« respirE – Éthique (théologique) »

Significations du handicap mental : 11.14.3 « respirE – Éthique (théologique) »

Une centaine d’articles de ce blog « ethikos.ch » traite d’éthique et de bioéthique, une partie plus spécifiquement d’éthique du handicap (mental), dont un certain nombre se recoupe avec la spiritualité.

L’assistance au suicide a été le sujet d’un travail de séminaire lors de ma formation en éthique médicale. Mais la problématique est aussi aiguë en milieux d’éducation, là où la capacité de discernement est donnée. En institution socio-éducative, faut-il entrer en matière quand il y a demande d’accompagnement d’assistance au suicide, d’une manière organisée ou non, qui, comment, quelles sont les limites de l’accompagnement, quelles sont les implications pour l’entourage, par rapport aux valeurs défendues par l’institution (l’établissement), la mission, etc. ?

Dans ce même cadre de formation j’ai travaillé la question de l’autonomie, premier des quatre piliers de la bioéthique (avec la bienfaisance, la justice et l’équité). Ce principe est aussi celui qui est le plus souvent avancé dans les milieux éducatifs, étant pour la majorité des éducateurs la finalité de leur engagement. Je l’ai en un premier temps articulé avec la bienfaisance, puis élargi le champ vers la « capabilité » et la vulnérabilité, ce qui est indispensable quand on est devant et avec des personnes aussi fragiles et fragilisées.

Théologiquement, mais peut-être aussi anthropologiquement, l’autonomie est un non-sens. Continue reading

« reSPIRe – Spiritualité »

Significations du handicap mental : 11.14.2 « reSPIRe – Spiritualité »

La spiritualité en tant que dimension fondamentale de l’être humain est aujourd’hui reconnue dans la plupart des milieux de santé et d’éducation. Ce qu’est la spiritualité par contre, est controversé. Les uns la réduisent toujours au religieux, les autres se distancent clairement de cet aspect. Les approches divergent et les définitions foisonnent[1].

Ma définition de la spiritualité est simple :

à partir d’esprit et de respiration, de sa dimension de liberté, je l’articule avec religiosité, qui lui donne sa perspective d’ultime et d’absolu, tout en la mettant en forme ; mais je l’ouvre vers les autres formes, moins exigeantes en ce qui concerne la quête d’absolu : l’art et l’éthique ; d’où mon engagement sur le terrain aussi dans ces domaines (par le clown, des ateliers de partage et de réflexion, le sport, la participation à des lieux qui se penchent sur la déontologie, bientraitance-maltraitance, etc.).

Une centaine d’articles de mon site Internet traite de ce sujet, de près ou de loin. Une bonne part est issue du mandat qui m’a été confié en 2008 sur « La spiritualité dans les institutions sociales ». D’autres ont été le résultat de conférences, en milieu de soins et/ou en milieu d’éducation.

Armin Kressmann 2011


[1] Indication du caractère insaisissable et indéfinissable de ce qu’est la spiritualité ; comme la liberté, liée à la spiritualité.

« REspire – Religion »

Significations du handicap mental : 11.14.1 « REspire – Religion »

Dans une série d’articles, dont « Spiritualité et religion, comment les distinguer » qui peut servir de portail, je tâche de tenir compte de ce changement paradigmatique qui fait que la spiritualité n’est plus subsumée sous le religieux, mais le religieux, dans ses différentes formes particulières (religions, confessions, communautés, tendances, etc.), sous le spirituel. Je dirais aujourd’hui, que le religieux est premièrement spiritualité institutionnalisée, – c’est-à-dire rendue sensible et intelligible -, et deuxièmement, sa spécificité particulière, explicitation de l’ultime, donc réponse concrète à la question de Dieu[1]. Par ce passage, le religieux change lui-même, et peut prendre des formes toutes autres qu’ecclésiales, parfois régissant notre vie comme autrefois l’Église, dans sa forme globalisée du marché libre par exemple, où le gain, donc l’argent, – et je ne polémique pas -, est devenu finalité et a pris la place de l’absolu.

 Armin Kressmann 2011 


[1] Je rappelle ma position par rapport à l’accompagnement spirituel en milieu éducatif : en tant qu’éducateur il ne s’agit pas de faire avec Dieu, mais avec la question de Dieu, donc d’accompagner le résident dans ses questionnements et dans la mise en place de réponses concrètes.

11.5 Besoins ou moyens ? – « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres »

Significations du handicap mental : 11.5 Besoins ou moyens ? – « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres »

La courbe de la vulnérabilité en fonction de l’âge délimite deux champs distincts, celui qui se trouve sous la courbe, la vulnérabilité, et l’autre qui est au-dessus, la « capabilité ». Travailler à partir de la première est travailler sur les besoins, à partir de la seconde sur les capacités. Les approches d’accompagnement respectives sont fondamentalement différentes, de soin dans un cas, éducative dans l’autre cas. Un accompagnement professionnel misera toujours sur l’une ou l’autre, souvent les deux, et cela en fonction de la situation dans laquelle le patient ou le résident se trouve.

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11.3 Humain capable, humain vulnérable

Significations du handicap mental : 11.3 Humain capable, humain vulnérable

Qu’est-ce qui fait l’homme ?

Capable, « presque un dieu » (Psaume 8,6), vulnérable, « qu’est donc l’homme pour que tu penses à lui, l’être humain pour que tu t’en soucies ? » (Psaume 8,5) ?

Ce double trait qui caractérise l’être humain, ses capacités et sa vulnérabilité, traverse l’ensemble de l’accompagnement et de la « prise en charge » des personnes fragiles, les soins, l’éducation, la formation et les thérapies, si ce n’est pas le vivre ensemble tout court. Le rapport à autrui est toujours un donner et un recevoir, le rapport à soi-même un s’investir et un lâcher prise. Action et passivité, agir et subir caractérisent les liens que nous avons avec nous-mêmes, avec notre environnement et notre entourage. Et les institutions, dans le sens large du terme, sont là pour  organiser le tout, lui donner l’espace nécessaire pour qu’il puisse s’exprimer librement et répondre aux besoins des uns et des autres.

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