« ReSpirE – Spir » : spiritualité, un langage qui devient message (définition)

Dans mon article « ReSpirE – grammaires éthiques, spirituelles, religieuses » je définis trois niveaux de ce qu’on peut appeler « spiritualité » :

  1. Spiritualité comme quatrième dimension dans un modèle bio-psycho-socio-spirituel
  2. Spiritualité comme esprit ou âme, donc culture d’une organisation ou institution
  3. Spiritualité comme orientation, nommant origines et finalités, donc l’ultime, le sens et la motivation Continue reading

L’universalité de l’exclusivité christologique (suite à Jean 15,1)

L’exclusivité de la christologique (« Je suis la vraie vigne », évangile selon Jean, chapitre 15, premier verset) se situe au niveau de la fides qua (comment croire ? l’éthique) et devient ainsi universelle. Elle n’a plus besoin de la fides quae (que croire ? la dogmatique) et peut ainsi se passer d’une confession de foi explicite qui déclare : « Jésus Christ Seigneur. »

Elle peut s’en passer parce qu’elle le manifeste en actes.

Nous nous trouvons ainsi devant un « libéralisme confessant » (ou professant, confessant ce qui est à confesser par la profession et un certain « professionnalisme », mais pas tous, quand on est en milieu professionnel), et un Christ universellement accessible, au-delà du christianisme (donné à l’humanité).

C’est la raison pour laquelle l’éthique prime sur la dogmatique (et la vie sur le culte, sauf là où la vie est culte).

Cependant, quelle serait la dimension confessante explicite indispensable qui reste, christologique au-delà du christianisme ?

Le don ! ou la grâce, c’est-à-dire la reconnaissance de ce que je fais (en accord avec la Parole) comme donné, et non pas comme mérite, en comptant sur mes propres forces, mais en la faisant en comptant sur l’autre, celui « pour et avec » lequel je le fais. C’est l’autre qui me sauve quand je m’engage « pour et avec » lui ; c’est lui qui « me réalise ». Il y aurait donc réalisation ou accomplissement de soi par l’autre, et c’est ainsi que je porte du fruit (Jean 15 ; contre Maslow ?).

« Il n’y a pas d’autonomie du faire » (Jean Zumstein) sauf celle de reconnaître autrui comme règle de ma vie, et cela d’une manière autonome.

Armin Kressmann 2012

Jean 15,1-8 ; notes exégétiques et une piste homilétique : « il n’y a pas d’autonomie du faire » ou c’est l’autre qui est mon salut

(avec Jean Zumstein ; L’évangile selon saint Jean (13-21) ; Labor et Fides, Genève 2007, p. 94-104)

Et malgré tout, c’est l’éthique qui prime sur la dogmatique.

v. 1-8          L’image de la vigne : demeurer en Christ

v. 9-11         Demeurer dans son amour

v. 12-17       Le commandement d’amour

Un « réseau métaphorique » : un rapport vital Continue reading

« ReSpirE » – grammaires éthiques, spirituelles, religieuses

Qu’est-ce qui tient ensemble ce « ReSpirE » qui je défends et qui se trouve à la base de mes réflexions et de mon engagement comme pasteur et aumônier ?

Mark Hunyadi parle de grammaires éthiques, de systématiques diverses, quand il faut décrire le champ éthique, les différents types d’éthique possibles pour aborder un enjeu éthique (éthique déontologique, utilitariste, objective, procédurale, de vertu, etc.). Moi-même, dans mon travail sur la spiritualité dans les institutions sociales de 2008, je donne une vision globale des différents types de spiritualité. George Lindbeck[1], s’inspirant de Wittgenstein et de ses « jeux de langage », applique le concept de cultures ou de grammaires même aux religions et considère la dogmatique d’une religion comme sa grammaire, en articulant celle-ci finalement de nouveau avec la vie elle-même (« Lebensform »[2]), ce qui la fait rejoindre l’éthique, avec ses grammaires : Continue reading