L’autonomie du patient – mythe ou réalité ?

Autonomie et liberté

Quand on dit « autonomie », dans le langage de tous les jours, en général, on entend souvent « liberté », liberté subjective, sans limites, la liberté et le pouvoir de faire ce qu’on veut. C’est ainsi, avec le mot « autonomie », qu’il y a tout un champ d’idées et de concepts qui s’ouvre, mots et concepts qui s’interpénètrent et se confondent ou s’opposent parfois : autonomie, liberté, autodétermination, volonté, libre arbitre, hétéronomie, limitation, dépendance et indépendance, discernement, consentement, loi, obéissance, exploitation ou oppression, etc. Et, en général, l’autonomie, avec la liberté, est du bon côté, du côté de ce qu’on cherche, de ce dont tout le monde rêve et qu’il revendique pour soi-même. Cependant, très vite, on s’aperçoit que la liberté qu’on sous-entend ne peut pas être absolue. D’abord, elle trouve des limites en nous-mêmes, dans notre nature, biologique et psychologique ; c’est évident. Elle est aussi limitée par l’environnement, d’abord naturel, ensuite social et culturel. L’être humain, comme tous les êtres, dépend de son environnement. En tant qu’êtres vivants, nous sommes des êtres relationnels. La liberté est toujours liberté relative. Même si on prend la liberté dans un sens plus restreint en ne pensant qu’à son côté social ou politique, nous devons reconnaître que la liberté de l’un affronte la liberté de l’autre, que la liberté ne peut pas être absolue si on veut vivre les uns avec les autres ; elle a des limites. La liberté est limitée par la liberté ! C’est un principe libéral. Maintenant, ou bien on est limité par la liberté d’autrui, en quelque sorte de l’extérieur, ce qui est une sorte d’hétéronomie, ou bien, en toute liberté, on s’autolimite. Nous voilà arrivés à l’autonomie.

L’autonomie – auto nomos, se donner sa propre loi -, n’est donc pas liberté absolue, mais la faculté et la liberté d’être son propre législateur, de s’imposer ses propres règles et de les respecter en toute liberté. En découle le principe de l’autodétermination,

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La bioéthique classique

La bioéthique classique, ce qu’on appelle aussi le « principlisme », se fonde sur quatre grands principes :

  • L’autonomie
  • La bienfaisance
  • La non-malfaisance
  • La justice ou l’équité

Ces principes sont posés sans trop se soucier de leurs fondements. Ils trouvent un consensus là, – au niveau du fondement philosophique, idéologique, théologique, spirituel, etc. -, où il y aurait diversité, où des familles morales se regrouperaient d’un côté (« moral friends » ), des familles morales s’opposeraient de l’autre côté (« moral strangers »). Les principes sont simples et opérationnels, c’est l’essentiel, notamment dans la recherche biomédicale (d’où ils viennent à l’origine), un peu moins dans la clinique . Ils font plus ou moins l’unanimité, même si, dans leur application, il y a de nouveau diversité et surtout le problème de leur hiérarchisation : en situation concrète, lequel des quatre principes est prioritaire ?

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