Spiritualité physique : le livre.
Spiritualité métaphysique : la lecture.
Significations du handicap mental : 11.2 « cif-ler » : la Classification Internationale du Fonctionnement, de la santé et du handicap
Le besoin de classifier, de distinguer entre le normal et l’anormal, émerge, à la fin du 19ème et le début du 20ème siècle, du côté médical, pour des raisons de santé publique, les différentes causes de mortalité, du côté pédagogique, pour connaître les enfants « scolarisables ».
Ce site, en quelques mots : une définition simple, mais abstraite (soumise à la discussion), de ce que sont « spiritualité », « handicap », « condition humaine », « art », « éthique » et « religion » :
Spiritualité est ce qui dépasse et englobe. Spiritualité est donc méta : méta immanent et méta transcendant. Ou : spiritualité est relation, perçoit et conçoit ce qui est « entre ».
Ainsi, spiritualité est communication ; communication d’esprit, donc d’être, essentiellement par l’art, l’éthique et la religion. Spiritualité transcende.
Quel rapport ai-je à mon corps (bio), à moi-même (psycho) et à l’autre (socio et environnemental) et quelles sont les relations ou les corrélations entre ces données ? (1er ordre)
Et comment est-ce que je conçois et je vis ces rapports et corrélations, quelle est la relation que j’entretiens avec les rapports à mon corps, à moi-même, à autrui, au monde et à ce qui est entre eux ? (2nd ordre)
Dans le handicap, en situation de handicap, il y a obstacle dans ces relations. Handicap est donc condition humaine.
L’art illustre ces relations, l’éthique (ou la morale) leur donne une finalité, les ordonne et les subordonne, comme la religion, qui, elle, les personnalise et nomme un ultime.
Armin Kressmann 2012
Suite à mes recherches sur la spiritualité dans les institutions sociales, puis le colloque sur la spiritualité à Kappel je propose quelques critères pour distinguer ce qu’on peut qualifier de spiritualité bonne et bienveillante, sans aucun jugement du contenu que celle-ci défend.
- rappelle la dignité humaine, l’être humain en tant que personne unique, et cela d’une manière inconditionnelle, au-delà de tous les problèmes « que la personne pose ou qui se posent avec cette personne »
- se centre avec empathie sur et se soucie de l’être humain dans toute sa vulnérabilité
- mais compte aussi sur les ressources intérieures de la personne et sur ses capacités propres, cherche sa guérison et le dépassement des ses souffrances
- libère donc l’individu et cherche son bien
- est sensible à la souffrance, à la mort, au deuil, au mal et aux injustices, aux scandales que ceux-ci représentent ; elle les dénonce
- ne lâche jamais l’espérance, cherche et défend fondamentalement une perspective de vie, se tourne donc vers une réalité ultime et le sens de la vie ; elle les nomme
- elle dépasse la culpabilité, même quand faute il y a ; elle assume sa faute là où elle-même se rend coupable
- s’inscrit dans une communauté avec une histoire de vie et des personnes de références
- cherche un positionnement, une attitude
- est ouverte aux autres spiritualités et respectueuse à leur égard ; elle cherche le dialogue, sans estomper les différences
- ne se réduit pas à l’inexplicable, le sentimental et l’irrationnel ; elle prend au sérieux l’entendement, la raison, la compréhension, la sagesse et cherche le dialogue avec la philosophie et la science ; elle accompagne les autres réalités sans se confondre avec elles
- connaît ses limites, ne se confond pas avec l’absolu et sait prendre avec humour du recul par rapport à elle-même ; elle ne se substitue pas aux autres sphères, le politique, le juridique, l’économique, le scientifique, etc., mais se permet à les interpeller quand cela lui semble nécessaire et éthiquement indispensable
Armin Kressmann 2011
« Welchen Sinn hat es, von Gott zu reden ? » (Rudolf Bultmann)
« Welchen Sinn hat es, von Gott zu reden, den nie jemand gesehen hat, und der sich mitteilt in einer Weise, die jedes Nicht-Sehen nicht aufhebt, sondern als Raum qualifiziert, in dem seine Mitteilung vernommen und empfangen werden kann ?
… negative Theologie hat das Ziel, zur Wahrnehmung der Verantwortung und Rechenschaft des Glaubens in einer der konkreten Offenbarung und Mitteilung Gottes angemessenen Weise von Gott zu sprechen, der in seiner Offenbarung verborgen bleibt, und sich dem Menschen im Glauben zu erfahren und zu erkennen gibt.
Negative Theologie in diesem Sinne ist also nicht etwa Schweigen, sondern Rede von Gott auf der Grundlage seiner Offenbarung und Mitteilung und unter dem Gesichtspunkt der Verborgenheit Gottes in seiner Offenbarung und Mitteilung. »
Je traduis :
« Quel sens de parler de Dieu ? » (Rudolf Bultmann)
« Quel sens a-t-il de parler de Dieu que personne n’a jamais vu et qui se communique d’une manière telle, que l’impossibilité de le voir n’est pas annulée, mais qualifiée comme espace, dans lequel sa communication peut être entendue et reçue ?
… la théologie négative a comme but de parler de Dieu en une manière qui est adéquate à sa révélation concrète et à sa propre communication, afin que soient respectées la responsabilité et la justification de la foi ; de parler de Dieu qui lui reste caché dans sa révélation, mais se fait percevoir et reconnaître par l’homme dans la foi.
En ce sens la théologie négative n’est pas silence, mais parler de Dieu sur la base de sa révélation et de sa communication sous l’angle de vue du fait que Dieu est caché dans sa révélation et dans sa communication. »
Ralf Stolina ; Niemand hat Gott je gesehen, Traktat über negative Theologie ; de Gruyter, Berlin 2000, p. 3ss