L’assistance au suicide et l’utilitarisme

L’utilitarisme cherche à maximiser le bien-être du plus grand nombre ; dans sa version évoluée il dépasse le pur hédonisme (le plaisir comme principe de vie) en tenant compte du principe de réalité (la résistance de la réalité qui provoque des échecs et des souffrances).

« La bonne décision sera celle qui produit le meilleur rapport bénéfice-dommage ».[1]

« Une action est moralement bonne ou mauvaise uniquement en raison des ses conséquences pour le bonheur des individus concernés, ‘chacun comptant pour un, personne pour plus qu’un autre’ (Bentham). »[2]

« L’utilitarisme … pose une valeur suprême, l’augmentation du bien-être et la diminution de la souffrance de tous les êtres capables de ressentir du plaisir ou de la peine. »[3]

Dans notre situation, le patient souffre, c’est indéniable, il a de la peine ; comment rétablir son bien-être (ou diminuer son mal-être ; nous voyons qu’il y a deux leviers possibles dans une telle approche qui se veut « instrumentale » et presque « matérialiste » : dans un langage systémique et cybernétique on parlerait de rétroaction négative en vue d’une diminution de la souffrance ou d’une rétroaction positive pour renforcer le bien-être) ?

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Les fondements multiples de la (bio)éthique

La bioéthique utilise-t-elle l’autonomie morale au sens de Kant ?

N’est-ce pas plutôt l’autonomie politique dans la conception de Locke ou de Mill[1] ?

Déjà H. Doucet se pose la question dans son livre « Au pays de la bioéthique » [2] :

« Lorsque l’on cherche à approfondir le sens du concept, une première question surgit : à quelle école de pensée, le concept d’autonomie utilisé en bioéthique appartient-il ? Appartient-il à l’école kantienne, comme beaucoup d’auteurs et de manuels semblent l’insinuer, ou à la philosophie de Mill en raison de la place que ce philosophe donne aux choix individuels ? … »

Malgré les différences considérables entre ces deux philosophes que sont Kant et Mill, ces derniers sont habités par une préoccupation commune : secouer le joug des autorités et des institutions qui exercent leur contrôle sur les individus en raison du fait que ces derniers possèdent une valeur indépendante des sociétés dans lesquelles ils vivent, des cultures qui les ont vu naître et évidemment des circonstances. …

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Kant et le handicap : « Fondements de la métaphysique des mœurs » : « Übergang von der populären sittlichen Weltweisheit zur Metaphysik der Sitten »

« Grundlegung zur Metaphysik der Sitten »[1]

Zweiter Abschnitt

Übergang von der populären sittlichen Weltweisheit zur Metaphysik der Sitten

„… wenn es auch niemals Handlungen gegeben habe, die aus solchen reinen Quellen entsprungen wären, dennoch hier auch davon gar nicht die Rede sei, ob dies oder jenes geschehe, sondern die Vernunft für sich selbst und unabhängig von allen Erscheinungen gebiete was geschehen soll.“ p. 49

C’est l’idéal qui l’emporte sur la réalité ; c’est vers l’idéal que nous devons tendre, même si la réalité n’y est pas (encore ?), un principe pédagogique qui mise sur l’homme et son avenir.

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Le handicap mental : entre immanence et transcendance, autonomie et bienfaisance

Hypothèses de travail :

1) Le handicap mental est handicap d’autonomie et vice versa (« Ein-eindeutigkeit »), c’est quasiment une définition. D’où son intérêt théorique particulier qui pourrait être un champ d’investigation et d’expérience pour les grandes théories du libéralisme et du communautarisme, voire d’autres grammaires morales ou éthiques. Si je dis « investigation et expérience », je pense à quelques chose comme la méthode « d’enquête »[1] d’un John  Dewey qui rapproche les sciences, et par là une partie importante de la médecine, du social et unifie le politique, le pédagogique et l’éthique[2].

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L’autonomie du patient – mythe ou réalité ?

Autonomie et liberté

Quand on dit « autonomie », dans le langage de tous les jours, en général, on entend souvent « liberté », liberté subjective, sans limites, la liberté et le pouvoir de faire ce qu’on veut. C’est ainsi, avec le mot « autonomie », qu’il y a tout un champ d’idées et de concepts qui s’ouvre, mots et concepts qui s’interpénètrent et se confondent ou s’opposent parfois : autonomie, liberté, autodétermination, volonté, libre arbitre, hétéronomie, limitation, dépendance et indépendance, discernement, consentement, loi, obéissance, exploitation ou oppression, etc. Et, en général, l’autonomie, avec la liberté, est du bon côté, du côté de ce qu’on cherche, de ce dont tout le monde rêve et qu’il revendique pour soi-même. Cependant, très vite, on s’aperçoit que la liberté qu’on sous-entend ne peut pas être absolue. D’abord, elle trouve des limites en nous-mêmes, dans notre nature, biologique et psychologique ; c’est évident. Elle est aussi limitée par l’environnement, d’abord naturel, ensuite social et culturel. L’être humain, comme tous les êtres, dépend de son environnement. En tant qu’êtres vivants, nous sommes des êtres relationnels. La liberté est toujours liberté relative. Même si on prend la liberté dans un sens plus restreint en ne pensant qu’à son côté social ou politique, nous devons reconnaître que la liberté de l’un affronte la liberté de l’autre, que la liberté ne peut pas être absolue si on veut vivre les uns avec les autres ; elle a des limites. La liberté est limitée par la liberté ! C’est un principe libéral. Maintenant, ou bien on est limité par la liberté d’autrui, en quelque sorte de l’extérieur, ce qui est une sorte d’hétéronomie, ou bien, en toute liberté, on s’autolimite. Nous voilà arrivés à l’autonomie.

L’autonomie – auto nomos, se donner sa propre loi -, n’est donc pas liberté absolue, mais la faculté et la liberté d’être son propre législateur, de s’imposer ses propres règles et de les respecter en toute liberté. En découle le principe de l’autodétermination,

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