dans la NZZ du 27.2.2010 une « tragédie partagée »,

… et ce n’est que celui qui partage réellement la tragédie d’une vie qui peut à la limite revendiquer d’agir par passion, souffrance, com-passion.

L’assistance au suicide et l’utilitarisme

L’utilitarisme cherche à maximiser le bien-être du plus grand nombre ; dans sa version évoluée il dépasse le pur hédonisme (le plaisir comme principe de vie) en tenant compte du principe de réalité (la résistance de la réalité qui provoque des échecs et des souffrances).

« La bonne décision sera celle qui produit le meilleur rapport bénéfice-dommage ».[1]

« Une action est moralement bonne ou mauvaise uniquement en raison des ses conséquences pour le bonheur des individus concernés, ‘chacun comptant pour un, personne pour plus qu’un autre’ (Bentham). »[2]

« L’utilitarisme … pose une valeur suprême, l’augmentation du bien-être et la diminution de la souffrance de tous les êtres capables de ressentir du plaisir ou de la peine. »[3]

Dans notre situation, le patient souffre, c’est indéniable, il a de la peine ; comment rétablir son bien-être (ou diminuer son mal-être ; nous voyons qu’il y a deux leviers possibles dans une telle approche qui se veut « instrumentale » et presque « matérialiste » : dans un langage systémique et cybernétique on parlerait de rétroaction négative en vue d’une diminution de la souffrance ou d’une rétroaction positive pour renforcer le bien-être) ?

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Assistance au suicide et institutions sociales : quelles valeurs mettre en avant ?

La situation telle qu’elle peut se présenter concrètement dans un établissement où le médico-social et le socio-éducatif ainsi que le privé et le public se côtoient et interagissent est complexe ; une multitude de facteurs et de valeurs qui sont en jeu, se confrontent et se contredisent parfois :

-          Le respect et la protection de la vie

-          Suicide ou « autodélivrance » ; respect de la liberté, c’est-à-dire principe d’autonomie, ou « délivrance », c’est-à-dire principe de bienfaisance et de non-malfaisance ? Bioéthique et paternalisme :

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Assistance au suicide : le cadre légal

Dans l’accompagnement de personnes en fin de vie ou en situation de souffrance lourde et par rapport à la question de l’euthanasie et de l’assistance au décès, voire au suicide, ne se pose pas seulement la question des interdits à l’atteinte de l’intégrité corporelle et à la vie, mais aussi, plus positivement, celle du respect, de la protection et de la promotion de la vie et de sa dignité. Ainsi, la constitution fédérale stipule :

« Art. 7           La dignité humaine doit être respectée et protégée.

Art. 10/1         Tout être humain a droit à la vie … »

Cette protection doit être mise en relation avec la liberté :

« Art. 10/2                Tout être humain a droit à la liberté, notamment à l’intégrité physique et psychique … »

Déjà là, deux valeurs sont à contrebalancer, celle de la liberté personnelle et celle de la protection la vie.

Ainsi, en Suisse, la conception de la liberté va très loin et le suicide n’est pas interdit par la loi, et l’assistance au suicide, sous certaines conditions, non plus. Le Code pénal dit seulement :

« Art. 115         Celui qui, poussé par un mobile égoïste, aura incité une personne au suicide, ou lui aura prêté assistance en vue du suicide, sera, si le suicide a été consommé ou tenté, puni de la réclusion pour cinq ans au plus ou de l’emprisonnement. »

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