Spiritualité en milieu hospitalier : critique

-         La « détresse spirituelle », est-ce une « pathologie spirituelle » ou une réaction « normale » face à une « pathologie physique, psychique ou sociale » ? C’est-à-dire, n’est-ce pas une sorte de « fièvre spirituelle », un symptôme « sain » d’une pathologie physique ou psychique[1] qui s’exprimerait au niveau spirituel ? Quel est le lien avec le psychosomatique et à quel moment la détresse serait à qualifier comme pathologique ?

Ces questions ont une certaine importance dans l’univers du handicap, du fait que celui-ci est toujours et encore, à juste titre ou non, rapproché à celui de la maladie et de la « folie » ; elles pourraient nous mettre sur des pistes pour sonder les « bonnes raisons », les logiques qui guident des personnes en situation de handicap, notamment mental, dans des attitudes et des actions qui pour les « normaux » et « bien-portants » manquent de logique. Et il se pourrait même que des réactions dites normales soient anormales, voire pathologiques, dans une situation de handicap donnée et que ce qui est considéré comme anormal soit plus normal et plus sain que le normal ; en conséquence, une réaction ou une attitude soi-disant « normale », mais inappropriée, de la part de l’entourage, professionnel ou non, pourrait s’avérer abusive et à la limite maltraitante.

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Spiritualité en milieu hospitalier : les enjeux

Au premier abord le secteur de la santé se trouve dans une situation bien différente de celle du handicap et de l’hébergement.

En principe, quand il y a maladie, il y a crise, aiguë ou chronique. Le patient et son entourage, tout ce qui compose leur système de vivre et de vivre ensemble, – y inclus le spirituel, devant les questions existentielles, questions de vie et de mort qui surgissent -, est déstabilisé et en déséquilibre.

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Détresse spirituelle

« Etat dans lequel un individu (…) éprouve ou risque d’éprouver une perturbation à l’égard du système de valeurs ou de croyances qui lui apportent la force, l’espoir et qui donne sens à sa vie. » (Rochat, Etienne et al. ; Rapport du Groupe de Travail ; p. 10)

cf. aussi sur ce site « Spiritualité en milieu hospitalier : les enjeux »

Les soins palliatifs – Définition de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

« Les soins palliatifs sont les soins actifs complets des patients dont la maladie ne répond pas un traitement curatif. Le contrôle de la douleur, d’autres symptômes et de problèmes psychologiques, sociaux et spirituel est de première importance. Le but des soins palliatifs est l’accomplissement de la meilleure qualité de vie possible pour les patients et leur famille. De nombreux aspects des soins pallitaifs sont aussi applicables plus précocement dans le cours de la maladie …

Les soins palliatifs :

  • affirment la vie et considèrent la mort comme un processus naturel
  • ne hâtent ni ne repoussent la mort
  • apportent un soulagement de la douleur et d’autres symptômes pénibles
  • intègrent les aspects psychologiques et spirituels des soins au patient
  • offrent un système de soutien pour aider la famille à faire face pendant la maladie du patient et dans leur propre deuil. »

(World Health Organization, report 804 ; Geneva 1990, p. 11s ; Eduardo Bruera ; Organizing Palliative Care ; updated : 14.3.2001 ; cité par Amina Gadri ; Donner naissance à la mort ; Rive-Neuve – Ouverture, Lausanne 2002, p. 16s)