Comment définir le professionnalisme de l’accompagnement spirituel dans une perspective chrétienne ?

  • Au centre des préoccupations est la personne.
  • La personne au centre, l’ultime doit aussi être une personne.
  • Une personne, c’est un nom, voire un prénom.
  • Le nom de l’ultime en tant que personne est Dieu. Continue reading

Comment sans choix être autonome ?

5ème article de la série On m’appelle handicapé

Je vous propose donc de me prendre comme je suis, un être humain et une personne comme vous. Ma vie n’a pas plus ni moins de valeur que la vôtre. Je suis un être humain et une personne comme vous. Prenez-moi comme je suis. Je dois aussi vous prendre comme vous êtes ; moi-même dans ma situation, dans la dépendance qui est la mienne, je n’ai pas le choix et beaucoup moins de moyens et de possibilités à me soustraire à ceux et celles qui sont là et qui s’occupent de moi, qui entrent dans ma chambre, qui me soignent, font ma toilette, me douche et m’habillent, et qui me nourrissent. On ne me demande pas si toutes ces personnes qui passent, qui viennent et qui partent me plaisent et me conviennent. Il y en a qui sont gentilles, d’autres sont rudes. C’est l’institution qui les choisit, qui décide pour moi, ni ma famille ni mon tuteur ; ces derniers, à ce sujet, n’ont rien à dire et quand ils s’en expriment, ils prennent le risque d’être mal vus. Vous voyez, nous les « fous » et les « monstres » sommes très tolérants et supportons des choses que vous n’accepteriez pas. Pour nous, pas de libre choix des intervenants, ni de chambre, ni du menu du jour, ni de l’heure du coucher ou du lever. Alors, quand nous nous défendons à notre manière, par des cris, des comportements dits inadéquats, des réactions fortes, physiques ou psychiques, essayez de comprendre ce que nous voulons dire.

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Le jeu comme enjeu – Johan Huizinga

J’ai proposé le concept du jeu comme mode de communication fondamental, notamment avec des personnes mentalement handicapées.

Cela pour plusieurs raisons :

  1. La réalité de l’autre en tant que telle et comme il la conçoit nous échappera toujours
  2. La distinction entre ce qui est « sérieux » et ce qui est « jeu » est en conséquence discutable
  3. Le jeu permet la mise en égalité de joueurs a priori inégaux (par le « handicap ») ; le jeu est liberté (Huizinga)
  4. Dans un espace régulé par les règles du jeu
  5. Celles-ci élaborées par les joueurs lors du jeu
  6. À l’intérieur d’un autre espace, l’institution qu’on pourrait aussi concevoir comme espace de jeu, qui permet (devrait permettre), favorise et soutient cette élaboration
  7. Donc une succession d’espaces (institutionnels) conçus comme espaces de jeu, espaces intermédiaires, « entre », là où se retrouve la personne handicapée régulièrement
  8. Une succession qui, ce serait à étudier, pourrait permettre à cheminer ensemble « hors handicap », en handicapant, si besoin était, la « personne non-handicapée » (cf. Le « handicap » – le terme, son histoire et soin origine)

Reste à discuter la conception du jeu comme réalité ou de la réalité comme jeu, le côté ludique ou sérieux de la réalité. Les auteurs, me semble-t-il, ont des avis divergents.

Commençons avec le « classique », Johan Huizinga, et son livre « Homo ludens », « Essai sur la fonction social du jeu » (Gallimard, 1951) :

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Les Hautes Écoles Sociales et la spiritualité

Apprendre à parler de Dieu ou apprendre à ne pas parler de Dieu, c’est la question.

La désinstitutionnalisation générale et la sécularisation ont aussi touché les institutions sociales. Là où autrefois une conception familiale, c’est-à-dire communautaire englobant le religieux, prédominait, nous avons aujourd’hui de plus en plus des institutions fondées sur une base « humaniste », voire « laïque »[1]. Les individus sont devenus les principaux porteurs de spiritualité. La spiritualité d’un groupe de vie en institution, « l’esprit » ou « l’âme » du groupe, sa dimension communautaire aussi, ne sont plus définis institutionnellement et donnés d’en haut, mais se construisent sur et par les groupes de vie en fonction des sensibilités et des croyances des personnes. La spiritualité en institution est donc de plus en plus une affaire de personnes, et par là, devient un aspect qui devrait avoir sa place dans l’enseignement des éducateurs et des travailleurs sociaux. Tout en appartenant au privé, pour l’éducateur ou l’accompagnant, dans son travail, la spiritualité fait partie du public[2], là où, pour le résident, elle est du privé[3] ; en tant que professionnel, mieux vaut l’assumer et se confronter à elle consciemment.

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