Qu’est-ce qui se passe lors d’une première confrontation entre une personne dite « handicapée » et une personne dite « bien portante » ? D’habitude, cette dernière va d’abord voir ou percevoir le handicap et juger la personne en face à partir de ce qu’elle voit. La relation se définira à partir du « handicap de la personne handicapée », de sa différence, ses troubles, ses déficits ou ses incapacités. On verra sa plus grande vulnérabilité et ses capacités plus petites, et non pas la personne dans son ensemble, dans une situation de vie donnée. C’est ainsi qu’on a longtemps défini le handicap, par un modèle principalement médical, et c’est ainsi que la plupart de nos contemporains vont toujours le faire :
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Vulnérabilité et capabilité : besoins et capacités
Plus grande est la vulnérabilité d’une personne, plus importants sont aussi ses besoins. Plus petite sa vulnérabilité, plus grandes sont aussi ses capacités. Même si cette règle ne peut pas être transposée d’une réalité de vie à l’autre (et encore, tout dépend de la définition et de la délimitation du système, entre la personne et son environnement, – tel que Luhmann le fait -, la personne dans son environnement ou la personne étant un avec son environnement, – avec Bateson et von Foerster et leur cybernétique du 2ème ordre, si je vois bien ; cf. aussi l’article sur C.F. von Weizsäcker), elle me semble quand même valable à l’intérieur d’un seul domaine, le physique, le psychique, l’intellectuel ou le spirituel.
C’est l’institution qui handicape – La définition du handicap
« Le modèle du ‘handicap’ se heurte à une série de contradictions … Les personnes handicapées sont le rappel de la finitude, mais il ne faut pas que cela parle trop fort ! … On ne fera pas l’économie de mesures particulières, pour que les personnes présentant des difficultés, toujours elles-mêmes spécifiques, puissent vivre pleinement parmi les autres. Mais toute la différence est entre des mesures particulières dans des détours, des mises à part, des institutions spécialisées et des mesures particulières dans le tissu ordinaire de la vie sociale. D’une formule un peu abrupte, on pourrait dire qu’il faut déspécialiser les espaces spécialisés et re-spécialiser les espaces communs. Autrement dit, transférer dans l’espace commun la connaissance acquise dans l’espace spécialisé ». (H.J. Stiker, Déficiences motrices et situations de handicap ; APF, Paris 2002)
1) Partons de ce qu’on appelle « handicap »
Aujourd’hui le « handicap » se définit comme résultante d’une interaction entre facteurs personnels et facteurs environnementaux. Une des plus synthétiques des définitions multiples du handicap qui existent a été formulée par le « Forum des associations représentatives de personnes handicapées » :
Le handicap apparaît dans l’interaction entre la déficience, la limitation fonctionnelle et une société qui produit des barrières empêchant l’intégration.
Au Québec, P. Fougeyrollas parle d’un « Processus de production du handicap (PPH) ». Pour l’OMS, dans sa « Classification internationale du fonctionnement du handicap et de la santé » (CIF), le handicap
« désigne les déficiences, limitations d’activité et restrictions de participation. Il désigne les aspects négatifs de l’interaction entre un individu (ayant un problème de santé) et les facteurs contextuels dans lesquels il évolue (environnementaux et personnels) ».
L’aumônerie en institution socio-éducative : spiritualité et religion
La spiritualité n’est pas à confondre avec religion. La spiritualité est plus vaste ; elle englobe tout ce qui touche au sens, à la transcendance, aux valeurs. Concrètement, elle prend forme en l’art, l’éthique et la religion, c’est-à-dire en ce qui est ou qui n’est pas beau, bien ou juste. Tout collaborateur d’une institution socio-éducative a donc d’une manière ou d’une autre part à la spiritualité de la maison et en est responsable dans l’accompagnement des résidents ou pensionnaires, au même titre qu’il l’est par rapport à leur santé physique, affective et sociale.
En ce qui touche au religieux proprement dit, l’aumônerie en est une ressource et assume une part importante de l’accompagnement des résidents.
Questions d’ordre spirituel et éthique large :
L’éthique ou la morale : Que devons-nous faire ?
L’art (du métier) : Comment faire ce que nous devons faire ?
La méta-physique et la religion : Pourquoi et pour quoi faire ce que nous devons faire ?
Handicap mental définition : DSM « Retard mental »
A. Fonctionnement intellectuel général significativement inférieur à la moyenne : niveau de QI d’environ 70 ou au-dessous, mesuré par un test de QI passé de façon individuelle.
B. Déficits concomitants ou altérations du fonctionnement adaptatif actuel (c’est-à-dire de la capacité du sujet à se conformer aux normes escomptées à son âg dans son milieu culturel) concernant au moins deux des secteurs suivants : communication, autonomie, vie domestique, aptitudes sociales et interpersonnelles, mise à profit des ressources de l’environnement, responsabilité individuelle, utilisation des acquis scolaires, travail, loisirs, santé et sécurité.
C. Début avant l’âge de 18 ans.
MINI DSM-IV-TR : critères diagnostiques, Masson, Paris 2004, p.52
Le DSM « Diagnostic and Statistical Manual » est un outil pragmatique de classification des troubles mentaux basé sur des symptômes et sans interprétation. Il est publié par Association américaine de psychiatrie.