Miracle vérité ou miracle liberté ?

La réflexion sur les miracles que je mène ces temps-ci en dialogue avec le petit livre « Wunder und Glaube » de Walter Schmithals nous met devant une question chaude, actuellement, comme dans le passé déjà, celle de la primauté : de la vérité sur la liberté ou de la liberté sur la vérité ?

Après une courte période marquée par le dialogue entre cultures, religions et confessions, où le goût de la liberté et la liberté elle-même me semble-t-il avaient pris l’avantage sur la vérité, le temps, notre temps, passe de nouveau à l’affrontement et penche vers la vérité, vérité contre vérité, vérité et contre-vérité.

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Médecine, santé et spiritualité : quels besoins spirituels chez les patients ?

« Médecine, santé et spiritualité » – quatrième soirée dans ce cycle de conférences au CHUV, l’hôpital cantonal vaudois à Lausanne : ils étaient cinq conférenciers et chacun/e aurait mérité une soirée pour lui/elle.

Il y avait une unanimité qui m’a surpris : la médecine doit désormais tenir compte de la spiritualité des patients. Comment, c’est encore ouvert. De quoi exactement, règne une certaine confusion. Qu’est-ce que c’est, la spiritualité, plusieurs visions coexistent.

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Spiritualité et spiritualités : « spiritualités croyantes »

Les « spiritualités croyantes »[1] reconnaissent un « au-delà », s’inscrivent dans une tradition et une culture[2], reçoivent quelque chose qui est donné et qui vient d’ailleurs. Elles pensent la spiritualité à partir d’une histoire, voire d’une « révélation »[3]. Si celles-ci sont rattachées à un absolu qu’on appelle ou qu’on peut appeler Dieu, ces spiritualités sont religieuses, et la pensée qui les pense s’appelle théologie. Autrui est un autre. La transcendance se manifeste dans l’immanence ; c’est elle, la transcendance, qui transcende la condition humaine.

Le principe d’accompagnement qui les guide est la bienfaisance, son fondement le paternalisme[4]. En matière morale et spirituelle, on fait comme les « pères » ont fait.

Armin Kressmann, Rapport « La spiritualité et les institutions », CEDIS 2008


[1] Avec des auteurs comme Hans Urs von Balthasar, Paul Tillich, Alasdair McIntyre ou Stanley Hauerwas, qui nous intéressent dans notre contexte.

[2] La laïcité a évidemment aussi une histoire et fait partie d’une culture ; mais pour la pensée autonome, en principe, on peut en faire abstraction et faire comme si on partait à zéro. Dans ce sens, ce type de spiritualité qui mise sur l’autonomie quasi absolue du sujet pensant est quasiment anhistorique.

[3] En écho à la note précédente, je dirais que toute spiritualité a une dimension de foi, mais sans tout de suite parler de foi en Dieu. Quelque part spiritualité n’est jamais « raisonnable ».

[4] Sans jugement de valeur ! Ne pensons qu’au paternalisme médical remontant au Sermon d’Hippocrate.

« Spiritualité et spiritualités  12 : « spiritualités laïques »

Spiritualité et spiritualités 14 : « principlisme » – bioéthique »

Spiritualité et spiritualités : spiritualité, religion et philosophie

Foi, pratique et pensée, – spiritualité, religion et sagesse -, autrefois, jusqu’au milieu du dernier siècle, pour la grande majorité de la population, appartenaient à la même sphère, celle de la vie où le privé et le public, la famille, la communauté locale, l’Eglise et l’Etat, suivaient un même régime, fondé sur les mêmes principes et régi par les mêmes règles. Il n’y avait qu’une sphère globale, par rapport à laquelle les autres sphères ne se définissaient que comme sous-sphères. Depuis, ce système cohérent a éclaté, et l’individu se trouve aujourd’hui dans une multitude de sphères ou de sous-systèmes juxtaposés, en fonction de ses besoins, de ses activités et de son parcours personnel, et cela sur les deux axes, l’espace, comme espace social, et le temps, l’histoire de vie. Ce constat est devenu banal.

Là, où pour notre sujet il y a un intérêt particulier, c’est dans le renversement des rapports de force qui accompagne ce processus.

Autrefois, la religion se trouvait tout en haut du système, dominait les autres dimensions et englobait l’ensemble. Le terme « spiritualité » n’avait de pertinence qu’à l’intérieur du religieux, et cela d’une manière spécifique et quelque peu secondaire.

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Détresse spirituelle

« Etat dans lequel un individu (…) éprouve ou risque d’éprouver une perturbation à l’égard du système de valeurs ou de croyances qui lui apportent la force, l’espoir et qui donne sens à sa vie. » (Rochat, Etienne et al. ; Rapport du Groupe de Travail ; p. 10)

cf. aussi sur ce site « Spiritualité en milieu hospitalier : les enjeux »