Il y a miracle et miracle, ce qu’on appelle en allemand « Wunder » et ce qu’on appelle « Mirakel », miracle le premier, prodige le second. D’abord celui-ci :
Tag Archives: Esprit Saint
Religion et spiritualité : vision classique et vision moderne
Religion est Dieu institutionnalisé, rendu audible, visible, tangible, à travers des représentations, la parole, des rites, des dogmes, des images, des actes, une morale, etc., donc médiation entre une réalité par définition en soi inaccessible, la transcendance, et le monde des humains, dans l’immanence. Traditionnellement la spiritualité est spiritualité religieuse, en principe ascèse, – activement faire du vide, se dépouiller, pour accueillir l’Esprit, la présence de Dieu -, ou mystique, – entrer en lien direct avec Dieu lui-même, recevoir le tout, sans aucune autre médiation :
Traditionnellement, la spiritualité fait partie du religieux, comme l’art, pour une bonne part, comme l’éthique ou la morale.
Aujourd’hui, c’est différent, ce qu’on peut appeler l’émancipation du spirituel,
La catéchèse existentielle et le triangle catéchétique
Suite à Maurice Baumann
Points de départ, quatre questions :
Où suis-je?
Que fait-on ici?
Pourquoi suis-je là?
Qu’est-ce que je fais là?
Avant tout apprentissage, il faut être au clair sur ce qu’on fait et être d’accord de le faire. D’où la nécessité d’un contrat: il faut accepter le jeu et ses règles. Une catéchèse existentielle met le destinataire face à un contenu et face au monde et l’accompagne dans sa quête d’identité, dans la construction de sa relation au monde, à soi-même et aux autres.
Spiritualité et spiritualités : étymologie et histoire (Lucy Tinsley)
L’étude la plus complète sur l’histoire et la sémantique des mots « spiritualité » et « spirituel » dans la langue française jusque dans les années cinquante a été menée par Sœur Lucy Tinsley :
Lucy Tinsley ; The French Expressions for Spirituality and Devotion, A Semantic Study; The catholic University of America Press, Washington 1953
SPIRITUALITAS and ASCETAE … are striking examples of words not found in the Vulgate, but which did develop in the early Christian centuries and then practically disappear even in Latin, having in consequence no place in early Old French. (p. 10)
SPIRITUALITAS (formed on the adjective SPIRITUALIS) was the product of Ecclesiastical Latin, and while always very rare, probably never became entirely obsolete. (p. 11)
Esprit avec majuscule, ou avec minuscule ? (Klauspeter Blaser)
Le même mot. Selon qu’on l’écrive avec une grande ou avec une petite lettre, il nous entraîne dans des paysages tout à fait différents. Mais il y a une incertitude : les grandes constructions de l’esprit humain ne méritent-elles pas une majuscule ? Et l’incognito de l’Esprit, qui discrètement sort du lot, ne serait-il pas plus adéquatement saisi par la minuscule ?
La question laisse supposer un imbroglio, trop difficile pour y voir clair et en disséquer les composantes. Dans les histoires que la Bible raconte, la différence est nette. Ici, l’Esprit Saint ou divin, qui continue à faire briller l’étoile du matin pendant la journée, puis au soir de l’humanité et de chacun des croyants, qui les anime, les soutient et les renouvelle : l’Esprit les envahit sans même qu’ils le remarquent. Là, l’esprit de tout un chacun, assorti de plus ou moins de génie, d’intelligence, d’inventivité, mais toujours prêt à des entreprises pour le meilleur et pour le pire. Il ne faut pas le confondre avec l’Esprit, même si l’esprit ne saurait exister sans lui. Alors, quel degré de parenté ? Dieu est au ciel, l’homme sur la terre, constate la Bible sobrement.
Question saugrenue, celle du titre ? Pas forcément. Il va de notre auto-évaluation que nous aimerions naturellement aussi positive que possible. L’homme et sa raison sont-ils à même de remplacer ce que, avant la période dont nous sommes les enfants et qu’on appelle éclairée, on a appelé « Dieu », plus tard « Transcendance » ou « Altérité » ? Dieu et l’homme : même combat ? Capable des plus grands exploits bénéfiques comme des plus grandes horreurs, l’espèce est constamment placée devant la question de savoir si elle veut vraiment jouer au Dieu ou se contenter d’un rôle plus modeste, plus adéquat. Rappel apparemment inutile, vu les nombreuses Tours de Babel, mais si nécessaire ! Envers et contre tout.
Klauspeter Blaser, Coup de foudre ; Labor et Fides, Genève 2003
