11.5 Besoins ou moyens ? – « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres »

Significations du handicap mental : 11.5 Besoins ou moyens ? – « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres »

La courbe de la vulnérabilité en fonction de l’âge délimite deux champs distincts, celui qui se trouve sous la courbe, la vulnérabilité, et l’autre qui est au-dessus, la « capabilité ». Travailler à partir de la première est travailler sur les besoins, à partir de la seconde sur les capacités. Les approches d’accompagnement respectives sont fondamentalement différentes, de soin dans un cas, éducative dans l’autre cas. Un accompagnement professionnel misera toujours sur l’une ou l’autre, souvent les deux, et cela en fonction de la situation dans laquelle le patient ou le résident se trouve.

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Significations du handicap mental 9 – Et il s’agit d’une méthodo-logie

Significations du handicap mental : 9 Et il s’agit d’une « méthodo-logie »

La matière que je travaille, le handicap mental, n’est pas seulement marginale et marginalisée, mais, étant à la marge et renvoyant au-delà de la marge, beaucoup plus étendue que ce qui est considéré comme central. Etant périphérie elle englobe l’ensemble, le contient donc. Nous touchons ici à un point fondamental : l’exception n’est pas le handicap (mental), mais ce que nous appelons la normalité. La normalité fait partie d’un univers infiniment plus large qu’est celui des exceptions. La normalité est la plus petite des poupées à l’intérieur d’une babouchka, d’un ensemble de poupées russes dont nous ne savons pas laquelle est la plus grande, la folie ou le génie. La normalité est une réduction, parler de normalité du réductionnisme ; toute science est réductionnisme, la théologie, touchant la question de Dieu, tout particulièrement. Travailler par blog Internet est une manière de reconnaître ceci. Je dis, hic et nunc, ce qui est à dire, je ne dis rien, et en ne rien disant, je dis tout, tout ce qui est à dire.

En conséquence, ma méthodologie n’est pas uniforme et rectiligne, mais un composite de méthodologies diverses, autant scientifiques expérimentales que phénoménologiques, une réflexion plus ou moins libre et originale qui veut répondre à d’autres critères formelles :

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Face à la mort : « ReSpirE – Religion, Spiritualité, Ethique »

« Le sens du monde réside hors monde. »

« Je sais que le monde existe. Que je m’y trouve comme mon œil dans mon champ visuel. Qu’il y a quelque chose de problématique, ce que nous appelons son sens. Que ce sens ne réside pas en lui, mais en dehors de lui. Que la vie est le monde. » (Ludwig Wittgenstein)

Enjeux et questionnements

La question de la mort et de la vie après la mort est d’abord philosophique et, en l’occurrence devant le handicap mental profond, pédagogique, ensuite religieuse :

Dans nos relations, reconnaissons-nous une référence commune, un tiers commun autre que la loi (c’est-à-dire tout ce qui est institutionnel dans le sens large du terme) ? Et si oui, qui est-il ?

Avec la mort, la question de l’ultime, du premier et du dernier fait irruption.

« ReSpirE » : la spiritualité pose la question, la religion y répond concrètement (elle nomme l’ultime, rend visible l’invisible, accessible l’inaccessible) et l’éthique en tire les conséquences pratiques.

  • Quel est le sens de la vie ? Et de quoi découle-t-il ? Quel est le souci ultime et comment se concrétise-t-il ? Quel est le sens de la mort ?
  • Qui est au centre des funérailles ? Le défunt ou les survivants ? La mort ou la vie ?
  • Dans nos relations et devant les ruptures des relations, reconnaissons-nous une autre référence que toi et moi ? Y a-t-il un tiers dans nos histoires de vie ?
  • A qui attribuer le pouvoir absolu, le pouvoir sur la vie et sur la mort ?
  • Qui porte la responsabilité ultime ? Moi, toi, l’institution, l’État, la société, Dieu ?
  • Et qui porte la coulpe, la culpabilité objective ? Peut-il avoir pardon ?

Armin Kressmann 2011

L’État et le Royaume de Dieu

Est-ce que le Royaume de Dieu a, de près ou de loin, la forme d’un État ?

Pour réguler le vivre ensemble, l’État se donne des lois.

L’amour du prochain, comme commandement (évangile selon Matthieu, chapitre 22, versets 37ss), est la  « loi » du Royaume de Dieu. Cependant, dans le Royaume de Dieu, l’amour du prochain est une évidence ; l’utopie est devenue réalité. En tant que réalité vécue, le Royaume de Dieu n’a plus besoin de loi ; l’amour est incarné, par toutes et tous.

En conséquence, le Royaume de Dieu, si comparaison il fallait, correspondrait à ce que nous appelons la société civile. Celle-ci est régulée par la morale : je sais ce que j’ai à faire, je n’ai pas besoin d’une loi extérieure qui me le commande.

La différence entre la société civile et le Royaume ?

Une fois je sais, l’autre je fais.

Donc, le Royaume, pourquoi n’est-il pas réalité, ici et maintenant ?

« Le bien que je veux, je ne le fais pas et le mal que je ne veux pas, je le fais. » (Lettre de Paul aux Romains, chapitre 7, verset 19)